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  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion DeletedUser199
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Main dans la main, ils se frayèrent un chemin à travers les badauds. La jeunesse de Lémidla s'était rassemblée autour d'un grand feu de joie en plein centre de la place. Les plus jeunes appréhendaient le faux pas qui ferait rire les spectateurs, tandis que les plus vieux semblaient être suffisamment confiants pour donner l'exemple.
Le jeune homme prit place avec sa sœur, prêt à vibrer au son de la musique et à maintenir le rythme durant une heure. Ils n'avaient jamais dansé, mais avaient observé chaque année le tourbillon d'extase qui s'emparait du cercle de danseurs.
Le prêtre de l’Insouciance, déjà bien rouge, fit son discours en souhaitant longue vie à la lignée du Champion et en demandant à chacun de profiter des instants présents et des plaisirs de la vie. Le garçon eut plus l'impression d'un discours d'ivrogne que celui d'un représentant de la lignée. Il applaudit tout de même une fois l'interminable sermon terminé, emporté par le sentiment festif plus que par la ferveur du peuple.
Le premier coup de tambour se fit entendre, les danseurs se mirent en place. Une main dans le dos, l'autre jointe à la main du partenaire. Le jeune homme et sa sœur se mirent à bouger à l'unisson, au rythme lent des tambours. D'instinct, leurs jambes commencèrent à se délier et à frapper le sol de leurs talons. Le rythme commença à s'accélérer, les danseurs firent tourner leur partenaire, tout en continuant à frapper le sol du talon.
Après quinze minutes de danse sereine, les mains se délièrent. Toujours avec entrain, les partenaires féminines s'éloignèrent d'une dizaine de pas, prêtes à observer le spectacle qui allait suivre, tout en continuant de jouer des talons.
Les hommes se firent face, des regards mauvais s’échangèrent. Ils se rapprochèrent les uns des autres pour créer une mêlée savamment chorégraphiée. Le rythme accéléra encore. Le garçon déjà en sueur senti une montée d'adrénaline le parcourir devant le sentiment général d'animosité autour de lui. Cette mêlée symbolisait la séparation des époux et de leurs femmes lorsqu'ils partaient à la guerre affronter leur voisin et ennemi de toujours. La brutalité de la guerre et la force physique, remplacé ici par la grâce et la capacité à suivre la vitesses des instruments de musiques.
Le rythme ralentit, les femmes rejoignirent leurs hommes sur la piste, prenant leurs visages des deux mains. Les couples s’embrassèrent sur les lèvres, les autres sur le front.
-Je m'attendais à te voir tomber, tu es plutôt bon danseur tu sais? Souffla sa sœur avant de lui donner la récompense des survivants.
Son frère s'aperçut en effet que durant la mêlée, la majeure partie des hommes étaient tombés à cause du rythme effréné et des mouvements de danses compliqués. Ils n'étaient qu'une dizaine sur plus de cinquante à avoir tenu bon. Les hommes ayant chuté, sortaient provisoirement du cercle, déçu de ne pas avoir eu le baiser des vainqueurs.
Les couples survivants se rapprochèrent les uns des autres et entamèrent la danse de la réunion, les partenaires féminines passaient d'une main à l'autre tandis que les hommes déposaient un baiser sur la main de chaque nouvelle partenaire pour lui marquer son respect.
Le jeune homme fut étonné de voir plus d'une femme rougir face à lui. Sa taille, la finesse de ses traits, et sa grâce avaient en effet tous pour charmer ces jeunes femmes euphoriques et heureuses d'échanger des pas de danses avec un si bel homme. Il jeta un œil à sa sœur, et s'aperçut que les hommes réagissaient de la même manière avec elle. Quand elle revint à lui, il constata effectivement qu'elle était d'un bien meilleur niveau que toutes les autres danseuses. Une aura de quiétude semblait planer autour d'elle, son sourire et ses yeux rieurs remontaient le moral à quiconque déposait ses yeux sur elle. Ils ne se quittaient plus du regard maintenant, leurs pas devinrent flous, ils semblaient abandonner leur unité pour fusionner de corps et d'esprit. Le monde s'arrêta pour eux en cet instant, plus rien ne comptait à part la musique, la danse et leur partenaire.
Plus tard, la musique se tut sur une note triomphante, tous les couples revenus entre-temps sur la piste crièrent et applaudirent, de même que les spectateurs devenus hystériques.
