Bibliothèque Nouvelles d'Elvenar et d'ailleurs

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Thorondhor

Élève assidu
Bonjour!
Aujourd'hui, j'aimerai partager avec vous quelques nouvelles et courts récits que j'ai composés.
Comme certains ont pu remarquer, j'ai abandonné l'idée de 'publier' au fur et à mesure le projet de roman fantastique que j'avais, car c'était un truc trop vaste, trop ambitieux (et surement pas très réalisable pour le moment) et encore inachevé...:confused:
Alors, je vais plutôt essayer de faire court ce coup-ci.

  1. Vous êtes les très bienvenus pour m'aider à m'améliorer, à rendre mes récits plus cohérents et mon style moins "chargé": n'hésitez pas à dire franchement ce que vous pensez, je suis pas très susceptible, en tout cas je ne pense pas l'être!:rolleyes: Vous pouvez même me dire que c'est pas du français que j'écris, mais du chinois, si ça vous fait plaisir (et d'ailleurs, vous auriez en partie raison, vous ne savez pas pourquoi:rolleyes:)
  2. Peut-être me direz vous que l'emploi du passé simple, du passé antérieur, pour des faits passés, du conditionnel à la place du futur dans certains cas, c'est peu judicieux: c'est une des critiques que -je préviens- je ne prendrai pas en compte: ce sont des temps dont l'emploi est prévu comme ça parla grammaire de notre langue française, ça fait peut-être moins 'naturel' pour quiconque n'a pas l'habitude, mais les grands écrivains l'ont employé sans problème, et j'ai l'intention de faire comme eux :p(non, pas de devenir un grand écrivain, hein! d'employer le temps du passé et autres bizarreries de ce style!;))
  3. Car attention, même si je reste attentif aux critiques des forumeurs, j'ai pas l'intention de changer non plus de style pour me plier à toute remarque! Non que je ne tienne aucun compte des bons conseils, mais j'écris comme je suis, et outre que ce sera difficile de changer, je tiens à garder certaines 'particularités' dans mon style parce que je me reconnais dedans (enfin, bref, c'est compliqué à expliquer, mais je suis sûr que ceux qui écrivent, dessinent, peignent, sculptent, graphent, etc. comprendront)
  4. Mais je ne vous fais pas lire ça pour être applaudi, plutôt pour avoir des avis, positifs et négatifs. Donc, encore une fois, n'ayez pas peur de me demander, par exemple, de réécrire tout un passage parce qu'il y a une monstrueuse erreur de grammaire, ou que ça ne veut tout simplement rien dire par rapport à ce qui précède, que tel passage est super long, ne sert à rien, que tel personnage est particulièrement incohérent, agaçant, ou autre, que telle description... etc...:D
Bref, voilà! J'espère ne pas avoir été trop long!
Quoi qu'il en soit, un immense : Merci à tous ceux qui passent par ici

27/03/18 : refonte du premier post en sommaire :
1 >>> [inachevé]Chroniques de Minas Thoronath (Prologue) (janv. 2017)
2 >>> Les poèmes (2016 à 2018)
3 >>> Vacances en Elvenar : Partir...
4 >>> [Récit]Mémoires d'Outre-Monde (réécriture en cours)

Je commencerai par une petite chronique, qui raconte la vie des soldats dans la caserne de ma ville de Winyandor, Minas Thoronath (Tour des Aigles, en parler humain du SdA)

-Mon nom est Arthur d’Hantrel ! A partir d’aujourd’hui, je suis votre capitaine d’escouade.

L’homme posa lentement son regard sur chacun de mes camarades. Nous étions tous des citoyens de la cité, habitant la ville même ou les environs de Minas Thoronath. Et nous venions tous de nous faire engager à la caserne de la ville, pour servir dans la prestigieuse armée du Seigneur des Aigles. A peine inscrits sur les registres, nous avions été divisés en groupes de cent, et présentés à nos supérieurs. Notre nouvelle vie commençait.

-Soldats ! Vous avez choisis de vous engager dans le corps des arbalétriers d’élite ! Vous n’ignorez pas quels sont les règles à suivre. En cas de doute, prenez le temps de consulter à nouveau le manuel de la caserne, dont voici un exemplaire.

