never land : la légende du Chemin de Terre & autres histoires de Rêves

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DeletedUser10161

Bonjour tout le monde,

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Voici une histoire sur la ville elfique des Jardins de Brocéliande de never land sur Felyndral.


E L V E N A R

La légende du Chemin de Terre

& autres histoires de Rêves


S O M M A I R E


Prologue

Chapitre I : la Légende de l’Ensorceleuse aux Dents.

Chapitre II : la Noisette aux Fruits Rouges dans du Chocolat Noir, trop bon !

Chapitre III : de nouveau le Prologue de La légende du Chemin de Terre & autres histoires de Rêves

Chapitre IV : Comment je me retrouve à partir pour le Chemin de Terre.

Chapitre V : la Brume Cauchemar.

Chapitre VI : Éternels Héros.

Entracte : Résumé de la Légende du Chemin de Terre.
Première Description des protagonistes.

Chapitre VII : le Tertre des Morts
.

Chapitre VIII : L’Appel du Kobold à la Lanterne Rouge.

Chapitre IX : Des Regrets sous la Lune.

Des Protagonistes et des Objets Magiques.

Chapitre X : La Petite Sotte de Fray'II d'Orman.

Chapitre XI : Moi, morte, dans l’attente de rien.

Chapitre XII : Tri Nox Samoni.

Chapitre XIII : L’Arbre-Vie d’Athbehochan (ou Athbehochan).

Épilogue : Remerciements.




Prologue.

Si vous vous promenez en Brocéliande, ville elfique, vous verrez qu’y circuler est quasiment accessible partout.

A l’Hôtel de ville, dans les quartiers résidentiels et magiques, des routes agréables et fleuries vous transportent sans vous fatiguer sur de longues distances.

Bien sûr, aimer la Vie aide à profiter de cette magie.

Dans la Zone Militaire – oui, il nous faut nous protéger -, la route au métal argenté est fabriquée par les Nains, Fils d’Ivaldir.

Ceux là même qui il y a bien longtemps, ont forgé les armes des Dieux et Déesses.

Cette route de métal est capable de supporter le poids des machines de guerre et des créatures puissantes tels les Dragons, les Valloriens et les Tréants

Le Cœur de Brocéliande est une forêt mystique gardé par un enchanteur dont la nature divine nourrie les mythes de ce lieu o combien étrange.

La Sépulture de Menhirok, le roi Écureuil et les Arbres-Gardiens sont les plus connus mais il existe aussi une Sorcière des Dents (ou aux Dents).

Voulez vous que je vous raconte ce que je sais de cette légende ?

Soit, asseyez-vous et laissez votre imagination venir.


Chapitre I : la Légende de l’Ensorceleuse aux Dents.


L’Ensorceleuse aux Dents peut vous offrir des friandises au détour d’un chemin.

Ces bonbons sont si aromatisées, aux couleurs si fruitées et aux saveurs si délicieuses que, croyez-moi, votre âme d’enfant s’éveille de nouveau pour vous redonner une seconde enfance.

Gare à celui ou celle refusant le présent.

Il est vrai selon la légende que la perte d’une dent peut suivre dans la semaine où les sucreries ont été mangées.

Il ne faut pas avoir peur, elle repoussera si vous en faites une offrande.

Enterrez la dent au pied de la Licorne ou de l’arbre des Sucres d'Orge. Chance et fortune vous souriront alors.

Et votre part d'enfant restera à vos cotés; Il est vrai.

Encore faut-il les trouver dans cette forêt où les fées malicieuses peuvent vous perdre si elles n’ont pas été flattées.

N’hésitez pas à chantonner pour elles et des amies vous vous en ferez.



Chapitre II : la Noisette aux Fruits Rouges dans du Chocolat Noir, trop bon !


Mais je m’égare. L’une des entrées du Cœur de Brocéliande est magique.

Un accord entre les habitants de la ville et les représentants des Arbres-Gardiens et du Square aux Écureuils, leurs fait bénéficier des produits de la forêt.

Noisettes, fruits mais aussi des herbes médicinales.

L’échange pour ces bienfaits est simple : les Noisetiers, des cuisiniers spécialisés, concoctent pour nos amis fées-Écureuils divers mets à bases de noisettes.

Croyez-moi, la Noisette aux Fruits Rouges dans du Chocolat Noir, trop bon !

Je m’égare de nouveau, gourmandise oblige.



Chapitre III : de nouveau le Prologue de La légende du Chemin de Terre & autres histoires de Rêves


Voyons où je voulais en venir. Ah oui, le Chemin de Terre. Brrr, j’en frissonne.

Bien que baignant dans la magie, le Cœur de Brocéliande est rarement dangereux. Féerique et espièglerie sont plutôt ce qui attend le visiteur.

Bien que des lieux de savoir et de calme y existent. Mais je m’égare de nouveau.

Se perdre dans la forêt, se faire piéger par la gourmandise pour ne plus quitter l’Arbre aux Bonbons, se faire emprisonner dans une végétation sous le regard des écureuils, sont possibles.

Mais pour tous ses exemples, il faut vraiment chercher la bagarre dans ce bois.


Il existe en dehors de Brocéliande et de sa forêt enchantée, au Sud du bois, un monde où la magie altère les lois de la physique connue.

Une dimension où le Rêve et la Réalité se transforment pour donner vie au Fantastique.

Des végétaux et des cultures de ce monde sont de puissants ingrédients et d’hallucinogènes, ma foi, forts sympathiques.

Je m’égare ?


Pour parvenir en Féerie, il faut soit se débrouiller seul, soit obtenir l’accord des Sorcières de Walpurgis.

Mais bien avant ces choix, il faut longer le Cimetière Hanté Cliquetis et le Moulin du Mal aux Citrouilles Abyssales.

(à suivre... qui sait)
 
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Chapitre IV : Comment je me retrouve à partir pour le Chemin de Terre.


J’avais dis que je ne voulais pas venir. Je me l’étais dis, je vous jure que je le pensais.


Moi, je servais juste de balayeuse auprès de mon maître Magicien Cristallien, l'un des Alchimistes propriétaire d'une manufacture de Cristal importante au sein du Quartier de la Magie.

Je mesurais un peu plus d’un mètre soixante-dix, je portais une tunique violette pastelle et une capeline verte sombre.

J’avais une queue de cheval qu’un fin ruban maintenait. Je chaussais des sandalettes légères et enchantées. Elle me permettait de glisser sur l’air à quelques centimètres du sol.

Une besace et une gourde pendaient à ma ceinture.


J’avais frappé à sa porte un soir de pleine lune. Oh je ne mendiais pas, ni étais orpheline.

Ma fuite était ma réponse à la décision de mes parents désireux de me marier contre mon gré à un inconnu.

Mon « futur mari » était victime lui aussi de ces arrangements irrespectueux de la liberté individuelle.

Si cela renforçait les intérêts de nos familles, je n’en avais que faire. A quoi bon vivre emprisonnée.

Et être enchaînée et faire semblant d’être heureuse n’étaient pas ce que j’avais choisi.


Mon maître, celui qui avait ouvert la porte, était bourru et ne montrait pas d’affection au premier abord. Mais je ne manquais de rien.

Un toit, trois repas, et je pouvais assister à ses cours par une fissure lorsque j’avais terminé le ménage et le rangement.

Et oui, je me devais de rester cachée, sinon, à quoi bon fuir. Brocéliande s’agrandissait mais tout le monde se connaissait.

Je ne sais pourquoi j’étais allée frapper à la porte de celui que l’on appelait l’Eccayel. Et ni pourquoi il ne m’avait pas dénoncé.

Je le savais ami de mes parents pour l’avoir vu à certains de nos repas. Ensuite, ils allaient discuter ensemble.

Mois je m’absentais alors à leurs insu et j’allais rejoindre mes camarades. Nous allions essayer d’observer des écureuils au Cœur de Brocéliande.

Mais les rares fois où je m’étais trouvée seule avec cet homme, il m’avait apprit quelque chose. Il me parlait avec respect et ne me méprisait pas.

C’était comme si l’on se connaissait depuis toujours sans que cela soit le cas.

Il avait apprivoisé une écureuil féerique du Square.