Le garçon sentait sur lui et sa sœur tous les regards, il ne comprenait pas ce qui s'était passé. Il tenta de s'éloigner du centre d'attention en se mêlant à la foule, sa sœur en main, mais la foule s'écartait pour les laisser passer. Certains baissaient la tête en signe de respect, d'autres leur firent la révérence, mais la grande majorité se contentait de les acclamer. Il se mit à hurler en direction de sa sœur pour couvrir le tapage:
-Bon sang, tu comprends ce qui se passe toi? Le garçon semblait paniquer devant cette foule en délire.
-Aucune idée, mais arrête de fuir, profite simplement du moment!
Elle l'entraîna vers le centre de la place où de nombreux danseurs, jeunes et moins jeunes les rejoignirent et se remirent à danser. L'hystérie générale se calma progressivement après une autre demi-heure de danse endiablée.
Épuisé, le couple s'installa à une table et commença à festoyer. Le frère commençait à boire et chanter avec un groupe de joyeux lurons, tandis que sa sœur sympathisait avec des jeunes filles de son âge dont le principal sujet de conversation semblait être son frère. Les festivités se déroulèrent un long moment sans accrocs, chacun semblait profiter de chaque danse, chant, vin et regards en douce. Jusqu'à ce que le jeune homme sente un léger contact sur l'une de ses poches. Le temps qu'il se retourne, il eut juste le temps de voir le coin d'une cape disparaître dans la foule. Il tâta sa poche pour vérifier s'il ne s'était pas fait détrousser, mais n'y trouva qu'un morceau de papier sur lequel des inscriptions étaient marqués. Ne sachant lire, et trop occupé à écouter les blagues salaces de Mr Malpropre et les bons mots de Darmon venus le rejoindre au cours de la soirée, il remit à plus tard le décryptage du message qu'on lui avait glissé en toute discrétion.
Au lever du jour, les habitants commencèrent à rentrer chez eux, certains en titubant, d'autres en chantant, tandis que d'autres s'endormaient au milieu des rues ou sur les tables de la grand place. Chacun allait se reposer à sa manière toute la journée durant avant de s'attaquer le lendemain au grand nettoyage collectif des saletés qu'engendrent inévitablement de tels rassemblements.
La sœur du jeune homme dû le traîner jusqu'à sa chambre tant celui-ci avait bu, ce qui attirait tous les rires des hommes encore debout et les menaces de leurs femmes si jamais elles devaient les traîner un jour de cette façon jusqu'à la maison.
Ils dormirent jusqu'au milieu de l'après-midi, où la voix tonitruante de l'aubergiste le réveilla en sursaut "Bougez vos miches les jeunes y'a quelqu'un qui veut vous voir!"
Un méchant mal de crâne l'assaillit de suite et il regretta instantanément d'avoir agit comme un débauché. Après plusieurs instants qu'il passa à se masser le crâne dans le vain espoir d'enlever la douleur, il fut étonné de trouver sa sœur dans son lit. Ils n'avaient pas dormi ensemble de cette manière depuis qu'ils logeaient dans l'auberge. Etre en contact avec sa sœur lui procurait toujours calme et sérénité, comme s'il était incomplet s'il en était éloigné. Il tenta de la réveiller en secouant doucement son épaule, mais peine perdue.
Même épuisée, sa sœur avait gardé tous ses réflexes. Elle fit un bond sur elle même et un couteau jaillit de nulle part, prêt à lui trancher la gorge.
-Bonjour a toi aussi ma chère sœur, heureux de te voir au mieux de ta forme!
-Et toi ton dos a pris la forme des pavés? Espèce d'imbécile, j'ai cru que t'étais mort quand je t'ai vu tomber de la table pendant ton "duel" avec Darmon et que tu te relevais pas. Je te raconte pas la honte que tu m'as faits subir quand j'ai dû te traîner jusqu'à l'auberge!
-Heu oui, peut-être... Je m'en souviens plus trop. Au fait, quelqu'un veut nous voir apparemment, c'est pour ça que je t'ai réveillé.
-Change de conversation t'as raison. Cependant... Je ne vois pas qui pourrait vouloir nous parler. J'espère que ce n'est pas à cause de la danse d'hier soir.
-On verra bien, dépêche-toi de te préparer. Tu peux retirer ça de ma gorge maintenant?
Hésitant entre jouer encore un peu de sa domination ou libérer son frère, sa sœur rangea finalement son arme et partit vers sa chambre pour enfiler ses habits habituels, plus discrets. Quant à lui, encore fatigué, il n'eut pas le courage de se changer et se contenta d'aller vers la cuisine pour y chercher de la nourriture pour éponger en attendant son retour. Celle-ci revint quelques minutes plus tard.
-C'est bon, je suis prête! Arrête de te goinfrer pendant qu'on nous attend, ça fait déjà un moment que Tom nous a appelé.
Après avoir pris tout de même le temps de finir les restes d'un jambon sous le regard excédé de sa sœur, le jeune homme la suivit jusqu'à la salle commune, où le prêtre d'Insouciance, un pichet à la main, les regarder avec un sourire énigmatique.
 