Il sortit un codex de moyenne épaisseur, qui avait sans doute été beaucoup manipulé pour arriver à cet état d’usure…

-Mais je voudrais vous demander à présent : quelles sont selon vous les règles les plus importantes à suivre pour un soldat comme vous vous apprêtez à le devenir ?

Un regard inquisiteur se posa à nouveau sur nous. Depuis le matin, nous n’avions pas cessé d’être passés en revue : par les sentinelles, le recruteur, les sous-officiers qui passent… Mais cette fois, c’était différent. Nous avions à présent conscience que l’examen véritable débutait.

Un bras se leva, puis quelques autres. D’un coup de menton, le capitaine désigna un jeune homme d’apparence frêle, mais à l’allure volontaire :

-Oui ?

-Donner toujours le meilleur de nous-même, de toutes nos forces, pour la gloire de notre cité, et de notre escouade ?, répondis-je hardiment, avec toute la fougue de mes seize printemps.

-En effet, c’est le meilleur de vous-même que vos instructeurs et plus tard vos camarades de combat demanderont de vous. Mais vous n’allez pas faire le don de votre personne seulement pour ces raisons-là : il y a d’abord la défense de nos concitoyens, des intérêts de la cité, de la paix et de la justice. Et la gloire ne s’ajoute qu’en dernier, comme surcroît, comme conséquence. En aucun cas, la gloire ne doit être notre but. Je ne dis bien sûr pas cela pour reprocher quoi que ce soit à votre réponse, mais pour souligner que votre engagement doit être plus profond, plus fort que cela. Car la guerre en elle-même n’est pas toujours glorieuse. Mais vous aurez assez de temps dans votre vie pour l’expérimenter vous-même, si pendant cette instruction vous ne renoncez pas à poursuivre dans cette voie.

Le capitaine parlait avec calme et assurance. L’impression de puissance et d’autorité qui se dégageait de cet homme était assez impressionnante. Malgré des dehors rudes au premier abord, il semblait un être d’une grande finesse d’esprit, et plein de cette douceur que possèdent seuls ceux qui sont véritablement des forts. Je commençais déjà à aimer notre capitaine.

Les réponses, aussitôt suivies d’un commentaire de notre chef, se suivirent. Au bout d’un temps, nous avions dégagé les valeurs que j’allais m’efforcer de vivre durant les prochaines années de ma vie : l’engagement, la loyauté, le courage, la discipline, l’obéissance…

Bientôt, nous abordions des sujets plus concrets : lieu de logement durant les neuf mois de formation, emplacement du réfectoire de notre corps de troupe, du terrain d’entraînement, etc.

Lorsque nous passâmes la porte de la cour pour gagner le réfectoire, nous n’étions plus les mêmes hommes. Notre vie venait de prendre un nouveau départ.

Voilà pour le début! Très court, mais c'est un début...
bonne journée, et bonne lecture!:rolleyes:
 
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DeletedUser7465

Bonsoir, c'est très bien de ce que j'ai lu, j'aime bien, par contre, seul "bémol" je ne trouve pas de déïtique spatial et temporel, il serait plus juste de nous en dire un peu plus si c'est une prologue :)

Continue :)
 

Thorondhor

Élève assidu
Je reprendrai les aventures de ma p'tite recrue sortie de la caserne lorsque mon texte pour le concours sera terminé.
En attendant, j'aimerai partager avec vous quelques poèmes un peu boiteux, aux rimes parfois faciles ou au rythme trop artificiel, je ne sais, mais qui sont ceux qui partaient vraiment du fond du coeur.

Le premier, en partant de deux vers de Rimbaud, est un petit essai sur l'inspiration
Plus léger…


Plus léger qu’un bouchon,

J’ai dansé sur les flots

Et dans un tourbillon

Joué avec les mots


Déferlement de vers

Viens peupler mes déserts !

Et vous regrets amers,

Fuyez comme l’éclair.


Dans l’ombre je frissonne,

Ivresse d’un instant

Où tout ce qui m’environne

S’enfuit avec le vent !


Qui me donna ces ailes,

Quelle muse fidèle

Qui vient et m’ensorcelle,

Trop folâtre étincelle ?


Mystère que je sens,

Vacillante clarté…

Est-ce donc en rimant

Qu’on va sans s’arrêter


Loin de quelles prisons,

Vers quels horizons

Où la seule raison

Ne passe sans chansons ?


O puissance enivrante,

Qu’on nomme inspiration !