Et oui, Eccaillel m'adorait et c'était réciproque. Il m’offrit Risu, un bébé écureuil trop mignon.

Souvent sur mon épaule ou dans ma capuche, mon nouvel ami dont je prenais soin, m’accompagnait dans mes escapades.

Il n’hésitait pas à exprimer son opinion via des mimiques que je saisissais facilement.


Cela faisait un mois maintenant. Un mois que je vivais auprès de mon maître. J’avais appris que mes parents m’avaient renié pour ma trahison.

Mon maître m’avait mis au courant. Je pouvais me montrer même si je le faisais peu pour ne pas embêter mon protecteur.

Cette nouvelle me bouleversait. J’avais du mal à y croire.

Tout à mes pensées, j’arpentais la route du Bétail, là où l’on pouvait apercevoir des créatures que guidaient Elfes, Halfelings, Orcs et Fées.

Les Champs Verts et la Réunions des Troupeaux étaient l’un des rares lieux où les différentes races se côtoyaient sans animosité. J’aimais beaucoup les fréquenter.

Enfin, avant.


Je méditais, disons que je rêvassais, assise contre un arbre, mon menton au creux de mes genoux lorsque je fus hélée par un Orc.

J’eus peur sur le moment. Il était grand et massif et s’avançait vitement jusqu’à moi.

Le temps de maîtriser ma peur, il était déjà devant moi.

Il me proposa de l’accompagner lui et ses compagnons jusqu’au Chemin du Péril.

Et moi comme une idiote, j’avais bredouillé « oui ». Essayez de refuser quelque chose à un Orc.


Argan me porta sur son épaule pour aller plus vite sans solliciter mon avis. Il me parla brièvement de lui.

Il était mercenaire de never land et donc de Brocéliande. Il était employé le plus souvent par le Conseil des villes dépendant de never land.

Il faisait ce travail pour nourrir sa famille et pour en apprendre plus sur le monde de Brocéliande, de la région never land et du royaume de Felyndral. Un curieux quoi.

Il me déposa à un campement sous les arbres non loin du peuple Écureuil, gardien de la sépulture de Menhirok.

Argan me présenta à ses associés tous plus énigmatiques les uns que les autres.

Visiblement, ils m’attendaient mais ne m’expliquèrent pas ce qu’ils attendaient de moi.


Il y avait Finn Ganael, un elfe épéiste, un Danse-Lame. Les vêtements sombres aux multiples poches et une armure légère chitineuse aux motifs ésotériques l’habillaient.

Son visage était également dissimulé. Les mouvements félins, il se déplaçait sans bruit et rapidement sans faire entrechoquer ses deux longues lames runiques qu’il portait sur le dos.

Il hocha la tête simplement losqu’Argan me présenta. Aux yeux du Danse-lame, je ne servais à rien. Et j’étais bien d’accord.


Une Dame Verte archère nommée Lilas. Sa peau était vert-bois et sa chevelure ressemblait à de l’écorce changeant de forme sans cesse.

L’on aurait dit par moment que ses « cheveux » se transformaient en une sorte de broussailles.

J’avais l’impression que l’on pouvait y trouver aussi bien des baies savoureuses que des insectes.

Je n’avais pas peur mais elle m’impressionnait. Bien qu’elle paraisse ailleurs, Lilas esquissa un sourire espiègle.

La Dryade avait un arc long mais pas de carquois. Lilas était vêtue du Manteau des Cieux (nue), ce que je respectais.


Le dernier compagnon, était pour le moins surprenant. Il s’agissait d’un grimoire qui flottait dans les airs.

Noir, cuivré, abîmé, et des gravures dorés par moment sur la couverture. Ouvert, il avait lancé un sortilège pour que le camp soit indétectable.

Au moins par le commun des mortels et de la faune et la flore. Nous étions hors du Temps ?


« Cet artefact est animé par l’esprit de Fray’II d’Orman, un sorcier Elfe mort il y’a belle lurette. »dit Argan.


J’en avais entendu parler lors d’un cours sur l’histoire de Brocéliande. Ce Fray’II d’Orman n’était guère apprécié.

Il faut dire qu’il aurait ouvert le Puits aux Âmes Perdues, un chaudron mystique gravé de symboles ogham et de runes.

C’était dans le Moulin du Mal, un endroit en bordure du Cimetière Cliquetis. Ces deux noms me donnaient la chair de poule.

Le chaudron aurait été englouti pour donner naissance à un puits où des volutes d’un vert infernal en sortaient depuis. Et pas seulement ces vapeurs à faire peur.

Je ne savais si cette histoire était vraie et je n’avais pas envie de le découvrir.

Ces lieux étaient maudits et c’était là une certitude.


Le groupe avait l’intention d’y pénétrer pour aider le grimoire à retrouver son âme.

Où plutôt pour que l’âme de ce sorcier retrouve la paix. De toute manière, personne ne me donna de détails.

Et intimidée, je n’en demandais pas, écoutant juste leurs messes basses comme je le pouvais.


Gann me céda un stylet fin et très léger et me rassura, à sa façon. « Rempart entre deux mondes, le Moulin et le Cimetière sont entre Brocéliande et Féerie.

La magie de chaque plan empêche les morts de sortir et d’envahir le monde des vivants. La Vie n’a rien à craindre d’eux. »


- Oui, rétorquais-je. Mais si nous allons à leur rencontre, c’est nous qui allons craindre de finir mort-vivants. »
 
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Chapitre V : la Brume Cauchemar.


J’avais horreur des mort-vivants inintelligents comme les squelettes et les zombies.

J’y voyais là une manifestation du néant.

Le « rien ». Plus de conscience, de réflexion, d’évolution. Juste une soif de détruire sans pensées.

Cela m’effrayait.

Et à mes tristes pensées, j’écartais les bras, laissant la chevelure de Lilas s’enrouler autour de mon ventre et faisant de même avec Argan et Finn Gann.

Fray’II voletait au-dessus de nous. Le groupe avait jugé prudent de nous encorder.

Tu m’étonnes que ce fût prudent.


Nous traversions la belle route séparant le Cœur de Brocéliande et celui du Chemin de Terre.

Mon ami voulait à tout prit rester avec moi et se blottit bien fort sur mon épaule.

Je fis mes premiers pas sur la terre de ce chemin maudit.

Et voilà. Devant nous et sur le coté, c’’était une purée de pois. Un véritable brouillard blanc-gris qui nous aveuglait et étouffait les sons.

Sauf comme par hasard, les cliquetis des squelettes du cimetière et les tâches verdâtres que l’on distinguait parfois.

Je tenais fortement la lame et suivait de près la Dryade. C’était incroyable, à chacune des empreintes des ses pieds nus, de la végétation poussaient de quelques centimètres.

Peut-être que la terre n’était pas maudite.


Je regardais Lilas qui s’était retournée devant moi. Elle était très belle. D’une beauté sombre et glaciale. Sa main se posa doucement sur mon cœur.

Je sentis qu’elle me dévoilait les affres de l’enfer qui m’attendait dans cette balade. Mon âme glissait en dehors de mon corps. Et je ne pouvais lutter car il faisait si froid.

Tout paraissait si distant. J’étais si seule dans cette brume blanche. J’avais envie de dormir pour chasser cet air glacial qui me tuait.

« Aïe !!! » les griffures sur mon cou me firent crier.

En face de moi flottait une silhouette spectrale. C’était moi en plus vielle. Non, c’était moi emplie de corruption. L’âme affreuse et le corps envoûtant.

Je voulu porter un coup de ma lame mais je l’avais lâchée. La main puissante d’Argan m’attrapa et me tira en arrière pendant que son tranchoir fendait la forme fantomatique.

La silhouette hurla, presque coupée en deux. De la blessure suintait des fantômes et des vents glacés brûlant la chair et l’esprit.

De la chevelure de Lilas qui à mon cri avait tourné la tête, une longue forme rappelant une branche d’if transperça également mon agresseur.

La forme humanoïde se transforma en fantôme végétal, les sons et la tempête absorbés par la nature qui l’enveloppait. La vision de ce spectre entre l’immatériel et la solidité étaient étrange.