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Qu'une chose : je veux la suite !!

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-Tu penses que c'est lui qui veut nous voir? Le jeune homme répondit d'un haussement d'épaules à l'interrogation de sa soeur avant de se diriger vers le prêtre.
-Mes jeunes amis, c'est un plaisir pour moi de vous rencontrer. Je me nomme Bradivalis, asseyez-vous donc, je pense que nous avons des choses intéressantes à nous dire. Un peu de vin? Non? Tant mieux.
Le prêtre but une longue gorgée pendant qu'ils s'installaient à sa table. Le jeune homme était désireux de terminer au plus vite cet entretien pour se recoucher tandis que sa soeur, comme à son habitude, était prête à réagir à chaque instant. À quoi, il l'ignorait, mais elle était prête.
-Votre Excellence, que nous vaut le plaisir de recevoir l'illustre représentant de la lignée à Lémidla dans notre auberge?
-L'illustre hein? Je vous demanderai bien dans quoi j'ai pu m'illustrer mais nous n'avons pas le temps pour ça. Je ne passerai pas par quatre chemins, qu'avez-vous fait hier soir pendant la danse? Le prêtre avait maintenant abandonné son attitude joviale et attendait avec attention la réponse que les jumeaux allaient leur donner.
-Nous avons dansé, comme tous les jeunes. C'était sa soeur qui avait répondu froidement. Un éclair passa dans les yeux du prêtre.
-Jeune fille ne me prenez pas pour un imbécile. Ce que vous avez faits? Je vais vous le dire moi. Vous avez utilisé un pouvoir que seule la lignée d'Insouciance peut utiliser, prétendez-vous l'ignorer?
Au haussement de ton du prêtre, sa soeur s'était refermée sur elle-même et était plus crispée que jamais. Sentant la catastrophe imminente, son frère s'empressa de calmer les ardeurs du prêtre en lui répondant de la façon la plus honnête qu'il pût.
-Nous sommes des orphelins et n'avons reçu ni nom ni éducation. Nous ignorons tout des pouvoirs de la lignée et ignorons même jusqu'à notre propre peuple d'origine. Ce qui s'est passé hier soir, je ne saurai le dire. Toujours est-il que tout le monde était heureux et que chacun semblait s'amuser comme jamais.
Après un léger mouvement de recul a la mention qu'ils n'avaient pas de nom, le prêtre se resaisit et continua la conversation d'un ton léger, les yeux hagards.
-Des jumeaux orphelins sans nom... Voilà qui est étrange. Tout en réfléchissant, le prêtre se grattait la barbe. Cela lui donnait l'aspect d'un érudit et le jeune homme oublia un instant que la veille, le même homme avait donné de sa personne pour montrer ses capacités exceptionnelles à boire des litrons et à enchaîner les saucissons.
-Beaucoup de mystères restent à éclaircir sur ce monde, mais j'ai peut-être une idée. Vous n'avez toutefois pas conscience de ce qu'il se trame, ce qui vaut peut être mieux pour vous.
Sur ces mots, le regard du prêtre avait récupéré toute son intensité. Il se relevait maintenant pour partir.
-J'ai des lettres à envoyer et des études à mener. Je vous prierai de bien vouloir rester en ville.
Il n'attendit pas de réponse de la part des deux jeunes et s'en fût après avoir payé et salué Tom.
-Voilà qui est pour le moins inquiétant. Un prêtre qui s'intéresse à nous, il y a anguille sous roche. Je me demande s'il serait sage de faire ce qu'il dit et de rester ici. Qui sait ce qu'il pourrait nous faire. T'en penses quoi?
Sa sœur paraissait vouloir se trouver à milles kilomètres d'ici. Il est vrai que lorsqu'on a vécu et été traîné dans la boue toute sa vie, il devient plus qu'étrange qu'un homme si haut placé s'intéresse à deux âmes si insignifiantes telles que les leurs.