Tu m’entraîne et m’enchante,

Etrange sensation !


Vais-je courir le monde

Dans cette joie profonde

Vers l’aurore blonde

Comme un bateau sur l’onde ?


Heureux qui comme Ulysse

A fait ce beau voyage…

Vogue sur l’eau qui glisse,

Vole loin de l’orage,


Eternel voyageur,

Esprit plein de candeur !

Eclipse-toi, demeure

Loin de ton œil qui pleure !


Je rêve sans sommeil

Des astres magnifiques,

Regard plein de soleil,

Ame mélancolique !


Poésie, clef des cages

Où l’on meurt seul, otage,

Malheureux, sans courage

Qu’on soit fou, qu’on soit sage !


C’est assez pour suspendre

Les tourments et les pleurs

Et assez pour surprendre

Les ombres de la peur


De forger d’un murmure

Qui fasse trembler les murs

Je ne sais quel astre pur

Un de ces vers qui durent…


Quand l’aile fantastique

M’abandonne à mon sort

J'emporte ces reliques :

Des vers comme trésors !

L'autre a été réalisé dans le cadre de concours forum sur elvenar, et a été très légèrement retouché ensuite: les mots imposés sont en gris et ne sont pas en italique... (d'où certaines bizarrerries)
Poème de la Saint-Valentin

Je suis parfois un peu fou

Mes vers sans rythme s'égarent

Se perdent au hasard

Dans un tourbillon flou...

Songe nocturne au charme inconnu,

Comment viens-tu, inattendue ?

C'est l'heure trouble d'un soir aux teintes mystérieuses,

Sur le bout de leurs orteils, les hippopotames,

Se glissent comme des limaces silencieuses...

Je te vois, plus fière et libre qu’un étalon de flamme

Aux poils luisants ! à tes côtés je suis le nain

Qui lève les yeux, muet, ravi, sous son chou-fleur !

Tes yeux bleus comme glace enflamment le cœur

Que tu retiens de ta fine et pâle main !

Je t'aime plus qu'un Aragorn son Arwen,

Ta voix m'envoûte comme une sirène

Et tout prends près de toi un nouvel éclat !

Qui es-tu ? Que ton nom soit plus doux

Sur mes lèvres ardentes que le goût

D'une banane au chocolat !

Tes mots sont l'écho d'une âme heureuse

Tes paroles coulent comme le miel

Ton rire résonne, clochette joyeuse

Ton regard reflète le ciel!

Je t'en prie réponds-moi

Mon cœur est tout à toi...

Je ne suis pas poète

Piètre musicien

Ecrivain analphabète

Peintre de rien

Mais tu peux changer tout !

L'amour je sais rends fou :

Laisse-moi suivre tes pas,

Mon bras te servira

Pour la vie jusqu'au trépas !

Oui, rien ne nous résistera,

Pour toi je ferais tous les exploits !

Tu ne me vois point, ne réponds rien,

Et brusquement disparais de mon chemin...

Laisse-moi te revoir une dernière fois,

Toi que j'aime si fort,

Rêve fugace d’une nuit d’or.

Mots imposés en gris

Merci à ceux et celles qui liront ces lignes.
Je n'en poste pas plus pour le moment.
________________
Mise à jour 27/1/2018 : poèmes de gage réussis
Lelia-Caramel a dit:
Poème sur l'hiver avec les contraintes suivantes :
-10 vers minimum
-Rimes obligatoires sous le modèle suivant :
ABCD ABCD ABCD
-Les mots suivants : Froid, Glaçon, frigo, Dora, Beauty, République démocratique du Congo
-14 syllabes par vers.
L’hiver tombe sur le monde, glaçon blanc dans la bière,
Froid et lourd sur un fond amer au sortir du frigo.
Le ciel a les teintes des yeux d’acier dur et gelés
D’une Beauty qui songe au sanglant accueil d’un nouveau.

Voilà qu’il vente et qu’il neige et qu’il gèle à fendre pierre.
Si en République démocratique du Congo
Il me prenait l’envie de partir et de m’installer
Je trouverais sans nul doute un climat bien plus chaud.