Je ramassais mon arme et poussée en avant par Argan, je manquais trébucher dans les bras de Lilas. Elle me murmura en me rattrapant d’une voix neutre :

« Soit vigilante enfant. Les Chuchoteurs savent distraire les âmes et se les approprier. »


J’acquiesçais et mes jambes ne portaient plus. Engourdie par ce froid non naturel, mon corps avait du mal à se déplacer.

Alors que l’Orc Argan veillait, Lilas cueillit dans sa chevelure l’une de ses baies aux propriétés miraculeuses. Et elle me porta.


Devant nous, le Danseur aux Lames avait fait office d’exorciste. Le grimoire le rendait plus rapide.

Je remarquais les runes sur les armes de Gan et d’Argan. Mais comment la dryade avait-elle pu transformer le Chuchoteur en « arbuste » ?

Je constatais également que nous avancions plus vite. La terre nous transportait.

L’on m’expliqua que Lilas communiquait avec le sol et c’était grâce à sa magie terrestre que la marche semblait quasi instantanée.


Devant la grille du cimetière, le quatuor me fixait, impatient de me secouer et de me crier dessus – c’était là mon avis.

J’allais mieux. La baie vitaminée m’avait ressourcée et ramenée à la réalité.

Mais j’avais encore cette vision de moi et je ne savais si ce Chuchoteur m’avais manipulé ou dévoilé ce que je serais.


Je réfléchissais et je dis « oups ». Je fouillais dans ma besace et j’en sortis un cristal bleuté et taillé. De fines gravures entouraient la partie ronde.

Je l’avais, heu volée. Ce n’était pas mon intention. J’avais juste oubliée de la remettre à sa place. Je voulais l’utiliser dans un endroit précis pour un but précis.

Mais je n’avais ni l’un ni l’autre. Et le temps s’était écoulait. Cela faisait trois bons mois que je l’avais. Je n’étais pas très fière de moi.

Je maniais le cristal enchanté et j’harmonisais mon esprit avec ses ondes magiques. Je voyais alors l’endroit. Le cimetière et son histoire.

Ses fondations et les conflits qui amenèrent la malédiction.

Je maniais l’espace-temps dans cet artefact pour y percevoir ce que je cherchais.

Je le savais car j’avais vu par la Boule de Cristal, mon maître et mes compagnons parler ensemble devant un spectacle de la Tour de Feu.

Je levais la tête ver le groupe, sûre de moi.


« Je sais où se trouve la tombe de Fray’II et comment éviter les Gueules. »


Les Gueules étaient des sortes de vers géants. Marcher dessus selon votre poids, c’était se faire avaler. Des légendes les disent portes vers l’enfer.

Des sortes de toboggan où l’on arrivait dans un endroit pas vraiment agréable. Ce n’était là que des racontars.


Bien sûr, entre les Gueules, les chauves-souris vampires (sûrement), la végétation agressive et les squelettes trop rapides à mon goût, ce n’était pas gagné pour réussir la mission. Mais quelle était-elle exactement ?.
 
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DeletedUser10161

Chapitre VI : Éternels Héros.


Suivant mes indications parfaites, oui, je suis modeste, le groupe avançait sans danger.

Sans danger !?!



Les pieds de la Dryade n’étaient plus que radicelles.

Mêlées à la terre, les racines se mouvaient sans la quitter et Lilas, la Dame Verte avançait lentement.

Ses bras écartés en signe de paix, sa tête légèrement en arrière, elle murmurait une litanie à nos ennemis liés à la terre : Squelettes et Gueules.


« Elle (la malédiction) vous condamne, vous ravageurs de la Vie.

Je vous pardonne, vous serviteurs si maudits

Que votre calvaire infernal prenne fin

Que Notre Terre et Enar vous bercent en leur sein

Que s’endorme alors la stagnation pour de nouveau entrer dans le Cycle

Que revienne la Régénération symbole de l’arrivée du Phénix,

Votre repos donne la Vie, soyez bénis. »


Et la terre recouvrait les Gueules, empêchant celles-ci de nous avaler.

Et les Squelettes « cliquetis » (ils faisaient du bruit en se déplaçant), s’effritaient et paraissaient même s’incliner en se désagrégeant.

La poussière était absorbée et purifiée par la terre.

Je n’en croyais pas mes yeux.


Argan et le Danse-Lame gâchèrent quelque peu mon admiration en m’interrompant brusquement dans mes rêveries.

Ce en quoi, ils n’avaient pas tort.

L’Orc bâti comme une lourde armoire en chêne aidait les squelettes à se désagréger rapidement à coup de son immense tranchoir.

Finn Gann vérifiait que nous étions dans le cercle d’effet de la sorcellerie de la Dryade.

Notre livre volant, Frey’II d’Orman, était grand ouvert et des éclairs en sortaient, frappant le sol, foudroyant un mort-vivant ou une bestiole décharnée.

Que je n’aimais pas ça.

Je me collais de façon à être bien visible de mes deux combattants tout en guidant Lilas.

Car si les menaces étaient momentanément neutralisées, d’autres rôdaient autour de nous dans le grand cimetière.



Malgré la brume moins poisseuse dans la nécropole, voir était difficile.

Le brouillard en était la cause mais aussi la nuit sans Lune bien plus noire qu’à l’accoutumée.

Et je n’étais pas du tout réconfortée.

J’avais aussi peur du noir. Pas de la nuit. Du noir.

Ce noir épais où j’imaginais que quelque chose allais en sortir pour m’emmener et m’engloutir.

J’ai peur ! J’avais peur d’être happée, de …

Tiens, ça alors !!!



Sur la butte, je reconnaissais deux héros que je croyais perdu car personne ne les avait vus revenir de leur expédition.

A l’école, les maîtresses et maîtres nous en avaient parlé.

Partis pour vaincre le Mal dans ce cimetière, ils avaient fait le sacrifice de leur vie pour que nuls mort-vivants ne viennent en Brocéliande.

Morts en héros. Chouette destin, non ? Donner sa vie pour en sauver des tas d’autres. Non ?

Ben non en fait.

Et là, je les apercevais sur la butte menant à la sortie de ce lieu macabre.

Pour des morts, ils se portaient plutôt bien. Harassés, déterminés mais bien vivants.


L’un des héros était armé de deux longues épées et repoussait des Squelettes sortant sans cesse de terre.

Le second héros usait simplement de son corps magique pour chasser des grimoires maléfiques volants.

A moins que c’était là des chauves-souris belliqueuses ? Je n’y voyais pas très bien.


Nous ne pouvions hélas les assister sans nous retrouver piéger avec eux pour l’éternité.

Je compatissais devant leurs efforts et les remerciais d’une prière pour leur courage et leur sacrifice.

Coincés dans le Temps, ils stoppaient sans fins les assauts des Morts. Sans espoir de revenir.

Alors que nous suivions et protégions Lilas, je ne pouvais m’empêcher de verser une larme face à cette tragédie.

Je me promettais de pleurer pour eux.

Loin derrière nous, les Squelettes tentaient en vain et désespérément, encore et encore, de franchir le barrage des héros fatigués pour se déverser dans notre monde.
 

DeletedUser10161

Résumé de la Légende du Chemin de Terre.

Bonjour (ou bonsoir).

Merci à vous de suivre cette histoire.

Je suis une Elfe de la ville de Brocéliande de never land dans le royaume de Felyndral.

J’ai été entraînée dans une histoire par un groupe d’aventuriers en quête d’une crypte.

C’est simple, je me reposais, pouf, Argan m’a attrapé.

Nous avons traversé le Chemin de Terre en partie et sommes entrés dans le Cimetière Hanté (ou des Cliquetis).

Nous cherchons la tombe de Fray’II (j’ai vu dans ma Boule de Cristal ce que cherchais Fray’II : une tombe, j’ai déduis que c’était la sienne).


Les aventuriers

Argan : Orc, mercenaire. Il est grand, costaud et il se bat avec un immense hachoir que j’appelle « tranchoir ».

Finn Gannael : Elfe. Danse-Lame, il est rapide et se bat avec deux épées longues. Son armure légère me fait penser à de la chitine. Il est le chef de ce groupe.

