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[RP taverne/recueil] Un jour dans la vie d'un Aigle...

Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.

Thorondhor

Élève assidu
Enfin, c'est terminé. Pas aussi terrible que cela aurait pu, mais j'ai manqué de temps (ne rigole pas @Beauty ) pour aller au bout...
L’Aigle s’approcha pour démêler les lanières qui retenaient la Sabreuse. Les contorsions que provoquaient l’élixir lui feraient perdre bien trop de sang, car les entrelacs de cuir se resserraient autour d’elle à chaque effort, ouvrant davantage ses plaies.
Ses mains défirent rapidement les nœuds, et son regard croisa brièvement celui de sa victime. Ce qu’il y lut n’était que souffrance pure, et pourtant, il savait qu’il venait de regagner son respect. Il la laissa s’appuyer contre la muraille pour se relever, tremblante.
Il savait que Beauty l’attendait à présent : il retourna vers la Princess sans plus attendre. Il avait terminé avec tous les autres convives, et pourtant le plus éprouvant restait à venir.
Beauty s’était levée, et arpentait la salle avec impatience. Elle s’était sans doute r approchée pour jouir du supplice de la Sabreuse… Thorondhor s’inclina légèrement :

Je suis tout à vous, à présent, Princess.

Le sourire qu’elle esquissa le renseigna sur ses dispositions :
Il était grand temps ! Je commençais à prendre racine sur cet inconfortable siège...

Provoquer l’impatience et l’exaspération d’une Princess, n’est-ce pas déjà la torturer mentalement ? Vous êtes déjà tellement rompue à ces genres de choses, qu’il faut parfois savoir varier les plaisirs…


Dois-je comprendre, Volatile, que je n’aurais pas droit…

Un léger rire lui échappa.
Ne croyez pas cela, Princess. Ce soir, vous aurez tous les droits. Spécialement celui de goûter la souffrance que vous prisez tant…

Et Thorondhor recula brusquement, leva son bras encore armé du fouet qui entravait Khyd quelques instants auparavant. Son poignet effectua une légère torsion, pour permettre aux lanières d’entourer efficacement la taille de la Princess, sa poitrine, et de retenir ses mains. Beauty comprit alors quelle erreur elle avait commise, de venir vêtue de sa robe de plumes… Sous un certain angle de pression, les extrémités des plumes d’acier qu’elle avait fait mêler aux plumes de PriissL commençaient à percer sa peau, et à faire perler des gouttelettes vermeilles. Thorondhor resserra encore. Les goutelettes commencèrent à rouler doucement sur la peau diaphane. La Princess grimaça. Ce n’était pas spécialement douloureux, mais ce type de douleur diffuse et mal répartie provoquait généralement une crispation nerveuse.
Sans cesser son mouvement du poignet, il se rapprocha à nouveau de Beauty, si près que leurs fronts se frôlaient presque.


Commençons donc.

Thorondhor tourna tout à fait son poignet, et tira d’un coup sec. Les fils qui tenaient les plumes assemblées se distendirent, puis rompirent dans un tintement mélodieux, tandis que l’acier mordoré griffait son dos nu. L’Aigle hésita une fraction de seconde, puis, d’un revers parfaitement assené à la tempe, il la plongea dans l’inconscience.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était toujours dans la même pièce, mais solidement attachée par des chaînes fines mais visiblement robustes. Elle tournait la tête avec difficulté, pour essayer de comprendre ce qu’il s’était passé. Les lumières de la pièce avaient été éteintes, à l’exception de deux torches, et du brasier qui rougeoyait toujours. Elle était étendu de tout son long, cambrée, maintenue à quelques centimètres au-dessus du sol par par un ensemble de fourches, et l’Aigle venait de se pencher vers elle.
Princess… Quel piètre hôte je fais, n’est ce pas ? Tout n’est qu’austérité et silence ici, et j’ai été si long à ne plus dédier mes soins qu’à vous…
Il sortit avec lenteur le fouet qu’il pensait utiliser. C’était l’habituel fouet à plumes d’acier. Mais il était encore poisseux de sang, et très inapproprié à la circonstance. Une Princess a droit aux meilleurs égards… Il le laissa de côté, et préféra reprendre le fouet aux fils métalliques, qu’il retira du brasier.