Le vent et les flocons n’effacent pas les pluies d’hier,
Mais la douceur de la neige arrête du moins leur flot.
Le soleil d’hiver s’est levé et commence à briller
Sur les vestiges des étés qu’il dora sous les eaux...

un sonnet élisabéthain et d’inspiration baudlérienne dont le sujet et la recherche de l'alter égo amoureux
J’ai longtemps erré seul sur les chemins mal pavés,
Foulé la terre aride et les sentiers gelés.
Je ne demeurais pas sous les toits délavés,
Je m’échappais toujours comme l’oiseau ailé.


Quel improbable Graal me tenait éveillé,
Aux soirs d’étape, couché sous la ramée ?
Un rêve intense et fou hantait mes tristes veillées,
L’obsédante quête de l’être unique aimé.


Enfin je l’ai conquise à l’issue de ma quête,
Fantasme de femme que je guettais toujours,
Devenue bien réelle – et pourtant je m’inquiète.


Je me trouvais indigne de son amour :
Bien trop pâle reflet dans une eau noire et trouble,
Disloquée, mon âme est si loin d’être son double.
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Thorondhor

Élève assidu
Ce qui aurait dû être ma participation au concours écrit.
@reine ama et @Beauty , je crois que vous l'attendiez?
Bien que je pensais prendre initialement le thème Apocalypse, j'ai opté pour le thème des vacances à la plage. J'ai voulu faire quelque chose de différent de ce que j'écris d'habitude, et je crois que c'est tellement différent que j'ignore si cela plaira ou non: raison de plus pour le partager! vos avis m'aideront à y voir clair

Je précise que ce texte a été rédigé avant que je ne devienne moi-même rédacteur au journal d'Elvenar

Récit amusé des vacances d'un elfe sur Elvenar

Chronique estivale de Diagramàr
Rédacteur au Journal populaire des ouvriers de Firixellia


Partir.
C’est le romantisme de l’époque... Tous les littérateurs et les auteurs dramatiques l’ont chanté. Ils y voient un moyen sûr de lutter contre le dégoût qu’inspire la monotonie de l’existence aux âmes nobles, de vaincre la monotonie des jours. Mais ce besoin d’envol n’est pas toujours un mal du siècle, une mélancolie morbide, frappant les âmes d’élite. Il arrive qu’il se révèle aussi chez les petites gens, spécialement en période estivale: éreinté par son travail journalier, lassé d’être assis face à un paysage quasiment identique jour après jour, n’importe quel être normalement constitué finit par aspirer à un peu de repos et de dépaysement. Dans ses dernières heures de travail, comment ne pas songer avec délectation aux vacances qui sont si proches ?

Je peux bien en parler, car j’étais exactement dans cet état d’esprit voici tout juste dix jours.Oui, tout l’après-midi de Donnàndor dernier, j’attendais avec impatience la soirée pour commencer mes préparatifs de départ.

Oh! Je suis très heureux à mon poste de responsable des chocolats chauds déshydratés, dans la manufacture d’élixir n° 3. Il est vrai que je n’ai pas connu autre chose, et il m’est difficile d’imaginer dans une vie différente. Cela fait maintenant dix ans que je suis ouvrier dans cette manufacture. Mais travailler dur sans relâche est impossible : fort heureusement, la course au développement et à la prospérité qu’a engagé notre Elvàndor n’empêche pas de prendre quelques jours de repos de temps à autre.

Comment n’y aurais-je pas rêvé ? Je savais que je serais en vacances seulement trois jours plus tard, ces vacances tant attendues ! Depuis trois ans, j’économise pour partir enfin à la plage. Car les temps sont durs, les tarifs de transport des navires volants élevés. Mais tant pis ! j’économiserai davantage en rentrant. D’abord, ma mère ne m’avait-t-elle pas assuré que la tante Milanariel, qui habite Aquaponil m’hébergerait volontiers ? Tout bien réfléchi, une place en troisième classe pour Elvenhaven, si les cousins venaient me chercher, ce n’était pas une trop grosse dépense : une fois là-bas, rien à payer ! Et puis, quel spectacle inoubliable, la mer ! Je ne savais pas ce que c’était, alors, dame ! j’imaginais, et avec quelle prodigalité ! Enfin, comme l’affirme une sagesse populaire et péremptoire, « on n’a de bon temps que celui que l’on se donne » !