-Je ne sais pas quoi penser. Il est vrai que ce qui s'est passé hier n'était pas normal, on ne peut dire le contraire. Mais devrions nous lui faire confiance pour nous expliquer ce qu'il en est réellement? Je l'ignore. En tout cas, moins de gens sont au courant, mieux ça vaudra pour nous. Évitons d'en parler à Tom et Darmon pour le moment et vaquons à nos tâches habituelles pendant qu'on voit comment les choses évoluent.
Pour tuer le reste de la journée, le jeune homme voulu s'entraîner un peu au maniement des armes avec son maître, mais celui-ci le mettait sans cesse à terre, ce qui lui valait à chaque fois des remarques assassines quant à sa gestion des effets de l'alcool alors que lui, son maître, était aussi solide qu'a l'accoutumé. Pour se réconforter, il choisit de finir son entrainement par l'arbalète, son arme favorite. Malheureusement, il était si peu concentré qu'il ne parvint pas à toucher le centre de la cible et manqua de tuer une poule mal placée. Les propos du prêtre avaient soulevé plus de questions qu'ils n'avaient apportées de réponses. Sa sœur et lui faisaient-ils partie de la lignée d'Inscouciance? Cela lui semblait trop beau et improbable pour être vrai. La lignée représentait la royauté, le pouvoir, le respect. Choses auxquelles il n'avait jamais pensé. Tout ce qu'il souhaitait, c'était connaître son peuple d'origine pour un jour y retourner.
Ne pas avoir d'identité était un manque à leur personnalité. Chaque peuple avait comme principal attribut de se comporter généralement en fonction du sentiment dont il fait partie. Ainsi, le peuple d'Inscouciance avait tendance à être fainéant, fêtard, peu soucieux de leur avenir sur le long terme. Tandis que le peuple de l'Austérité était connu pour son travail irréprochable et sa discipline de fer. Ceux comme sa sœur et lui qui ignoraient leur origine n'étaient élevés à cultiver aucun instinct en particulier et ne se sentaient chez eux nulle part. C'est pourquoi il hésitait à exulter ouvertement de connaître enfin son peuple.
Il rangea le terrain d'entraînement, mit ses mains dans ses poches, prêt à aller voir ce que sa sœur faisait, mais il sentit le contact d'un morceau de papier. Il se souvint alors de l'inconnu qui le lui avait glissé en toute discrétion pendant la fête. Il le sortit et tenta de percer le mystère des symboles écrit dessus. Il y avait un seul mot, il en était certain. Il chercha dans plusieurs livres de la petite bibliothèque de Tom un mot identique à ces symboles. Après une heure de recherches, il trouva enfin ce qui l'intéressait. Il prit le livre avec lui pour faire traduire la phrase complète à Tom pour ne pas éveiller ses soupçons. Il le trouva dans la salle commune, bondée de monde, pleine de paysans venus exceptionnellement en ville pour la fête et pleine de marins à quais, déçu d'être arrivé qu'aujourd'hui et d'avoir loupé les festivités. Tom se trouvait avec un groupe d'entre eux et son rire tonitruant raisonnait dans la salle. Ce dernier était très fier de savoir lire et ne manquait jamais une occasion de le montrer à qui le voulait. Il fut d'abord étonné de cette requête venant du jeune homme, puis s'exécuta.
-Le Champion, dans une colère effroyable, fonça vers ses ennemis en hurlant "fuyez misérables fous, la Colère est en marche!" Tom suivait la ligne de l'index et décryptait lentement chaque mot, ce qui permit au jeune homme de savoir ce qu'il voulait.
-Eh bien mon garçon, c'est un bien drôle de passage que tu me fais lire là! Dépêche toi de le ranger, les livres c'est pas fais pour se mélanger avec l'alcool et le gras.
Il remercia Tom et s'en fut remettre le livre à sa place avant de partir vers la cuisine en tentant de paraître le plus décontracté possible. Il attira l'attention de sa soeur, occupé à faire une tarte aux pommes. Elle remarqua son inquiétude et quitta sa tâche.
-Un problème?
-Tu avais raison, on doit partir d'ici. J'ai un mauvais pressentiment.
 