J’espère, Princess, que vous aimez la musique.
Les yeux d’acier de Beauty exprimèrent la plus profonde surprise. Thorondhor mélomane ? elle n’eut pas le temps de s’étonner davantage. Un ensemble harmonieux de carillons sonores tinta à ses oreilles. Le fouet se promenait sur la robe de plumes, faisait jouer à l’acier une ultime note, embrasait les plumes avant de les désassembler, tandis que la peau qu’il découvrait se parait de cuisantes entailles aussitôt refermées par le fer brûlant. L'odeur du cuir et du métal chaud se mêlait à celle, plus âpre, du sang. Thorondhor avait toujours trouvé insolite mais enivrante cette sensation de jouissance qui l'accompagnait lorsque c'était lui qui tenait le manche de l'arme, mais il s’en méfiait aussi. Il redoutait de tomber un jour esclave de ce plaisir qu’on pouvait tirer de la puissance d’infliger la souffrance. Peut-être est-ce pour cela qu’il s’arrêta.

La Princess se fendit d’une bravade moqueuse :
Déjà las ? Guère plus endurant qu’un autre… Peut-être n’as-tu pas de raisons suffisantes pour me châtier.
Thorondhor remarqua à sa lèvre déchirée que Beauty avait serré les dents, pour ne pas gémir de douleur aux derniers contacts des lanières ardentes. Il écarta les bras, et secoua la tête :
Des raisons suffisantes… Princess… Il n’y en a que trois, vous le savez, et vous verrez si elles sont suffisantes. La première est de prendre ma revanche du cercle de Pierres. La seconde de vous punir pour vos sarcasmes, quoique je ne puis prétendre y mettre fin. Et la dernière… remonte à très longtemps. Une nuit où vous êtes redevenue, pour le temps d’un supplice, la Princess des fouets qui faisait trembler les éphèbes de la Grèce lointaine. Une nuit où…

La malice fit jaillir dans les yeux de Beauty un éclat furtif. Sa voix ironique reprit :
Une nuit où j’ai fouetté une petite reine pour lui donner satisfaction ? Thoron, tu es tellement prévisible…
Thorondhor abaissa les yeux. Une lueur dangereuse s’alluma dans son regard. Ce n’était jamais bon signe, quand la puissance sauvage de l’aigle passait sous le contrôle de sa partie humaine, plus nerveuse et impulsive. Et tellement plus accessible à la cruauté.
Une nuit où vous avez ignoré la menace de représailles que j’avais émise la veille. Une nuit où vous avez délibérément bravé la protection que j’avais promise à Ama. Une nuit qui n’a jamais été vengée.
Et il tendit le bras vers un objet qu’il avait posé tout contre les fourches. Son dernier fouet.
Beauty ne le distinguait pas encore, mais elle pouvait deviner que ce n’était pas une arme aisée à manier, au vu du poinds u'elle semblait peser. Thorondhor passa son fouet métallisé dans la main gauche, et affermi sa prise autour du manche de sa nouvelle arme. Puis, avant de commencer à frapper, il sussura à l’oreille de la Princess :

Comme il aurait mieux valu que ce soit Ama qui venge cette nuit-là… Elle ne recherche que son plaisir dans les coups de fouet qu’elle donne, mais elle est si vite satisfaite de cris, qu’elle n’aurait pas su jusqu’où aller avec vous, Princess. Au contraire de vous et moi…
Il respira profondément. Le premier, le fouet métallisé s’abattit. Toujours cuisant, encore sonore. Puis, le second. La Princess sentit les chaînes de fer frapper lourdement sa peau à présent à vif. Des chaînes d’apparence fines, mais étonnement pesantes, dont chaque dernier anneau portait une boule de plomb garnie de pointes. Thorondhor ferma à demi les yeux. Le visage de sa victime devenait moins net. Le sang qui coulait le long des cordes et des fourches commença à goutter sur le sol. Le sang commença à gicler après quelques coups. Une frénésie sans précédent la saisit. Les pointes déchiraient les flancs de la Princess sans aucune pitié. De ce corps meurtri, des plaintes étouffées commencèrent à lui parvenir. Un tremblement nerveux parcourut sa nuque. Il respira à nouveau, et ralentit la cadence. Mais ses coups n’en eurent que davantage de force. Un craquement sans équivoque suivit d’un cri lui indiqua une côte brisée. Il continua un peu, en veillant à ne pas dépasser le point critique où la douleur devenait insurmontable à tout l’organisme. Très peu de temps après, il s’arrêta. Le fouet à chaînes pesait lourd et son épaule commençait à fatiguer. La mare brunâtre qui s’écoulait à ses pieds lui apprit qu’il en avait assez fait.