Le matin même, j’avais envoyé mon oncle repérer la région de ce village en bord de mer où je devais passer mes congés : je voulais pouvoir le situer sur une carte et prévoir les trajets à faire là-bas.
L’oncle Zéphyrin Kràacken travaille dans l’éclairage... Comprenez bien : il n’est pas responsable d’une manufacture de bougies, ni d’un élevage de lucioles, et il ne travaille pas non plus chez EDF (Elfes & Dragons Flamboyants)... Jamais un Elfe Sylvain ne travaillerait là dedans ! Non, Zéphyrin Kràacken est « pisteur-explorateur intégral », c’est-à-dire “éclaireur officiel de la ville, de père en fils, et de fil en aiguille”, et c’est ce que nous autres, elfes de Firixellia, appelons ‘éclairage’ ! Sa fonction lui assure l’exclusivité des explorations menées par la ville. Emploi honorifique et lucratif (il est bien mieux payé que moi dans ma manufacture de chocolat chaud!), son travail lui permet d’effectuer en même temps des missions de reconnaissance pour la famille. Inutile de préciser pourquoi je l’avais sollicité avec trois jours d’avance. Si vous connaissez les éclaireurs et leur rapidité légendaire aussi bien que moi, vous savez parfaitement ce que vous auriez fait à ma place… Peut-être même auriez vous été plus prudent que moi, en lui donnant six jours d’avance. En effet, mon cher oncle ne rentra qu’au matin de mon second jour de congé.

Entre temps, j’avais bouclé mes valises, préparé parasol et transat’ (tous deux de la marque Silkon, soie 100 % naturelle et sans pollen ni polystyrène, fabrication elvenarienne ! N’hésitez pas à en acheter autant que vous le souhaitez à mon cousin Alf. Si vous n’en étiez pas content, vous n’aurez qu’à écrire à la maison qui se fera un plaisir -et un devoir – de ne pas vous répondre).

J’ai donc remercié chaleureusement mon oncle, et l’après-midi même, je suis monté dans le navire volant à destination d’Elvenhaven. Il était bondé d’honnêtes citoyens qui, avec leurs fils et leurs compagnes, s’en allaient battre la campagne
(1).
(1)Ces deux vers ne sont pas extraits, comme on pourrait le penser, de « L’hymne à la forêt ». L’auteur en revendique fièrement la paternité.


La première heure fut un enchantement! L’atmosphère du navire était aussi ambiante que cordiale. Le temps invitait à la bonne humeur et à la détente. Mais voilà soudain que ce bandit de soleil a semblé se cacher derrière les nuages. Oui, oui, il a disparu complètement, et la pluie s’est mise à tomber ! Maudite pluie qui donne au paysage un aspect désolé ! Nous ne pouvions même plus sortir sur le ponton. Et les damnés gosses de ce gros Halfelin ! Le petit être joufflu et pansu n’était pas seulement concerné par les hurlements de sa progéniture ! et la mère ne les surveillait même pas ! Et mes souliers neufs qui me torturaient ! Et surtout, cet animal de contrôleur qui s’était avisé que je n’avais pas droit au rapide 404 et me demande un supplément de 85 pièces d’or ! Mais j’étais enfin arrivé.

Et j’ai eu une déception profonde. Je me suis dit : « C’est ça, le patelin de rêve ? Quel trou ! Et dire que Elvenhaven est encore plus isolé ! » Je précise ici que les indigènes ont de sales têtes, avec leur sourire effronté qui est sans doute une moquerie.
Ensuite, un petit être courtaud, le regard torve, s’est approché de moi Il est gobelin, et a été adopté par ma tante, d’où son physique disgracieux.. En plus, il ne parle pas l’elfique, seulement la langue des signes.

-Ce brave cousin Antoine !
-…
-Pas si fort, voyons, je ne suis pas aveugle !
-...
-Comment ? Toute la famille a voulu venir ici pour les vacances ? Mes vingts oncles et tantes ? Avec toute leur famille aussi ? Je dois loger à l’auberge ? Mais ça n’est pas du jeu, ça ! On prévient, dans ce cas !
-…
-La lettre est partie, elle a dû s’égarer ? Oui, c’est sûr, l’Adragonpostale se f**** du contribuable…
-…
-On fera une excursion magnifique sur le sentier côtier demain ? Bien ! Cela me consolera des désagréments du voyage…

Le lendemain, je n’ai certes pas été déçu.