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Si tu continues je crois que je vais attendre d'avoir toute l'histoire pour la lire d'un trait car à chaque fin je veux la suite ! Bravo !
 
"Fuyez." C'était le mot se trouvant sur le papier. Qui pouvait bien l'avoir écrit, et surtout, pourquoi? La manière dont il avait reçu le message, son propos, et le contexte dans lequel il l'avait découvert, l'incitaient à penser qu'il ne s'agissait pas d'une simple plaisanterie à prendre à la légère.
La menace venait-elle du prêtre d'Insouciance ou bien d'ailleurs? Le jeune homme nageait dans un tourbillon de questions. Son seul désire était maintenant de fuir, lui et sa sœur, de cette ville. Sa sœur ne semblait pas comprendre les raisons ayant poussé son frère à se décider, mais contesta aucunement son choix. Elle partit se préparer à un long voyage, emportant leurs maigres possessions avec eux. Le jeune homme partit prévenir Tom de leur départ immédiat. Malgré ses grands airs, Tom s'était vite attaché aux jumeaux et ses yeux s'embuèrent d'incompréhension devant ce départ si brusque. Il donna au jeune homme une petite bourse, et lui fit promettre de revenir dès que ses ennuis seraient terminés. Il ne chercha pas à comprendre ce qui motivait leur choix. Mais il parlait comme s'il savait que c'était la dernière fois qu'il s'adressait à lui.
Le jeune homme parti ensuite faire ses adieux à Darmon. Le forgeron n'était toutefois pas là et il décida de lui emprunter une épée. Cette fois-ci, c'est son propre regard qui se troubla, car il avait trouvé en ce brave forgeron, le père qu'il n'avait pas eu. Le forgeron arriva sur ces entrefaites et un maigre sourire vint lui effleurer les lèvres. Au contraire de l'aubergiste, le forgeron fît tout son possible pour le convaincre de rester. Il lui demanda de se confier, de lui dire s'il avait un problème avec des truands ou même la maréchaussée, mais le jeune homme s'était muré dans le silence. Résigné, Darmon lui donna l'arbalète que le jeune homme aimait tant manier, ainsi qu'un carquois plein de carreaux. Il lui confia aussi un beau poignard qu'il lui conseilla de donner à sa sœur plutôt que de le garder pour lui au vu de ses maigres talents au corps-à-corps. Il estimait qu'il avait plus de chance de s'empaler lui-même sur sa lame que d'embrocher un buisson. Sur cette dernière pique, le forgeron lui tourna le dos et retourna à son travail.
Le garçon était profondément ému de l'attention que leur portaient l'aubergiste et le forgeron. Jusqu'à maintenant, personne ne leur avait montré une telle preuve d'affection. Il rejoignit sa sœur qui trépignait d'impatience derrière l'auberge. Elle était chargée en provisions de voyage, sans doutes offerts par la cuisinière. Sa sœur et elle ne s'étaient jamais beaucoup parlé, mais parfois les mots ne sont que ce qu'ils sont, du vent, au contraire des actes. Ils se mirent d'accord pour partir en direction des navires, cela leur paraissait être la meilleure option pour s'éloigner le plus vite possible de cette ville devenue soudainement hostile.
Ils avaient à peine traversé deux rues, qu'un rugissement en provenance de l'auberge fit trembler la terre. Tous les passants, et eux-mêmes, furent projetés au sol dans le souffle de ce qu'il semblait être une explosion. Les jumeaux se relevèrent tant bien que mal et une vision apocalyptique se présenta à eux lorsqu'ils regardèrent ce qui restait de leur foyer récemment abandonné.
De l'imposante auberge, il ne restait que quelques piliers porteurs et les fondations. Le feu avait gagné les maisons voisines et un incendie s'y propageait maintenant. Des corps calcinés, sans vie, démembrés, jonchaient le sol. Le jeune homme crut reconnaître la stature imposante de Tom parmi les dépouilles, mais il ne l'aurait pas juré, tant les cadavres étaient méconnaissables. Sa sœur le sorti de son hébétude d'une claque, et ils accélèrent le pas dans l'espoir de trouver un capitaine d'équipage prêt à les engager ou à les prendre comme passager vers n'importe quelle destination tant qu'ils appareiller immédiatement.
Une cloche d'incendie résonnait à présent, le feu se répandait rapidement sur les maisons de bois. La majorité des habitants se précipitaient vers les puits, armée de leurs seaux, et formèrent une chaîne afin d'essayer de stopper ce qui était maintenant une fournaise.