Fray’II d’Orman : Elfe. Il serait un sorcier mort dont l’âme est enfermée dans un grimoire qu’il peut animer. Il se déplace en volant et parle par ces pages où les mots s’inscrivent comme par … magie.

Lilas : Dryade. Nue, la peau verte, des cheveux changeants, passant à des fils d’écorces avec des feuilles à des petites fleurs ici et là. Elle utilise un arc long, des fois une mini arbalète en bois se forme sur son avant-bras. Ses flèches poussent du sol où tombent de ses cheveux.

Risu : un petit écureuil. Mon petit écureuil. Je veille sur lui et j’ai vraiment l’impression qu’il me comprend. Je l’adore.

Le prochain chapitre, le Tertre des Morts.​
 

DeletedUser10161

Chapitre VII : le Tertre des Morts.


Nous avancions toujours avec lenteur, la Dryade gardait tant bien que mal son emprise sur ce sol terreux désacralisé par la magie noire.

Argan avec son tranchoir, un hachoir aussi grand qu’une épée, coupait en deux et écrasait des espèces de canidés écorchés.

Comment ces chiens de l’enfer étaient capables de se déplacer aussi vite que nous qui certes n’allions pas vite. Je n’avais guère le temps à mes réflexions entre le pourquoi ces sales bêtes défiant les lois de la Vie et de la Mort et ce que je faisais là.

Je ne combattais pas vraiment. Pas du tout pour moi.

Je guidais, je prévenais mes compagnons avec des « derrière toi », « sur ta gauche ! », des avertissements.

Mais Finn Gannael, Lilas et Argan avaient l’expérience de ce genre d’adversaires et ils formaient une véritable équipe.

Fray’II d’Orman voletait jamais loin du trio. Des mots s’inscrivaient sur ses parchemins lorsqu’il désirait nous informer de quelque chose de sérieux. Mais ici, le grimoire mystique possédé par une âme de magicien lançait des sortilèges allant d’une sorte de foudre à celui d’une guérison rapide de blessures.

Las, en ce lieu maudit, son pouvoir sur la vie diminuait et devenait moins efficace. Alors que ces sorts de destruction étaient plus puissants qu’ils ne devraient l’être.


J’avais failli mourir en faisant un bond de cabris pour éviter d’être avalée par une Gueule. Je tombais et roulais sur l’herbe en prenant soin de Risu.

Et je me cognais contre une pierre tombale que des ronces fleuries enserraient. Les lettres sur la pierre bougèrent et formèrent nos noms.

Non mais ça ne va pas, ho !

Je toussais alors que je respirais par mégarde les effluves à faire tourner de l’œil des fleurs. Je me réveillais dans les bras d’Argan. Il me déposa sur le sol. Risu dormait, évanoui par le choc. Et moi, j’avais l’impression d’avoir des raideurs partout.


Enfin nous étions devant la tombe de Fray’II d’Orman. Cela devrait aller vite maintenant.

Oh non, c’était une crypte remplie d’obscurité. Mais pourquoi ?!?


Nous entrâmes dans le tertre humide et assez large à l’intérieur. Les monstres ne nous suivaient pas. Un grand tunnel presque naturel avec de la terre fraîche et retournée comme on le ferait pour une tombe.

Une légère odeur de moisi. Des insectes ici et là. Un peu de mousse bioluminescente apportait un éclairage tamisé. Et au bout d’une dizaine de pas, une brume diaphane où se distinguaient des formes immatérielles.

Des morts immobiles, errants pour d’autres. Attirés par les émanations de la vie, quelques uns de ses défunts glissaient vers nous. Nous nous regardions sans oser faire un pas ni émettre un son à voix haute.


Des phrases se dessinèrent sur le grimoire enchanté, nous expliquant la sorcellerie de cet endroit.

« Plus loin des tunnels mènent à des tombeaux, des cimetières.

J’ai pour moi une stèle dans un caveau, croyez-moi ce n’est pas un leurre,

Je suis immortel, car vous tomberiez en poussières.

Comme une offrande sacrificielle vous finiriez, si vous vous trompez de bière.

Lorsque je sortirais, je serais Fray’III d’Orman, de nouveau rempli de vigueur. »


Ce cimetière abrite un mausolée aux nombreuses sorties. Trouvez celle de sa tombe et s’est renaître. Et moi, je suis la guide. C’était assez simple. Aucun danger ici.

Quelle idée j’ai eu de vouloir emprunter cette Boule de Cristal. Je voulais juste apprendre l’alchimie.

Pour mon vol, je mériterais presque un séjour dans une de ces tavernes où l’on punit les gens.


Finngan (oui, j’écris son nom différemment) proposa son plan.

- Bien, Argan, Lilas et moi, nous allons vite nous rendre dans le Moulin du Mal. Là-bas, il n’y aura que squelette, chauves souris et citrouilles-fantômes.

De là-bas, nous parviendrons plus vite au Chemin de Terre. J’appellerais une Licorne d’Enar. Elle sortira de terre et nous emmènera.

Mais je veux voir une Licorne, moa, pensais-je en prenant un air tristounet.

Toi, il me regardait insensible mon expression de chaton larmoyant, tu pars avec Fray’II d’Orman, et tâches de t’en sortir. Je suis moins emballée là.

Nous nous retrouverons dans les Champs Verts, tu sais là où paissent les troupeaux, là où Argan t’a croisé.

Croisé, croisé… il m’a littéralement couru dessus et attrapé comme un vulgaire sac.


- Vous savez, dis-je, ce Chemin de Terre n’est pas maudit. Je l’ai vu dans la Boule de Cristal. C’était un flash mais j’ai eu le temps de comprendre.

C’est de la terre de cimetière, de la terre des morts. Mais elle n’est pas maléfique. Pour la traverser en toute quiétude, il faut amener du bois et de la nourriture pour les morts.

Pour qu’ils se réchauffent l’âme par ces offrandes. Ils sont si tristes à errer non loin de ces morts-vivants méchants et corrupteurs et …


- Merci. On s’en tient au plan. Bonne chance.


J’ hochais la tête. Nous étions tous fatigués et mois je parlais de légendes. En plus, j’avais froid. Risu s’éveillait et il cherchait à se chauffer dans ma chevelure humide.

Nous nous séparâmes sans un mot. Finn Gannael était distant.

Le Danse-Lame lança un regard autoritaire avec un soupçon de mal être à l’Orc et à la Dryade. Puis il fit demi-tour comme si j'étais invisible. Agissait-il contre sa volonté ?

Ses deux compagnons suivirent le mouvement comme s’ils comprenaient la situation.

Et bien sûr, moi, on ne me disait rien.

Argan me fit un signe de la main amical. Son visage était adoucit.

Lilas s’inclina poliment et discrètement. De sa chevelure broussailleuse, une mèche s’allongea jusqu’à moi et me déposa une noisette aux creux de mes mains.

De la sève s’écoulait de ses yeux. Différentes de celle de son sang. Alors que des fleurs apparaissaient sur son corps et écloraient, m'enivrant d’un parfum apaisant.

« Tout à un prix » murmura t-elle énigmatiquement.

Risu, mon petit écureuil sur mon épaule, était déterminée à rester avec moi. La vue de cette noisette le conforta dans son idée.

Tremblotant, il me tiraillait les cheveux sans me faire mal. Je tremblais un peu aussi. Fièvre ? Peur ? Nervosité ? Un mélange de tout cela.


Au dessus de moi et Risu, le grimoire « battait des couvertures », impatient de reprendre une forme elfique et de revivre.

Mais était ce juste ?
 
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Chapitre VIII : L’Appel du Kobold à la Lanterne Rouge.


Le trio se força un chemin jusqu'au Chemin de Terre.

Courant sur un tapis de lianes entremêlées formées par Lilas, les épées du Finn Gannael et le grand hachoir d’Argan repoussaient et réduisaient en poussières les Squelettes qui faisaient un bruit de cliquetis à chaque mouvement.

Finn bondit au-dessus du muret.

Argan le franchit en l'éclatant à grand de son hachoir.

Le tapis de verdure se souleva au-dessus du petit mur. Et la belle Lilas avec délicatesse posa ses pieds nus sur le sol frais de la terre mystique.


Sur le Chemin de Terre, la brume était là.

Le trio le ressenti ses dangers invisibles et perfides.