Qu’elle était belle, cette excursion ! Si j’avais su que le sentier côtier passait par des falaises ! Les rochers, et cette eau, on les voyait de chez soi, sans fatigue ! Inutile de venir les chercher là ! Tout aurait été bien, encore, si Hernolf, qui s’était pas gavé de confitures en passant à l’auberge, n’avait pas dégurgité le surplus sur mon chapeau lors de la deuxième halte ! et si Trinitriel n’avait pas laissé la moitié de sa robe dans les ronces, et si cet air frais et vif qu’on nomme marin ne m’avait pas douloureusement averti que j’ai la gorge délicate.

Et l’arrivée à la mer, quelle désillusion ! c’était cela, l’Océan Ménarien ? Cette grande tache griseâtre qui s’étale sur l’horizon ? Ce grand lac où l’eau est affreusement salée, qui pique la gorge et les yeux si l’on a le malheur de tomber dedans alors que l’on éternuait? Et la plage ! Du vilain sable dont un souffleur de verre ne voudrait même pas !
Peut-être aurais-je fini par goûter la poésie du lieu, si en installant mon parasol -malheur !-je n'avais pas réalisé que j’avais oublié de prendre de l’huile, pour me protéger du soleil. A ce propos, pour éviter les coups de soleil, on se trouve certes bien de s’enduire de végétaline rectifiée, mais on se trouve encore mieux de rester chez soi !

Depuis cette excursion, j’ai passé quatre jours excécrales, à tousser et à user mes mouchoirs (de la marque Silkon, soie 100 % naturelle et sans pollen ni polystyrène, fabrication elvenarienne !).
Je ne suis pas sorti de l’auberge. Le cousin Stiffir y loge aussi, et il a lui aussi pris froid. Je me suis toujours très bien entendu avec lui. De trois ans mon aîné, il a un caractère semblable au mien, quoique plus acariâtre.

Hier soir, comme sa fiancée nous proposait de sortir nous promener dans le Parc de Venar, il a répondu sèchement :
-Passe-moi le parc ! Deux mètres carrés de vilaine herbe ! Et puis, je n’ai aucune envie d’être dévoré par les moustiques !
Elle a demandé s’il avait alors l’envie d’aller à la Lanterne Magique voir ce que l’on projetait. Il a été cinglant :
-Merci bien ! Toujours des âneries, on a beau avoir l’âme candide, on finit par se lasser !
-Tu ne voudrais pas entendre un concert ?
-Heu… L’orphéon des Gobelins sociaux d’Orcastère-sur-l’eau, très peu pour moi. Tu y tiens vraiment?
-Le théâtre, alors ?
-Mais enfin, tu oublies qu’on est à Aquaponil ! Parler de théâtre à Aquaponil, c’est discuter couleurs dans un tunnel !
Elle a fini par renoncer à le faire sortir.

Si vous souhaitez connaître l’étendue de ma malchance, jugez en par ma correspondance estivale.

Voici la lettre de mon collègue de rédaction, le nain :

Mon très cher ami à longues oreilles,
Depuis quelques jours, nous sommes partis à la montagne, chez le cousin Aiglonur. Il fait très beau là haut, je suis heureux de revoir tous mes amis. Je pense bien à toi, petit veinard qui doit être bien heureux d’avoir une seconde semaine de vacances alors que je dois reprendre mon travail à la mine dans deux jours! N'oublie pas d'écrire ta chronique pour le journal, tu sais que c'est important pour le moral des collègues!
Ton ami Mendalfur.


Et moi j’ai répondu :

Mon très cher demi-portion,
Je t’écris depuis Aquaponil, le petit village où je passe mes vacances au bord de l’Océan Ménarien, et avec toute ma famille. Oui, j’ai bien dit “toute”, hélas! Plus d’une soixantaine de parents, d’enfants, petits-cousins, cousins, de...: c’est tout bonnement invivable! De plus, j’ai logé à l’auberge alors que ce n’était pas prévu et j’ai failli avoir une syncope en voyant combien on me demandait pour mon séjour. J’ai attrapé froid lors de notre première sortie, et depuis, ils ne cessent de m’envoyer les nourrissons à garder, et je suis toute la journée environné de pleurs, de cris stridents... Je trouve enfin un moment de calme pour te remercier de ta lettre. Continue à m’écrire je t’en prie. Cela me fait bien plaisir. Ma chronique est en cours de rédaction.