Le port était approvisionné par de nombreux royaumes et toutes sortes de gens plus ou moins honnêtes. Les dockers inondaient en temps normal les quais pour décharger de précieuses marchandises ou au contraire pour en remplir les cales, tandis que matelots, escrocs et commerçant, parfois réuni en une seule personne, se mêlaient dans une joyeuse foule hétéroclite.
Toutefois, en arrivant sur les quais, les jumeaux sentirent l'air devenir lourd. Un brouillard opaque envahissait les quais qui étaient étrangement déserts. Quelque chose montait dans le corps du jeune homme. Quelque chose de primaire. Ce n'était plus de l'angoisse ou de l'inquiétude. C'était de la peur. Une voix commença à se faire entendre dans sa tête, cette voix fit resurgir en lui tous ses pires souvenirs. Sa sœur faisait face au même phénomène et était prostrée sur le sol, des larmes s'écoulaient de son visage. Le jeune homme se croyait perdu. Il n'avait plus aucun repère dans ce brouillard et réagissait à peine mieux que sa jumelle.
En cherchant quelque chose de matériel pour se raccrocher à la réalité, ses yeux s'arrêtèrent sur un homme masqué vêtu de noir. Le jeune homme ne put détacher son regard de son visage. Ce qu'il avait cru être un masque était en réalité un visage qui d'un instant à l'autre changeait totalement. Les traits passaient de ceux d'un homme dans la force de l'âge à celui d'une vieille femme, puis au visage d'un loup de mer ou encore celui d'un enfant.
Cette "chose" fît croître en lui plus encore sa peur irraisonnée. Le jeune homme secoua sa sœur, la prit par le bras et courut le plus loin possible de la créature qui fondait sur eux. Ils ne s'arrêtèrent de courir qu'au moment où ils crurent sortir enfin de cette nappe de brouillard, et de faire face à une rencontre des plus improbables.
Bradivalis, une lueur d'amusement dans le regard, se trouvait au milieu du brouillard étouffant. Le brouillard semblait ne pas s'approcher du prêtre, comme si ce dernier dégageait une aura pour créer une bulle protectrice. Derrière le prêtre, se trouvait un homme défiguré par l'explosion de l'auberge au vu la fraîcheur des blessures. Il tenait dans ses mains les rênes de quatre chevaux et était armé d'une épée courte à sa hanche et d'un bouclier rond dans son dos. L'homme ne montrait aucun signe de souffrance pour ses blessures, ou d'inquiétude face au brouillard et à la créature qui y rodait.
-Tiens donc, n'est-ce pas là nos jumeaux sans nom? Cherchiez-vous à fuir la ville? Au vu des circonstances, ce n'est peut-être pas une mauvaise idée me direz-vous...
En voyant le prêtre d'Insouciance et l'homme hideux derrière lui, la peur irraisonnée qui les tenaillait jusqu'à maintenant les poussa à fuir de nouveau dans le brouillard. Cependant, le prêtre semblait s'être souvenu de quelque chose puisque leur peur se réduisit à de l'inquiétude, la folie avait quitté leurs corps. Ils flottaient à présent dans une sorte d'extase, de rêve semi-éveillé, dans lequel l'homme défiguré les souleva avec une facilité déconcertante avant de les attacher à dos de cheval, sa sœur tenta bien d'échapper à son étreinte mais tout ce qu'elle y gagna, c'est d'avoir droit à un voyage vers le pays des songes. Le prêtre commençait à suer et à rougir sous l'effort d'un travail invisible et demanda dans un souffle à l'homme défiguré de prendre les rênes de son cheval. L'homme s'exécuta et ils partirent au galop à travers le brouillard.
Après un quart d'heure de course en ville, en croisant que quelques retardataires courant vers l'incendie, le brouillard se fît moins dense. Le prêtre, lessivé, s'endormi sur son cheval, il avait de toute évidence une confiance aveugle en l'homme qui les menait. Le jeune homme vit qu'ils arrivaient à une potence, où l'homme défiguré échangea quelques mots avec un garde. La porte s'ouvrit lentement, et des plaines s'étendaient à présent devant eux. Le brouillard avait maintenant totalement disparu mais l'homme continua de les faire galoper un long moment.
Une heure plus tard, la nuit commençait à tomber. L'homme défiguré se mit au trot. Peu de temps après, il se retourna vers le jeune homme et lui dit en ricanant:
-Eh bien mon garçon, j'aurais préféré que tu es eu affaire à de simples gardes ou criminelles!