L’Elfe guerrier s’accroupit pour lancer son charme visant à invoquer une Licorne d’Enar.


Lilas : « La Licorne d'Enar ne sous emmènera pas. Nous ne sommes pas purs.

Comment oses-tu faire appel à elle ? Et depuis quand tu sais conjurer une Licorne... Ce n'est pas bien Finn. »


Finn : « Je sais Belle Plante. La Licorne ne nous transportera pas, elle écartera les âmes errantes et les Chuchoteurs que cache ce smog.

Il faut juste qu'elle prenne la direction de Brocéliande. En me plaçant ainsi, dos au monde des fées, ça ira. Il faudra courir par contre. »


Lilas grimaçante : « Mais... elle va attirer l'attention sur elle, elle risque d'être blessée. »


Finn sans se déconcentrer. « Oui, possible. Mais nous, nous survivrons. N'est ce pas l'intérêt de cette Conjuration. Maintenant, j'aimerais du silence. Soit attentive à ce qui nous entoure. »


Lilas prit son arc long, une extension de son corps. « Fais-le Finn Gannael de la Maison Kuzh-Loar* et je te rends à la terre. »


Devant la Dryade menaçante avec sont arc et les flèches qui sortaient du sol, Finn se dit que le sorcier avait vraiment tenu sa parole. Lilas était libre et selon lui, pensait trop.

Il effaça le charme presque finit, se rendant compte que ce différend avait plus de chance de les mener à leur perte.


Argan était alerte et la dispute ne l’amusait pas. Si encore c’était en ville ou en forêt, il les laisserait faire.

Mais cette ambiance oppressante et ce sentiment d’étouffement qui émanaient du Chemin de Terre n’était pas l’endroit pour s’entretuer.

L’Orc ne tenait pas à mourir par la faute de ses compagnons et de finir damné sur cette route poisseuse dont la magie empêchait celle du cimetière et du moulin de s’étendre.

Il savait que la Dryade n’hésiterait pas à flécher Finn. Le tuer, il en doutait. Entre eux, il y avait bien plus qu’une histoire de servitude. Pour ce qu’il en savait.

Il lança à tout hasard une suggestion.


Argan : Pourquoi ne pas appeler le Kobold à la Lanterne ?


Finn, sèchement : Il n’aime pas être invoqué et il n’est pas fiable.


Lilas avec un sourire exprimant à l’Elfe que la discussion était close : C’est une bonne idée, Ami.



Le Danse-Lame tendit la main vers Lilas. La Dryade baissa son arc long. L’une de ses tresses végétales s’avança jusqu’à la main.

Fleurissante, des fruits poussèrent et Finn les cueilla avec soin.


- Magnez-vous ! » Dit Argan en élevant la voix. Des formes fantomatiques devenaient visibles ici et là.


Le sortilège d’Appel du Kobold à la Lanterne était assez facile à utiliser. Il suffisait juste que la créature magique accepte de venir.

Le sort réussi, une porte mystique sous la forme d’un miroir apparaissait au coté du gnome. Le Kobold voyait également ce qui se trouvait de l’autre coté. Il choisissait où non de répondre en passant l’ouverture.

Le sol se mit trembler légèrement. Et s’ouvrit. Un petit Lutin de la taille d’un enfant d’une dizaine d’années en sortit. Un chapeau pointu, un nez droit et crochu, une cape sombre qui entourait son corps et dissimulait son visage. Seuls ses yeux dorés et des touffes de cheveux étaient apparents. Il tenait dans sa main un bâton dont l’extrémité se terminait par une lanterne.

A l’intérieur, une luciole apportait un éclairage rougeâtre.

Il prit aussitôt les fruits rouges dont il se gava avec une gourmandise non dissimulée. Il en offrit une à la petite fée-insecte de la lanterne.


Il releva la tête pour mieux contempler Lilas. « Mmmh, jolies formes, oui, oui. ».

Lilas s’agenouilla et doucement, écarta ce qui masquait une bouche aux dents aiguisées.

Elle déposa un baiser sur ses lèvres et le fixa dans les yeux en murmurant un « Aide-nous, Guide des Mineurs. Sauve-nous des Damnés. S’il te plaît. ».


Le Kobold recula surpris. Et soudainement, il dansotta avec sa lanterne qui se mouvait seule. Les ombres s’estompaient, gênées par la clarté rouge.

Le Kobold s’inclina et fit une révérence avec son chapeau dévoilant une chevelure blanche.


« Un baiser sur ton cœur et un peu de ta sève,

Et nous partons sur l’heure, dès que tu te relèves. »​


Le Kobold à l’abri des regards, dans les bras de la Dryade, reçut son paiement.

Libéré de l’étreinte de Lilas, il avait les yeux brillants et se pourlécha les lèvres en remontant le haut de sa cape.

Saisissant sa lanterne et sortant sa pioche de sa ceinture, probablement, il dit d’une voix criarde et chantonnante.


« Merci donc ma chère,

Alors nous allons ailleurs.

Que s‘ouvre la terre,

Et quittons cette noirceur. »​


Et une ouverture cavernicole s’ouvrit dans le sol.



* kuzh-loar : Coucher de Lune. En Breton.
 

titpitchounette

Trop bien :)
J'ai l'avantage de connaitre les chapitres a l'avances ,me tarde de te lire :) bisou
 

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Chapitre IX : Des Regrets sous la Lune.


Autour du campement à l’orée du Cœur de Brocéliande, le trio se remettait de leur aventure dans le Cimetière Hanté.

Un feu de camp les réchauffait et de la nourriture cuisait dans une casserole suspendue.

Après plusieurs minutes de silence, Argan le rompit.


« Ça va Lilas ? » L’Orc faisait référence au prix du Kobold.

Lui et Finn n’avaient rien vu de ses attouchements car la cape du gnome avait absorbé la luminosité, déjà moindre par le brouillard.

La Dryade acquiesça avec un sourire. Elle se rappelait de ce moment de tendresse.

Dans ses bras, tel un enfant, le Kobold lui avait fait un câlin en rêvassant.

Le Kobold à la Lanterne Rouge avait changé son prix peu après le baiser qu’elle lui offrit.


Argan hocha la tête, méditatif.Il leva les yeux au ciel apercevant à travers les branchages la Lune éclairée.


« Bien, bien, bien.


Je suis un criminel, je le reconnais. Mais là, avec la petite, je n’ai pas aimé ce que l’on a fait.


Je sais que tu ne nous dis que l’essentiel Finn…
»


Argan fixait le Danse-Lame, espérant en savoir plus. Lilas le soutint en faisant de même.


Finn Gannael surveillait la cuisson sur le feu. Il sortit de son sac une longue boîte rectangulaire et en sortit une pipe ouvragée.

Après avoir inspiré une bouffée, il regarda les deux visages interrogateurs et leur répondit.


« La môme a servi de guide à Fray. Et il l’a utilisé comme offrande pour sa magie noire.

Une âme libre contre une âme emprisonnée. Dans ce genre là, je ne suis pas expert.

Fray devrait revenir à la vie la semaine prochaine lors du Samain. Le sorcier avait tout prévu.

J’en suis fier ? Non.

Etions-nous capables de défier Fray ? J’en doute.

Notre prix nous convient ? Oui.


Vous regrettez votre paiement ?



Toi Argan, Brocéliande t’accorde l’asile à vie depuis que ton chef s’est mariée à l’une des princesses de never land. .



Lilas Aoife*, le sortilège de Servitude envers moi n’est plus. N’ai-je pas tenu ma parole ?



Quand à moi, je peux retrouver ma femme et mon fils qui était esclave en dehors de never land.

Je regrette pour la fille ? Oui. Sincèrement, oui.

Je regrette pour le résultat ? Non. … ma femme et mon fils…

Jugez-moi comme bon vous semble. Cette histoire est finit pour ma part.



Seul Fray’II le nécromancien pouvait nous donner tout cela.

Quand à la gamine, elle est morte avant de pénétrer dans le Tertre des Morts. L’entrée dans le monde des ombres.

Nous n’y sommes pour rien. »



- Pas d’accord. Elle n’était au courant de rien. Et j’aimais bien l’entendre parler. Et pis elle a donné un nom à mon arme runique. Tranchoir.