Un râle sourd échappa à Beauty, lorsqu’il la fit pivoter entre les fourches, tirant sur les liens et les membres meurtris. Il la détacha rapidement. Il fallait faire vite, afin qu’elle ne se vide pas entièrement de son sang. Peut-être avait-il présumé les forces de la Princess trop grandes. Sa peau était plus pâle que jamais, ses yeux vitreux avaient perdu cet éclat sauvage qui imposaient un respect forcé. Il l’étendit sur le même fauteuil qu’elle avait occupé quelques heures plus tôt. La fourrure maculée de sang devint vite poisseuse.

Thorondhor arracha quelques fioles de verre dépoli sur une étagère, et une boîte en bois d’ébène. Il ouvrit la petite boîte, et en tira des aiguilles. Les mêmes qui lui avaient servi à confectionner la robe partie en lambeaux. Il versa le contenu de la première fiole dans le creux de sa paume. Puis il commença nettoyer les aiguilles avec. La cautérisation, à ce stade là, aurait été plus douloureuse qu’utile. Il opta pour l’usage d’un élixir verdâtre de sa composition, dont il enduisit soigneusement la pointe de son aiguille, et le fil qu’il comptait utiliser. Puis il fit respirer à la Princess le contenu de sa troisième fiole. Elle sombra aussitôt dans l'inconscience. Il commença à recoudre les plaies de la Princess. Elles n’étaient pas trop nombreuses, car l’Aigle avait pris soin de frapper aux mêmes endroits, mais assez étendues. Cela lui prit un temps assez long, durant lequel il tenta de retrouver son équilibre ordinaire.

Pourtant, lorsque tout fut fini, Beauty crut distinguer les traits d’un jeune homme aux yeux sombres, lorsqu’elle se sentit transporter dans la pièce voisine. Et les lèvres qui soudain vinrent goûter les siennes avant de se retirer lentement n’étaient pas l’illusion de la fièvre…
 

Thorondhor

Élève assidu
Un an sans mise à jour, et pourtant j'en ai écrit depuis...

J'en poste quelques uns, en pensant à ma reine disparue, à ma fée éloignée, à mes amis envolés, à nos souvenirs, à notre avenir.

Et je commence par le souvenir de la rencontre entre mon très cher correcteur @Gamafey et son futur rédacteur en chef :
l'intérêt de ce rp était de présenter le 25 que Gama m'avait écrit du point de vue de Thorondhor. Ce fut un exercice très intéressant.

Une rencontre inattendue
Il y avait plusieurs jours déjà, un étrange incident était survenu. Alors qu’il achevait un travail urgent, et qu’il avait intimé au tavernier l’ordre de ne laisser approcher que ses amis les plus familiers, un homme s’était présenté à lui, dans le seul but de se faire connaître. Le tavernier, pourtant accoutumé aux occupations excentriques de ses clients et actionnaires, s’était laissé terroriser par la vue d’un simple verre brisé. Il a dû oublier Gmenora, qui envoyait les verres se fracasser sur les murs pour le plaisir… À moins qu’il n’ait feint la terreur qu’à dessein, histoire de voir comment Thorondhor punirait l’importun… Quoi qu’il en soit, l’Aigle avait fait preuve d’indulgence et de courtoisie.

Il revoyait la scène dans son esprit : lui relevant la tête, et demandant poliment :
-Bonjour ! Que puis-je faire pour vous, monsieur ?

Son visiteur annonçant, avec une suffisance qui l’irrita fort :
- Je me nomme Gamafey. Mon nom ne vous dit-il rien ? demande Gamafey

Il lui semblait l’avoir entendu, mais craignait de se tromper.
- Non pas du tout, nous connaissons-nous ?

L’homme avait alors annoncé triomphalement :
- Je suis la personne qui ait fouetté Galadriel de Juin pour son insolence !

Oui. Il voyait. Il avait bien essayé d’empêcher cela, de saisir le coupable, mais personne n’avait pu le renseigner. Pas même sur les traits de l’agresseur. Puisqu’il portait ce même masque qui paraissait ne pas quitter le visage du sieur Gamafey.

- A vrai dire, je ne retiens pas tous les noms des personnes dérangées qui fouettent pour tout et n’importe quoi. avait-il lâché avec une apparente légèreté et un soupçon d'exaspération.