La suite mettra probablement du temps à sortir puisque des choses me plaisent pas dans la partie 7 et je serai peut-être amené à refaire les parties 5 et 6.

Bisous :)
 
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Merci Billoutin de partager avec nous ton histoire! :)
J'ai hâte de lire la suite, tu as une idée approximative du temps dont tu as besoin pour nous la mettre au point?
 
Aucune idée, la suite que j'ai fais me plaisait pas et me semblait incohérente/clichée/sans originalité. Tant que j'aurai pas trouvé quelque chose me convenant je ne vous partagerai plus rien :confused:
 
oki, mais tu avait déjà commencé à écrire ton histoire avant d'd'être là ou quoi x) la vitesse à laquel tu ecris 0_0 sa doit te prendre beaucoup de temps !
 
J'avais fais le prologue et deux parties déjà avant oui, sinon je pense qu'en un après midi ou 2/3 soirées il est possible de faire quelque chose de sympa :) Après chacun y va à son rythme, c'est pas la vitesse qui compte mais la qualité de la rédaction!
 
oui, certain ne vont pas forcement aimer mon histoire car, je n'ai pas forcement beaucoup de temps alors cela pourrai pre'dre plusieurs semaines entre chaque chapitres ! En tout cas, même si le pavé m'a un peu fait peur, j'ai adoré et, le titre est assez intriguant je trouve :) tu pourrais être ecrivain ;)
 
C'est gentil mais absolument pas, j'ai trop de lacunes en terme de vocabulaire, d'orthographe ou tout simplement de formation littéraire. La preuve étant que je sais ce que je veux écrire, j'ai les idées, mais que je n'arrive pas à les mettre en forme alors que ça doit faire 4 pages à tout casser en terme de pages de romans :D Respect à ceux qui arrivent à en faire un millier!

Franchement prends tout ton temps pour écrire tes chapitres, il faut que ça soit un plaisir personnel avant tout et que tu sois comptant de ce que tu as fais. Une fois que tu as terminé tu te relis encore et encore pour changer un mot, corriger une faute, supprimer une répétition, etc!
 
oui,personnelemrnt' je demanderai à qqn de me donner sonavis avant de le oublier :p trop peur de faire une gaffe x)
 
Bon bah je profite de la sortie de la nouvelle section pour sortir la suite. En espérant que ça vous plaise :)