Je voulais en faire ma femme. L’Elfe pas Tranchoir. Ah ah ah.

Pour lui éviter des problèmes. Elle fuguait.

En plus, mon chef Burukbrak l’a fait et j’ai assisté au mariage. On a bien mangé. Bon, c’était moderne, on n’avait pas de prisonniers à combattre ni d’esclaves à b…

Et les Elfes nous ont même parlé sans être hautains.


Finn regarda l’Orc avec étonnement, réfléchissant à une réponse qui ne l’énerverait pas.


- J’ai entendu parler de ce mariage. J’ai cru à une histoire, une fable.
Ce Burukbrak s'est marié avec dame Gaelagil, une princesse Sylvaine. Assez timide de ce que je sais.
Je ne pense pas que cela va aider dans la diplomatie entre nos deux peuples.


Quand à ton idée d’épouser la petite… c’est noble de ta part, mais oublie là au lieu d'aboyer à la Lune.
Pense que tu es accepté à Brocéliande. »




- Je te comprends mais je suis déçue Finn Gannael de la Maison Kuzh-Loar. C’était la façon de Lilas de soutenir Argan.

De dire qu’elle aurait préféré subir le sort de Servitude que de voir une innocente mourir pour ramener un nécromant à la vie.


Argan reprit la parole et se leva agressivement sans s’en rendre compte. .


- Finn, tu as été sec avec elle. Nous n’avons même pas son nom. C’est parce que tu savais ce qui l’attendait ?

Pas de nom, pas d’existence, pas de remords, elle n’est rien ?!?

Loin d’être intimidé, l’Elfe reprit une bouffée et se leva à son tour. Sa main gauche disparaissant dans son dos pour s’emparer d’une poudre néfaste.



- Concernant la gamine, vous n'avez pas posé de questions, alors épargnez-moi vos regrets stériles.

Allez à l'encontre de Fray'II d'Orman n'aurait pas été une bonne idée. Vraiment pas. »


Lilas les repoussa gentiment mais fermement de ses bras qui s’allongeaient tels des branches et les força à se rasseoir.


- Cela suffit vous deux. Argan dit vrai, nous aurions du trouver une autre solution. Tu aurais du nous en parler.

Maintenant, s’entretuer ne servira à rien.

Reposons-nous plutôt et prions pour les âmes de la jeune Elfe et de son ami Risu.

Qu’Enar le Dieu de la Forêt et que les esprits du Cœur de Brocéliande veillent sur eux et leur apporte la quiétude. »


Haussant les épaules, Finn souleva le couvercle du plat, et commença à distribuer pour chacun une assiette de ragoût.

Argan, sa prière terminée par un « Pour une fois qu’on vous demande quelque chose, faites-le et je vous donne une part », goûta son assiette, sa colère oubliée.

Le Danse-Lame se tourna vers Lilas et lui posa une question qui le démangeait depuis un moment.


« Dis-moi Lilas Aoife qu'as-tu donné à la môme ? »"


Lilas soupira intérieurement. Pourquoi fallait-il que Finn parle si peu de leurs missions.

Il est vrai que leurs conversations à tous les trois étaient de courtes durées.

L’impatience et la colère se côtoyaient dès qu’Argan et Finn n’étaient pas d’accord. Si l’Orc était brute et l’Elfe acerbe, la Dryade s’assurait qu’ils ne s’entretuaient pas.

Et pourtant, ils se respectaient comme deux amis.

La Dryade s'en voulait de la fin de la jeune femme dans un lieu maudit. Pas une fois, la jeune Elfe ne les avait abandonnées. Sans savoir ce qui l’attendait.

Et c’est vrai qu’elle parlait beaucoup, apportant une bouffée d’air frais dans le groupe sans cesse angoissé par une vie compliquée.


La Dryade Lilas Aofe répondit simplement : « Ce que j’ai donné est pour Risu du Square aux Écureuils. »


Dans le Ciel étoilé, la Lune secrète les écoutait à travers la végétation du Cœur de Brocéliande. Leurs histoires la faisaient sourire.
Bien que Lune avait des visions de leurs aboutissements dans leur quête, elle savait que le destin de chacun se construisait à chaque instant, et que rien n'était figé dans l'Univers.


* Aoife : prénom d'origine gaélique. Aoife (prononcé « iffa »), de aoibh qui signifie beauté, utilisé en irlandais
 
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Des Protagonistes et des Objets Magiques



Les aventuriers



Argan : Orc, mercenaire. Il est grand, costaud et il se bat avec un immense hachoir runique, une sorte d’épée large que la jeune Elfe nommait « tranchoir ».

On en sait peur sur son passé. il avait commis, ou participé, à des crimes (il ne cesse de dire qu’il était innocent).

Puis il aurait rejoint la bande de Burukbrak et l’aurait suivi dans ses aventures. Avec d’autres, il serait resté avec le guerrier Orc et aurait assisté à son mariage avec une princesse Elfe.

Prenant le nom d‘Argan, il devint un aventurier, offrant ses services pour escorter, protéger ou pour faire office de messager, traversant alors des endroits dangereux.

Regardant au-delà des apparences, il fait fi des différences culturelles, il en pincerait pour la jeune Elfe qu’il est allé chercher de manière un peu brusque au début de cette histoire (Chapitre IV : Comment je me retrouve à partir pour le Chemin de Terre).

Son paiement, obtenu avant la mission, pour avoir assisté Fray’II d’Orman était l’amnistie de ses crimes passé et le droit d’asile en Brocéliande.



Finn Gannael : Elfe. Il est le chef de ce groupe et d’un naturel secret, il évite de donner les renseignements touchant les valeurs morales de ses partenaires afin d’éviter des refus et une perte de temps à argumenter.

Une et peut se montrer acerbe lorsqu’il juge des propos stérile.

Il prend les décisions et respecte ses compagnons. Les autres étant selon le contexte, des outils, des contacts ou simplement un élément de décor.

Bien que considéré comme un Danse-Lame, cet épéiste est une Lame-Acrobate insaisissable et spécialiste des combats mystiques.

Il est rapide et se bat avec deux épées longues et utilise diverses spores qu’il se procure auprès de l’Enchanteur vivant dans le Cœur de Brocéliande.

Son armure légère est faite dans de la chitine venant de Féerie.

Il était le maître de la Dryade Lilas tous deux liés par un sortilège de Servitude.

Son paiement, obtenu avant la mission, pour avoir assisté Fray’II d’Orman était la délivrance de sa femme et de son fils, esclaves dans un royaume de Felindral.



Ecayel : son orthographe n’est pas définit. C’est un surnom pour avoir une écaille de Dragon offerte par un Dragon en personne, un mentor.

Alchimiste, il dirige la plus haute manufacture de Cristal dans le quartier de la Magie de la ville Brocéliande.

Un peu en froid avec la famille aux valeurs hermétiques de sa nièce, la jeune Elfe.

Inquiet de son l’absence, il usa de sa magie pour la retrouver.

Ce fut assez facile, Argan n’ayant prit que peu de précautions, leur mission étant urgente et Eccaillel avait une Boule de Cristal efficace.



Fray’II d’Orman : Elfe. Il serait un sorcier mort dont l’âme est enfermée dans un grimoire qu’il peut animer.

Il se déplace en volant et parle par ces pages où les mots s’inscrivent comme par … magie.

Ce sorcier puissant s’était réfugié dans un petit village nommé Orman non loin de l’Arbre aux Freux. Il fut ainsi surnommé le Freux qui devint Fray d’Orman.

Il ferait parti d’un Cercle (groupe) de pratiquants de magie noire non hostile (de leur point de vue).

L’un de leur but est de protéger les Elfes (essentiellement) contre des forces néfastes telles que les spectres, les morts-vivants, etc.

Cela les rend quelque peu arrogant et méprisant envers le commun de celles et ceux n’appartenant pas à leur Cercle de mages.

Fray’II d’Orman fut assassiné – ce qui est supposé.

Fray utilisa ses ressources et recruta des individus motivés avec peu de scrupules pour l’aider dans son projet de retour à la vie.