Ensuite, tout s’était passé très vite.
Cette demi-indifférence avait provoqué une frustration démesurée chez Gamafey. Thorondhor pouvait voir les éclairs de colère jaillir de ses yeux par les fentes de son masque. Gamafey tentait de dissimuler ce dépit, mais il le faisait mal. Le visiteur lui avait ensuite proposé une promenade dehors, afin de visiter la ville en compagnie d’une personne qui puisse le renseigner. L’idée d’emprunter les ruelles sinueuses et insalubres des bas-quartiers n’avait guère plu à Thorondhor, mais son affabilité naturelle l’empêcha de l’éconduire immédiatement. En soupirant, il avait rangé ses papiers dans sa mallette, et l’avait prise à la main. Puis il était sorti en compagnie de son visiteur. Gamafey l’avait laissé passer devant lui, et guettait le moment opportun pour le surprendre.
Lorsqu’il avait cru ce moment arrivé, il lui avait demandé de se retourner, et lui avait envoyé son fouet à la tête à toute volée. Thorondhor avait tenté d’esquiver, mais avait trébuché sur la mallette qu’il venait de lâcher. Mais même au sol, l’Aigle avait essayé de saisir au vol une lanière, pour la tirer à lui et entraîner la chute du perfide.
Trop tard. Il n’avait réussi qu’à se déséquilibrer davantage, et à entraîner sa chute complète. Sa tête avait heurté lourdement le pavé, sans que ses deux mains projetées en avant ne puissent diminuer le choc. Il avait vu à son regard de triomphe que Gamafey avait pris son geste pour quelque lâche supplique, pour que le fouet se l’épargne. À mille lieues de la réalité… Quoi que le but final soit bien le même.
Mais Gamafey ne se satisfaisait pas de ce fantasme d’une humilation forcée. Il avait profité de son effet de surprise pour cingler brutalement les mains de l’Aigle, agrippées aux pavés de la chaussée.
Un instant, Thorondhor avait souhaité se relever, et lui assener une correction dont il se souviendrait. Mais cette idée lui était vite passée. Il avait donc préféré le laisser croire en son triomphe, et voir jusqu’où sa suffisance le mènerait. Et puis, la souffrance étant le meilleur des maîtres, peut-être saurait-il ainsi se corriger de ses sursauts d’orgueil qui lui avaient fait continuer maints combats inutiles…Cette fois, il repousserait la revanche au moment qu’il aura choisi, et non à celui que les circonstances pourraient lui dicter.
En proie à ces pensées tortueuses, il s’était livré entièrement aux coups. Ses mains s’étaient alors zébrées d’estafilades sanglantes. Au début, seul le dos de ses main était exposé. Mais la douleur le faisait vivement tressaillir, et des spasmes nerveux avaient ouvert et et crispé ses poings ensanglantés. Les lanières étaient venues frapper ses paumes à découvert, entaillant profondément les chairs. Le sang avait alors abondemment coulé, ruissellant sur les pavés.
Thorondhor ne laissa pas passer un seul son de son bec. Mais ses mains exprimaient malgré lui la douleur qu’il ressentait. Gamafey avait à peine prêté attention à l’abîme qu’il existait nécessairement entre la résolution intérieure de l’Aigle et son apparente résignation. Il croyait sans doute encore acquise la victoire, et l’écrasement de son adversaire sous l’humiliation ne lui faisait aucun doute. Sûrement il le pensait toujours gémissant et lamentable… En tout cas, lorsqu’il s’était arrêté, jugeant les coups suffisants, Gamafey l’avait quitté en lui prononçant ces mots :
« Maintenant, cher aigle, vous retiendrez mon nom et vous pourrez l’associer à la personne qui vous aura lacérée les mains. Je vous conseille d’appeler un médecin, comme le compétent Docteur Smith, sinon La Faucheuse risque de vous rendre visite. »
Bien entendu, Thorondhor s’était gardé de répliquer qu’on ne se vidait pas de son sang pour des entailles aux mains, si nombreuses et profondes soient-elles, car il ne s’agit que de l’extrémité des membres. La circulation du sang y est réduite en volume et en vitesse de débit. Donc ce n’était pas des blessures graves. Le seul inconvénient était d’avoir tâché sa mallette et perdu l’usage normal de ses mains pour dessiner avec précision.
Il se revit pansant tant bien que mal la longue estafilade, large de deux doigts, qui descendait sur toute sa paume droite jusqu’au milieu du poignet. Et il passa la main sur la fine trace blanche qu’il y avait encore. L’heure d’une petite mise au point allait bientôt sonner.