Oui, dès que l’on rencontre des problèmes, tout semble aller à merveille pour tout le monde, sauf pour nous ! Dire que j’ai encore dix jours à passer ici !

Enfin, quelles vacances ! Je vais rentrer sans un sou, malade, plein de rancoeur contre tout et tous… Je m’en souviendrai, de ce « beau voyage » Quoique, en cela comme en toute chose, l’expérience n’instruit guère : pour me consoler d’avoir manqué mes vacances de cette année, je me dis déjà : « Viennnent celles de l’année prochaine, et cela ne se passera pas comme cela ! »

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Ce document a été trouvé en 670 après Submill par Yraltus le Sage, et a été traduit par lui. L’éditeur n’est pas responsable des erreurs qui pourraient s’être glissées dans l’original.

Pièce d’archive historique, ce carnet, où un elfe d’une vingtaine d’années narre le déroulement de son séjour près d’Elvenhaven, probablement pour l’instruction des générations futures sur sa vie passée, a été sorti spécialement pour ce concours. En raison de sa valeur inestimable, merci de ne pas mouiller son index pour tourner les pages. Mettez d’abord des gants prévus à cet effet.

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Deleted member 8628

Je ne t'avais pas beaucoup lu jusqu'à présent puisque je suis assez nouvelle par ici, mais je prendrai grand plaisir à te suivre désormais:)
merci de partager tout ça avec nous:):)
 

Thorondhor

Élève assidu
J'interromps encore Minas Thoronath pour me consacrer au remaniement complet du texte que j'avais présenté au premier concours écrit du forum.
En le relisant, je me suis dit: zut! c'est pas possible! j'écrivais comme ça il y a deux ans? il y aurait des grosses corrections à apporter! qu'est ce que certains passages sont mal écrits!
et bien sûr, j'ai pas pu résister à l'appel de ma plume: j'ai donné des grands coups de ciseaux dans mon texte original, et en avant!
Les corrections sont plus ou moins importantes, j'ai supprimé mais aussi ajouté des choses, et la fin sera légèrement différente.
J'ai presque terminé la correction d'une première partie, elle sera postée ce soir ici même.
 

Thorondhor

Élève assidu
Et comme il faut toujours tenir parole, voici le début de Le sang et les larmes rebaptisé:

Mémoires d'Outre-Monde
Je fais en plus une compilation avec l'intro de La Vallée des Centaures, elle aussi rédigée il y a deux ans pour mon ancien recueil, et réadaptée pour coller avec la nouvelles version du Sang et des Larmes.
Bon, j'aime autant prévenir, ça n'a rien à voir avec le ton de "Partir.." Mais vous le verrez bien, allez, je suis trop bavard.


En cours de relecture

En cours de relecture

Pour les curieux, tout à fait en annexe du récit:
Gundarel se divise entre Wenders et Aràgs. Les Aràgs sont des simples humains, les Wenders sont eux aussi des humains, mais un type de "Hauts-Hommes" et ont du sang de créatures réputées supérieures, du sang "elfique": ce ne sont donc pas des elfes, ils sont tous mortels.
Les Wenders forment une aristocratie, on raconte qu'ils sont arrivés des plaines, qu'ils ont délivré pendant plusieurs siècles les Aràgs des raids Orzacs. Il y a certains Aràgs qui ont pu s'ajouter dans la classe dirigeante, même si ce n'est qu'une minorité. Informations à suivre...
 
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Thorondhor

Élève assidu
La suite de la nouvelle sera postée ce soir.
Avant de la poster, je passe une petite annonce: je cherche une ou plusieurs personnes qui seraient partantes pour faire relecteur et me signaler les fautes ou problèmes divers qu'il y aurait dedans par MP: je tiens à disposition le Google doc ou un pdf pour faciliter la relecture.
 

Thorondhor

Élève assidu
Merci, c'est super gentil à vous!
Ma volonté étant de vraiment progresser avant tout, plus il y aura de critiques au mieux ce sera!
Après, je vous promet pas un changement radical du jour au lendemain, mais je ferai de mon mieux. J'ai fait la bêtise de repousser l'aide de @7ehm il y a deux ans parce que ça me faisait trop de trucs à changer... Erreur de jeunesse, on va dire! c'est fou ce qu'on est susceptible à 15 ans... Cette fois, je compte vraiment suivre le maximum de conseils, c'est la meilleure façon d'apprendre.
 
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.
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