Lilas Aoife: Dryade. Nue, la peau verte, des cheveux changeants, passant à des fils d’écorces avec des feuilles à des petites fleurs ici et là.

Elle utilise un arc long, des fois une mini arbalète en bois se forme sur son avant-bras. Ses flèches poussent du sol où tombent de ses cheveux.

Lilas a un lien avec la nature et peut ainsi communiquer avec toutes les formes de vies. Sa magie sur la nature et sur les cycles de la vie a des pouvoirs sur la fertilité et la mort.

Aoife est un prénom d'origine gaélique d’Irlande. Aoife (prononcé « iffa »), de aoibh qui signifie beauté, utilisé en irlandais.

Lilas était l’esclave de la Lame Acrobate Gannael, tous deux liés par un sortilège de Servitude. Son rôle d’esclave étant de lui obéir mais aussi de veiller sur lui.

Bien qu’elle menaça de le tuer s’il invoquait une Licorne d’Enar, il est probable qu’elle ne l’aurait que blessé.

Et attirer l’attention d’Enar après avoir donné en offrande une jeune Elfe n’était pas, selon elle, une bonne idée.

Son paiement, obtenu avant la mission, pour avoir assisté Fray’II d’Orman était que le sort de Servitude soit brisé.



Risu : un petit écureuil né dans le Square aux Écureuil. Sa mère le confia à Ecayel puis à la jeune Elfe.

Observateur, malin, il possède quelques dons magiques à l’instar de son peuple.

Risu aime beaucoup la jeune Elfequ’il considère comme sa petite sœur.



Objets magiques : mais à quoi ils servent exactement ?



Armes runiques. Apposées sur les armes, elles confèrent diverses capacités surnaturelles.

Cela va de causer des blessures difficile à soigner ou beaucoup trop comme si la chair s’ouvrait d’elle-même pour recevoir le métal tranchant.

Cela peut aussi augmenter la rapidité ou encore anticiper la réaction de son adversaire.

Les effets sont très nombreux.



Boule de Cristal. Appelée aussi Orbe de Vision.

Produite par les manufactures de Cristal, elles sont toutes différentes et leurs pouvoirs sont quasiment les mêmes bien que différents selon leurs puissances.

Manipuler des pouvoirs sur la clairvoyance nécessite une grande concentration et un travail spirituel sur soi.

Afin d’éviter d’attirer l’attention des agents de Dame Destinée et aussi pour obtenir des visions.

Pour certaines, comme c’est le cas pour la jeune Elfe, il faut être à proximité d’un lieu ou d’une personne pour avoir accès à des informations sur son histoire, sa vie (passé, présent, futur).

Pour d’autres, la portée est très variable. Certaine Boule de Cristal permettent de communiquer avec d’autres.



Grimoire Enchanté. Ces livres de sorts sont souvent animés par un fragment de l’essence du magicien.

Par ce biais, le mage peut agir ainsi que son livre en lui donnant des ordres simples – généralement, lancer un sortilège.

Le livre ainsi enchanté se déplace la plupart du temps au coté du sorcier flottant dans les airs.

Concernant Fray, c’est son esprit qui habite le grimoire et sa magie qui le fait « fonctionner ».

Il utiliser le grimoire rempli de magie pour se protéger et avoir accès à une palette de sorts.
 

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Chapitre X : La Petite Sotte de Fray’II d’Orman.


Le lieu : dans le Tertre des Mort, une crypte du Cimetière Hanté. A l’intérieur, une immense caverne aux nombreux chemins.

Des galeries sur plusieurs étages. Des âmes errantes dans un smog.


Terne. Glacial. Triste. Humide. Sans fin. Sans faim.​


C’était les mots qui me venaient à l’esprit dans cet endroit appartenant au monde des ombres.


A genoux, je serrais avec tendresse Risu.

J’étais si désolée pour lui d’avoir été une idiote. D’avoir pris les évènements avec si peu de sérieux.

Je m’étais sentie étrangère et accueillie.

Je n’avais pas remarqué que dans le groupe la solitude était bien plus présente que lorsque j’étais seule dans la manufacture de Cristal d’Ecayel.

Je suis si désolée mon Risu.

Je pleurais sans larmes.


Risu enfouissait sa tête dans mon cou.

Apeuré mais sans rancune.

Plus intelligent qu’un animal ordinaire, Risu était né dans le Square aux Écureuils.

Et il m’avait été confié jeune par Ecayel et je l’aimais très fort comme un ami. Un complice. Et c’était réciproque.

Mon Risu.

Sniff



« Les morts ne pleurent pas, les morts se lamentent, Petite Sotte.

Ta mort n’est pas inutile, contrairement à de nombreux gisants en ce lieu. »


La voix venait d’une forme elfique brumeuse qui sortait du grimoire tel un génie d’une lampe.

Grand, fin, beau et inquiétant. La chevelure immaculée et blafarde. Il était nu et sa peau était grisâtre.

Il tenait le grimoire dans sa main.

Il s’accroupit près de moi et me parla d’une voix empreinte de douceur. Envoûtante.

Je l’écoutais et mon désir de le fuir s’évapora aussitôt.


« Je ne suis pas ton ennemi. Où cette pensée ne perdurera pas dans ton esprit si fragile.

Je suis un sorcier talentueux. J’aide la Vie.

Je mets fins à des conflits sanglants. Je mets fins à des famines. Je combats des morts-vivants, les bannissant de never land.

Je suis utile à la Vie, tu saisies cette importance ?

Alors que toi… Toi, ton rôle est celui d’offrande pour que je continue à protéger ce monde.

Je ne suis pas un tyran, Petite Sotte. Tu ne dois pas m’en vouloir.

Par ton sacrifice, tu contribues à rendre le monde meilleur. Et je t’en sais gré.

Dessine-moi parterre un plan pour que je puisse redevenir vivant.

Montre-moi le chemin à suivre qui me redonnera vie. »


Et j’obéissais. Ses pouvoirs sur les morts dans ce lieu et malgré son état de mort, étaient bien là et puissants.

Et les spectres ne nous embêtaient pas. J’obéissais comme un automate.

Fray’II d’Orman mémorisa ce que je faisais et me regarda sans haine ni amour, sans sentiments particuliers.

A ses yeux, je devais être de l’histoire ancienne. Je ne parvenais même pas à le haïr.

J’attendais. Simplement.

Il me prit la Boule de Cristal et m’adressa ses salutations, des murmures résonnants dans la caverne.


« Petite Sotte te va bien comme nom. Adieu et rassure-toi, d’ici peu, tu oublieras ton passé.

D’une certaine manière, tu cesseras d’exister. »


Et Fray’II d’Orman, sorcier nécromancien Elfe-mort, partit pour devenir Fray’III d’Orman, sorcier Elfe nécromant bien vivant.
 

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Chapitre XI : Moi, morte, dans l’attente de rien.


Ma peau, mes vêtements et Risu prenions peu à peu une teinte grise et bleue-violacée.

L’absence de couleurs se reflétait sur chaque partie de notre corps et sur les rares possessions que nous avions tous les deux (Risu avait sa noisette).


Béate, sans vie, sans souffle, je restais assise, les jambes écartées.

Risu suivait du regard mes mains grisâtres jouer avec la noisette de Lilas.

Étrangement, le fruit n’avait pas moisi. Il était froid et on sentait l’emprise du néant dessus. Mais l‘aveline résistait.

Il ne me donnait pas faim. Je n’en ressentais plus le besoin. Je n’avais envie de rien faire. Juste d’attendre.

Sans rêves.

Ce n’était pas de l’oisiveté. C’était un manque de vie. Un manque d’intérêt. Un manque d’émotions. Un manque totale de désir et d’envie.

Seule la noisette parvenait à attirer mon attention à moi et Risu. Et aux ombres qui se rapprochaient avec lenteur.


Risu s’empara de la noisette et la mit dans ma bouche. Avec lenteur, je voulais le repousser avec gentillesse.

Lui faire comprendre que je ne désirais plus m’amuser.

Machinalement, je croquais la noisette. Il me la retira et j’avais juste le temps d’avaler une miette du fruit.

Risu me détailla, jeta un œil vite fait autour de nous et en croqua un petit bout.