La soirée était déjà bien avancée. Il alla droit à la Taverne. Il était certain d’y trouver Gamafey, son mystérieux visiteur. Il passa la porte et se dirigea sans hésiter vers la table centrale, où la Dame à l’Arc, la belle Hitsuji, devisait avec lui. Le cliquetis de ses ailes repliées fit tressaillir l’homme au masque. Une vague inquiétude se lisait dans ses yeux. Entretemps, il avait pu prendre réellement la mesure de ce qu’avait fait Thorondhor par le passé, tant de choses qui pouvaient lui laisser craindre les pires représailles. L’Aigle posa la main sur la table, et se pencha vers lui :

Bonsoir, Gamafey. Je ne vous dérangerai pas longtemps, mais j’ai besoin que vous m’accompagniez dehors. Était-ce vraiment une demande ? Gamafey pouvait-il refuser ? La flamme sinistre qui flamboyait au fond des yeux noirs du rapace était sans équivoque. Gamafey glissa le regard vers le couteau posé près de l’assiette d’Hitsuji. Y voyait-il un moyen de se dérober au supplice?

Tout de suite.

La main de Thorondhor se referma sur le poignet de sa future victime, sans brusquerie mais avec une fermeté implacable. Gamafey tenta de se dégager, et se leva à moitié. Mais il n’y avait pas moyen de desserer l’étau d’acier qui lui broyait à présent l’avant-bras. Il dut obéir. Hitsuji les regarda sortir avec appréhension. Elle n’était pas la seule à venir se pencher aux fenêtres. L’attrait du spectacle, quelle que soit sa nature, était toujours puissant...

J’ai pu constater, commenta Thorondhor, que vous avez l’usage du fouet assez facile, pour des prétextes finalement futiles. J’ai vu que vous connaissez l’usage qui est fait du pilori, sur la place, et que vous vous êtes livré là à d’amusantes démonstrations.

En disant ces mots, le roi des Aigles entraîna l’homme au masque vers le lieu des supplices. Gamafey résista encore. Il ne réussit qu’à prendre un coup de serre dans la mâchoire. Il se tint ensuite à peu près tranquille, bien qu’il fût parcouru de brusques sursauts . La peur de la souffrance ? Peut-être… On avait murmuré que les amants terribles, le Drow et la Princess, s’étaient déjà chargé de lui il y avait peu. Mais il s’en était visiblement tiré avec moins de difficulté que l’on aurait pu s’y attendre… Il était à nouveau debout, et encore en état de pérorer.

Je respecterai votre anonymat, Gamafey… Je vous laisse votre masque. Bien qu’il soit dommage de ne pas pouvoir mesurer l’effet de mon fouet sur les traits de votre visage, je me contenterai de le deviner aux tressaillements et aux contorsions que la caresse du fouet vous inspirera…

Thorondhor tira sèchement le bras qu’il continuait à serrer. Il lui lia les poignets et l’attacha promptement au pilori. Puis il posa la main sur son épaule, et lui souffla à l’oreille.
Vous soignez vos entrées, vous vous assurez d’un lieu fréquenté ou d’une victime de choix, quitte à la prendre en traître. Vous aimez le spectaculaire. Vous allez être servi. Mais je gage que vous le regretterez… bientôt.

Il recula d’un pas, et déroula son fouet. Les plumes d’acier luisaient sous la lune. Son reflet pâle décolorait leur éclat mordoré. On y voyait mal sur cette place mal entretenue, éclairée par de gros flambeaux. Et l’Aigle n’était pas un rapace nocturne… Un premier coup partir, vif et franc, déchirant la veste et caressant la peau sans la déchirer. Gamafey respira : l’Aigle contrôlait mal ses coups, la nuit lui était propice. Quoique, à présent, il risquait d’ajuster le tir, et de renforcer sa force de frappe. Il se tendit, prêt à recevoir un nouveau coup. Mais quand le second coup entama le tissu sans abîmer la peau, et que les coups suivants firent de même, l’homme au masque eut un doute. Il réalisa alors que Thorondhor retenait ses coups pour une démonstration d’adresse à ses dépends. La surprise se lut alors, non sur son visage toujours invisible, mais dans le brusque tressaillement qui souleva ses épaules et redressa son buste. Thorondhor éclata de rire. Un rire franc et joyeux qui dura jusqu’à ce que le costume rouge soit en pièces.

Alors Thorondhor vint le détacher.

Mon cher Gamafey, la violence est loin d’être l’unique moyen de s’offrir une solide renommée ici. Un peu de courtoisie, d’humanité, que diantre ! C’est le comble, que ce soit moi, un Aigle, qui soit forcé de dire ces choses-là ! Sachez que j’aurais pu vous saigner comme une proie que vous pourriez être. Mais je refuse de prendre au sérieux ceux qui s’attaquent à moi par traîtrise, avec l’impression de faire quelque chose de courageux.

Gamafey commença à le remercier du bout des lèvres, horriblement vexé d’avoir ressenti cette frayeur à chaque claquement de fouet, et cela pour rien. Et Thorondhor était certain qu’il n’aurait pas pu lui infliger pire punition que de se moquer ainsi de lui. Toutefois, il n’avait pas l’intention de le laisser vraiment partir sans une égratinure…


Je poursuis avec quelques moments aussi passionnels qu'irrationnels.

Une vie de fantôme

Oublié
écrit par Thorondhor
Tapi comme à l’ordinaire dans un recoin sombre, l’Aigle avait une vue imprenable sur toute la taverne. La pile de dossiers qu’il avait face à lui ne le soustrayait pas du monde. Il regardait avec amusement la Princess et la Sabreuse, si discrètes elles-aussi ces derniers temps, mais bien présentes. Une étincelle passa dans ses yeux. Galadriel de Juin venait de passer le seuil de l’édifice. Elle rejoignit la table où étaient assis Sir-destro et titpitchounette . L’Aigle s’y était résigné depuis des semaines, par fatalisme plutôt que par aveuglement. Après tout, n’était-ce pas sa faute ? Il y avait eu la souvenance d’une reine disparue, qui l’avait retenu d’être tout entier à sa fée aux ailes disparues. Et il avait jugé que le cœur de sa belle était assez généreux pour être à lui en même temps qu’à Destro… Mais dans cette taverne, elle n’était qu’à lui seul ou du moins presque tout se passait comme tel. A l’insu de tous, l’Aigle remâchait, amer, sa solitude, les baisers volés et offerts, les rires complices où il n’entrerait pas. L’ambiance doucereuse de la taverne du Fouet Cinglant commençait à lui peser. Un instant, rien qu’un seul, une pensée folle traversa son esprit, et pourtant il s’en saisit. Il saisit aussi ses fouets, celui à l’unique lanière, et celui aux multiples portant ses propres plumes d’acier effilées. Il les évalua du regard, et choisit le second. Il remit l’autre à sa ceinture, et fit craquer sa nuque. Il se redressa lentement et s’avança en silence, l’orage assombrissait davantage et ses yeux et son esprit. Sans un mot, sans un bruit, il posa lourdement la main sur l’épaule du Sir, sous le regard inquiet de sa Dame. Il se revit alors, bien des mois plus tôt, la main sur l’épaule de Sir Peritus, rendant à sa reine son regard vengeur. Les circonstances étaient alors bien différentes. C’était alors une vengeance qui n’était pas la sienne. À présent, il servait ses seuls intérêts.


Ah… les chevaliers et les dames… lâcha Thorondhor avec un petit rire glacial.


Son fouet cingla violemment le dos de Sir Destro. Ce n’était qu’une amorce. Déjà il armait à nouveau son bras. Comme il ramenait les lanières à lui, les plumes labourèrent profondément la chair déjà meurtrie du chevalier. Une poussée plus forte fit choir sa victime la tête en avant contre la table. Il renonça à poursuivre. Pas cette fois-ci. Il avait malgré tout de l'amitié pour cet homme étrange. Le Roi des Aigles se pencha légèrement vers Galadriel, stupéfaite, et marqua une demi-seconde d’hésitation. Un nouveau vent d’orage souffla dans son esprit, et ses doigts effleurèrent le manche de son fouet. À ce moment, il avisa un sniper souriant à l’angle du bar. On lui avait parlé de son arrivée, et il se doutait des raisons de sa présence. S’il avait eu sa forme humaine, il aurait esquissé un sourire. Sa fée savait s’entourer…


Ignorant les regards stupides des assistants outrés de son éclat d’humeur, Thorondhor fit glisser ses doigts vers la main de Galadriel. Et puis il l’attira lentement vers lui. Une fois Galadriel levée, tournant le dos au reste de la taverne, Thorondhor l’enserra de ses deux ailes, veillant à ne pas la blesser de son plumage d’acier mordoré. Il lui offrit son baiser avec une douceur qui s’opposait à la brutalité de sa bravade. Puis, lentement, il desserra son étreinte, et se retourna.