Puis le petit écureuil l’enterra devant moi. Il me regarda ensuite et il me fit un sourire.

C’est ce que j’interprétais.

Les fantômes avaient disparu dès que la noisette, ce qu’il en restait, avait été enfouie dans la terre.


Je me couchais là où devait être la noisette, Risu contre moi.

Les yeux grands ouverts, ils ne clignaient plus, je ne dormais point.

Impossible.

J’attendais, sans pensées réelles, fatiguée sans la ressentir. Une sensation d’être présente sans être là.

Une attente éternelle de rien sans aucun désir.


J’étais morte, j’étais dans l’attente de rien.

J'étais morte et j’étais loin d’être si bien.
 

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Chapitre XII : Tri Nox Samoni



Nuit 1. A la Mémoire des Héros.


J’écoutais la légende de Menhirok.

Ce gardien magique, protecteur des tombes de ses défunts maîtres.

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Réveillé lorsque des individus sans morales profanèrent le lieu de paix.

Comment avec l’aide d’aventuriers, il parvint à retrouver les trésors volés par des pilleurs de tombes. Et comment, il punit ces derniers irrespectueux.


Je suis une Valkyrie ? Pourquoi l’on en parlait avec mon nom ?

Déesses de la mort, du carnage et des champs de batailles, les Valkyries chevauchaient des loups géants.

Héroïnes divines, Nornes pour certaines, ces guerrières étaient honorées pour leurs liens avec les cycles de vie et de mort.

Elles apportaient le Renouveau, car la Mort n'est qu'un cycle et non une fin.

Nous sommes morts dans un cimetière maudit. Mais je n’ai pas vu de Valkyries venir me chercher.


Des sons lointains et si près, racontaient mes exploits, mon courage, hi hi, j’étais vraiment courageuse ?

Où simplement idiote ?



Nuit 2. A la mémoire des Défunts.


Je vis des noisettes. Des tas de noisettes avec des fruits et des gâteaux au miel. Je vis du chocolat et des boissons fruitées.

Et les odeurs appétissantes de plats que j’aimais.

Une voix contait des passages de ma vie, et du vol de l’Orbe de Vision, la Boule de Cristal. Mais je comptais la rendre ! C’est vrai ! Vous m’entendez ?!?


Plusieurs voix parlaient de personnes décédées. Elles les nommaient et buvaient en leurs noms.

J’en connaissais quelques-uns, des noms appartenant à ma famille et à des personnes de la ville.

J’écoutais attentivement pour que mes dernières pensées soient avec eux.



Nuit 3. A la mémoire des Vivants.


Des réjouissances se ressentaient et s’entendaient.

Plusieurs voix riaient, s’amusaient, relataient des histoires.

Je finis par m’endormir. Pour de bon.


< === === === >


Annexe : Tri Nox Samoni .

Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre)

Le Samain était une fête celtique encore appelée Saman et Samhain, ou Samonios chez les gaulois.

Samain compte trois jours de solennités : le premier est consacré à la mémoire des héros, le deuxième à celle de tous les défunts, et le troisième est livré aux réjouissances populaires et familiales marquées par des réunions, des banquets, des festins de toutes sortes qui pouvaient se prolonger pendant une semaine.
 
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Chapitre XIII : L’Arbre-Vie d’Athbehochan (ou Athbehochan).


Ecaillel : « Doucement Argan, c’est bon, tu y es preeesque. Pfiouu, dans mes bras Athbehochan


- Mmmh ???? Fis-je.


J’étais gluante et dans les bras de mon maître. Sur mon épaule, Risu s’étirait en me regardant.

Derrière nous, un noisetier incroyable, plus grand que la moyenne avec une fissure vers le bas de son tronc se refermant.

Et autour, de nombreux écureuils curieux et leur roi (?), un immense écureuil.

Argan, Finn, Lilas étaient là. Il y avait mon frère et celui avec qui je devais me marier. Ils s’inquiétaient de ma disparition, pour moi.

Je leur souriais et m’endormis en paix. De nouveau.


< === === === >


Annexe : Athbehochan et le noisetier.

Athbehochan : renaissance, résurrection en Gaélique (Irlande).

Le noisetier est un symbole de sagesse et de justice. Les Anciens lui attribuaient de nombreux pouvoirs magiques, dont celui de conférer la fertilité.
 
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Épilogue : Remerciements.


Je suis Athbehochan. Avec Risu, je me repose. Je suis propre, l’on m’a lavé pendant mon sommeil.

C’est Lilas Aoife qui m’expliqua essentiellement ce qui s’était passé.

L’esprit de Fray qui engagea le trio par Finn Gannael. Son silence sur ma destinée prévue par le sorcier.

L’aveline magique venait du Square aux Écureuils.

Symbole de fertilité, le noisetier* poussa du monde obscur où sont les âmes maudites des trépassées et sortit de terre dans le Square aux Ecureuils.

J’étais à l’intérieur avec Risu et l’Arbre-Vie nous mis au monde. Et tout cela en trois nuits lors du Tri nox Samoni*.

Incroyables non ? Non, vous avez raison, c’est juste ma-gi-que.


Je ne sais quand (comment, je ne me pose plus autant de questions), Lilas eut le temps d’expliquer à Risu ce qu’il fallait faire pour que le rite fonctionne.

Je considérais Lilas Aoife comme une grande sœur, une seconde mère bienveillante. Nous lui étions éternellement reconnaissants et je désirais le lui prouver.

Son acte gratuit me toucha énormément. Il n’y avait pas de mots pour décrire ce que je ressentais pour la Dryade.


Je remerciais les écureuils. Ouiiii. Et je leur apportais, ou par Ecayel lorsque je voyageais, des friandises de temps en temps, en remerciement.


Je remerciais les personnes qui avaient participé à ma renaissance.


Si la présence de mon frère ne me surprenait pas, je l’enlaçais bien fort, lui faisant un câlin fraternel sincère, la présence de « mon futur mari » me surprenait.

Lui aussi refusait de se marier avec une inconnue. Lorsque j’avais fugué, il s’était senti responsable et m’avait recherché. Ecayel au courant, l’observa quelques temps avant de le mettre dans la confidence.

Je le remerciais donc et j’appris à le connaître.


Je pardonnais à Argan qui me projeta dans les airs pour exprimer sa joie de me revoir.

Je poussais des hurlements dont je me croyais incapable. Et Argan cru que je voulais qu’il me relance.

Cela dit, je me suis bien amusé.

J’ai eu l’impression qu’il désirait me demander quelque chose. Il avait eu alors cette expression maladroite et presque enfantine. Touchante.

Je n’insistais pas pour ne pas le mettre mal à l’aise. Je l’embrassais sur la joue.


Après avoir vu et parlé un peu avec la femme et le fils du Danse-Lame, je lui pardonnais aussi.

Je sais ce que sais d’aimer avec amour.


Ekayel me fit don de la Boule de Cristal à condition que je parvienne à la récupérer.

Je le serrais contre moi.

Avec Risu, je comptais bien recroiser cet Elfe nécromant. Lui et moi avions un différend à régler.

Je lui en donnerais, moi, du « Petite Sotte ».

J’avais entendu parler de villes dans never land où se trouvaient des académies enseignants cet art noir.

Je pourrais commencer mon enquête là-bàs.


Enfin, je priais devant la sépulture de Menhirok.

De temps en temps, je me rendais aussi dans les cimetières, pas celui hanté, pour aider à nettoyer les tombes, y planter des fleurs, chanter pour les morts.

Et à chaque fête des morts, je festoyais pour eux et leur faisais des offrandes.

Prier pour les vivants, prier pour les morts car nous sommes tous liés par notre passé. Et notre futur nous relient à tous.


Avant de partir à la recherche du sorcier, je décidais de partir seule avec Risu.

Je devais me ressourcer, vivre un peu. Me découvrir.

Je décidais de partir dans never land, visiter la ville des Merveilles. Les peuples des Arbres et les Elfes cohabitaient en harmonie.

J’avais hâte d’y être. Risu approuva et avait déjà mis des noisettes prêtes à emporter.


F I N



[Merci à vous lectrices et lecteurs d’avoir suivi la Légendes du Chemin de Terre et autres Histoires de Rêves.]
 
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