Je n’aime pas qu’on m’oublie, lâcha-t-il en décochant un dernier coup de fouet, cette fois-ci sur l’épaule de titepitchounette.



Réponse
écrit par Sir-destro

le sourire aux lèvres, là ou se nichait déjà bon nombre de souvenirs.

j'attendais ma belle

je pensais a cette taverne qui n'était pas encore recouverte de poème.

certes les fouets,aux différents récits,étaient apposés sur ces murs

assis devant mon café je me mis a griffonner quelques mots

A mon amour

parce que je suis heureux de t'avoir retrouvé après ces quelques siècles

parce qu'aujourd'hui notre amour est si fort

continuons d'avancer bras dessus dessous

jardinons cette amour avec tendresse

pour que jamais il ne s'arrête ....


je levais les yeux titpitchounette dame chipie comme j'aime l'appeler me fît sortir de mes pensées

tu étais là tu souriais, déjà impatiente de découvre ta surprise ces mots doux que tu aimes tant


tavernier un café pour ma....

une main m'agrippa l'épaule, je senti mon corps se figer.

je vis @Thorondhor ,mon bon ami celui que j'apprécie avec un fouet à la main

mon dos sentit une douleur,mes souvenirs de jadis refaisaient surface, elle me fît vaciller..

je ne pu que constater

ce magnifique tableau que thoron venait de décrire était ce un gage d'amitié mettant en valeur l'amour que deux êtres se portaient l'une à l'autre.j'aime à le croire

Le temps s'écoule si vite lorsque l'on est occupé.


n'ayant pas mon fouet,mon regard sombre se tourna vers thoron ,sombre comme sont les abysses que j'ai parcouru dans tous les recoins, cet être que j'admire..toujours de bons conseils...

qu'il en soit ainsi


le grimoire,mon fidèle, en main,j'entendis mon ami Ronae non,non pas cela,trop tard j'avais commencé mon incantation de magie noire comme le sont certaines pages de ma vie

une immonde odeur envahissait la pièce,celle ci se vidait

ma transformation commençait je ressentais un atroce douleur, je brûlais de l'intérieur.

mon corps putride laissa place à un ange gris, craint des semi-orques,dont la beauté pouvait faire pâlir,un regard noir diabolique qui pouvait vous brûler

mes larges ailes battaient tel un fouet j'étais prêt ...


j'allais prendre mon envol quand une main douce me prit le bras je tournais la tête

Mamie!! ton regard apeuré,aimant et plein de tendresse me fis me poser

tu te recula, m'admira.. tu savais que cela me ferais énormément plaisir

je regardais autour de moi les tables étaient vides je pris le temps de réfléchir repensais à ce mot griffonné un peu plus tôt il étais là au milieu de ce cahot je te le tendis

ton sourire sur ton visage m'apaisa

thoron fût surpris son regard cherchait à se rattacher tu as peur mon ami?

j'aurais pu te faire mal comme ce fouet mais est ce utile de faire du mal à quelqu'un qu'on admire par sa générosité son empathie pour les gens, qui je le sais souffre à sa manière,je ne penses pas..

je serrais ma belle @Galadriel de Juin dans mes bras pris mon envol vers un lieu ou l'amour prend tout son sens..pour finir ce rendez vous plein de promesse


Aquila sum
écrit par Thorondhor
Un Aigle est impassible. Seuls ses yeux et ses actions trahissent ses sentiments. Thorondhor ne bougea pas, il demeura semblable au roc avec lequel il aimait faire corps. La transformation de Destro ne l’étonna qu’à demi. On ne passe pas d’une dimension à l’autre, d’esprit errant à rapace vengeur, sans avoir une certaine habitude de tout ce qui sort de l’ordinaire. Il regarda ces ailes, cet ange gris sorti du néant, et plus que tout il regarda cette feuille couverte d’encre. Il regarda sa fée déchue se laisser emporter, et demeura interdit, silencieux.

Un Aigle est impassible. L’acier qui le recouvre enserre aussi son cœur.

Qu’avait fait Destro que lui-même n’avait osé ? Des mots, pauvres brûlots partis couler dans une mer de papier, avaient jaillis de sa plume comme ils avaient coulés de la sienne. Son allure décharnée de jadis, et le jaillissement soudain d’un être ailé, n’était-ce pas ainsi même qu’il s’était présenté à elle ? Nulle plainte ne monta en lui, l’esprit tint avec plus de rigueur les pulsions de sa faiblesse. Il renonça à prendre son envol à leur suite.

Un Aigle est impassible. Le feu qui le brûle est puissance pure et non passion trouble.

Les foules grouillantes des vallées, les déserts rocheux et dépeuplés, l’étroit réduit d’une taverne mal famée, le lieu importait peu : voyageur solitaire, il aimait demeurer libre, souverain juge de ses actes. Pourtant il avait laissé quelque chose renaître en lui, il avait permis à l’humain d’effacer le rapace.

Un Aigle est impassible. Un Humain ne l’est pas. Thorondhor était l'un et l'autre.

L’Aigle connaissait la souffrance et la passion de l’Humain, répercutées en lui comme le tonnerre des orages. Et ses mains humaines se crispèrent lentement, plus sûrement qu’un rictus naît sur les lèvres asséchées qui trouvent la source tarie.

La taverne alentours exacerbait son ressentiment. Il se sentait comme prisonnier. Prisonnier dans ces murs comme dans les pensées, simples et horribles, qu’il ne pouvait chasser… Il gagna d’un pas lent mais résolu la sortie de la taverne. L’espace s’ouvrit devant lui, il s’y engouffra et la porte derrière lui se referma, sur un grand coup de vent nocturne.


Il s’enivra de vent et de poussière, jusqu’à ce que le soleil pointe à l’extrême bordure de l’horizon. Il était bien tard pour regagner Minas Thoronath. Puisqu’il avait à présent ses quartiers à Enar même, il décida de s’y rendre. Les locaux qu’il avait lui-même réaménagés lui étaient désormais familiers. Ils étaient rarement déserts à cette heure, mais il traversa comme s’il n’y avait eu personne. Il claqua la porte derrière lui, après avoir placardé : NE PAS DÉRANGER.

Il laissa disparaître son apparence d’Aigle comme on écarte une armure. Il ne se mit pas immédiatement à son bureau. Il alla s’adosser au coin de sa fenêtre, et posa la main sur le rebord. Il ne baissa pas la tête. Il ferma simplement les yeux. L’impression de vertige disparut. Le bruit perpétuel de la ville au-dehors s’estompa, et il rentra dans le silence. Un sourire sans amertume passa sur ses lèvres.

Pourtant, il était seul. Il lui semblait traîner derrière lui une solitude séculaire. Tout ce qu’il avait qui la brisât peut-être, c'était un souvenir : en arrivant ici, il avait cru voir la silhouette de sa fée, s’arrêtant devant le couloir où les rédacteurs en pause s’étaient levés à son approche. Il se souvenait mal, mais il se souvenait de son gracieux sourire, tandis qu'elle passait devant la fenêtre entrouverte. Il se rappelait le bruit de ses pas, celui du vent dans ses cheveux, et ce souffle glacé sur son front. Ce souvenir aussi l'angoissait.

Il commença à défaire machinalement le lien en cuir qui protégeait ses poings, et à jouer avec. Son expression se durcit à mesure qu’il déroulait la lanière le long de sa paume. Il sortit une plume encochée dans le fouet pendant à sa ceinture, et l’aiguisa sur la lanière. Le fil droit et effilé de cet acier tranchant brillait dans la pénombre. D’un geste vif, il l’envoya à l’autre bout de la pièce se ficher sur le chandelier massif que lui avait légué son prédécesseur. Puis il déroula son fouet et arracha la plume d’un coup sec.

Et il se mit à rire doucement, un rire léger et désinvolte, plein de défi et d’assurance.
Galadriel… Tu joues avec nos cœurs pour le plaisir de voir jouter nos plumes. J’aurai pu être le fantôme qui s’efface sans un mot au grand jour, heureux d’une joie qui n’est pas sienne mais celle d’un ami qu’il estime. Mais tu désires encore l’Aigle et sa plume de feu. Et tu t’es rendue précieuse et chère, ma fée trop désirable. Puisque tu sembles le souhaiter, le sang et l’encre mêlés que tu fais couler seront ma voie pour naviguer jusqu’à toi, et malheur à qui l’entravera.
 
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Après l'inactivité de ce sujet, je ferme et j'archive celui-ci.
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