L'obscurité les entourait. Un maigre feu comme seule défense face aux ténèbres de la nuit. Ils s'étaient arrêté qu'une fois avoir atteint la forêt et le jeune homme était épuisé de cette course. L'adrénaline l'avait quitté et Darmon leur avait retiré leurs liens. Les membres encore engourdi, le jeune homme fit quelques pas pour permettre au sang de circuler plus facilement. Sa soeur et le prêtre dormaient toujours, allongés sur le sol.
Le jeune homme voulait faire quelque chose pour soigner Darmon ou au moins soulager sa probable douleur, mais celui-ci s'en fut chercher du bois en gloussant, sa bouche hideuse déformant davantage encore sa figure. "Si tu es aussi bon pour soigner les gens que pour te battre, je préfère rester dans cet état!" avait-il dit.
Le garçon n'arrivait pas à se remettre des événements chaotiques de la soirée. Il prit sa soeur dans ses bras, seul réconfort qu'il pouvait trouver, et s'adossa à un arbre. L'odeur de ses cheveux eut l'effet d'un calmant. Il la serra contre son coeur et il s'endormit rapidement, complet.
Ses rêves furent étonnamment sereins et Darmon les réveilla au beau milieu de la nuit. Sa soeur ne comprit évidemment pas la situation et était prête à sauter sur le grand brûlé mais le garçon lui apprit que l'homme défigué n'était autre que Darmon. Cela eut pour effet de déclencher une vague de tristesse et de compassion sur son visage, et d'apaiser ses inquiétudes quant à un éventuel kidnaping. Darmon leur dit qu'ils avaient intérêt à arrêter de s'apitoyer sur son sort, il ne risquait pas de mourir de ses brûlures, au contraire d'eux si l'homme au visage changeant les retrouvait. Il les encouraga de cette façon à se préparer rapidement. Bradivalis avait été hissé sur son cheval, toujours endormi. Le jeune homme interrogea Darmon sur son état et ce qui les avait attaqué et avait ravagé l'auberge la veille. Il eut pour seule réponse un silence éloquent en disant long sur la gravité de ce qu'il se passait.
Ils avaient les mains déliées contrairement à la veille, mais ne savaient absolument pas comment monter. Darmon jurait de la perte de temps qu'ils entrainaient et s'énervait de voir ses conseils appliqués n'importe comment pour leur faciliter la chevauchée. Les montures ressentaient la panique de leur cavalier et ajoutaient de la confusion.
Le terrain irrégulier de la forêt et la chevauchée nocturne n'était pas pour leur faciliter les choses. Le sol était trompeur et plusieurs fois les arbres s'ouvrirent sur de profondes crevasses d'un noir abyssales. Les bois étaient étrangement calmes et chaque fois qu'un bruit venait briser le silence religieux rythmé par les sabots des chevaux, ils sursautaient et parcouraient du regard leur entourage. Darmon paraissait quant à lui inébranlable et avançait avec certitude vers une destination connue de lui seul. Ils commencèrent à souffler qu'aux premières lueurs du jour. Darmon les mit au trot mais continuait d'avancer à un rythme soutenu à travers les arbres.
-On risque rien à avancer à l'aveugle dans ces bois? Le jeune homme voulait reprendre les choses en mains et combler son manque de connaissances sur les forêts. Après tout, ils ne chevaucheraient pas éternellement avec Darmon et Bradivalis, ces derniers n'avaient aucun droit sur eux et ils ne pouvaient les garder captifs. Ils partiraient dés que l'occasion s'en présentera.
-Qu'as-tu entendu dire sur les forêts mon garçon? L'homme semblait ouvert à la discussion sur ce sujet. C'était mieux que rien.
-Qu'elles étaient dangereuses, habités par des animaux, monstres et bandits prêts à dévorer ou détrousser les voyageurs imprudents.
-Ha! Ces paysans et leurs fables pour enfants. Ce que tu considère comme des monstres ne sont en réalité que des animaux méconnus, dangereux et mortel certes, mais des animaux tout de même. Ils ne sont pour la plupart pas aussi intelligents que les humains et ils n'obéissent la majorité du temps qu'a leurs instincts. Manger, dormir, se reproduire sont leurs seules préoccupations. Il suffit de savoir lire les signes que nous laissent la nature pour en connaître ses dangers. Regarde par exemple de ce côté. Que vois-tu?
Le jeune homme regarda dans la direction indiquée par Darmon et tenta d'y découvrir une quelconque créature de légende. Il ne vît rien d'impréssionnant et la deception se lisait sur son visage..
-Je ne comprends pas...
-Regarde le sol et la forme des branches. Sa soeur avait apparemment trouvé quelque chose digne de son intérêt.
-Ta soeur est bien plus attentive que toi. En effet, sur le sol se trouvent des excréments de la taille de ma main, de plus il y a un trou de taille imposante entre ces deux arbres. Une partie de l'écorce a été arrâché et des poils se trouvent à leurs pieds. Qu'en déduisez-vous?
-Que quelque chose de grande taille s'est frotté aux arbres. Un animal tel qu'un ours peut être?
Sa jumelle semblait apprécier le jeu et apprendre bien plus vite que lui. Malgré ses efforts, il ne voyait les indices que difficilement et parce qu'on lui disait où les trouver.
Darmon leur expliqua dans les jours qui suivirent comment se repérer en forêt, trouver de la nourriture et piéger du gibier, quel était le meilleur bois pour faire des feux de camp, détecter quels étaient les animaux qui fréquentent le territoire, ou encore quelles fleurs et plantes pouvaient être utile pour soigner des maux ou éloigner les indésirables et nuisibles une fois enflammés. Le jeune homme n'était pas sûr d'avoir tout retenu, mais il appréciait ces instants d'éducation. Lui qui n'avait jamais reçu d'instruction.
Les connaissances du grand brûlé sur tous ces sujets étonnaient le jeune homme qui n'avait toujours vu en lui qu'un simple forgeron très doué à l'épée. Il se demandait s'il ne les trompait pas sur son identité et si oui, pourquoi se cacher?
Une semaine de chevauchée avait eu lieu depuis l'incident à Lémidla sans qu'aucun signe de poursuite se fasse sentir. Les bois ne faisaient malgré tout pas mine de s'arrêter. Le jeune homme avait été fier de lui, il avait, dans la matiné, réussi à toucher un lièvre de son arbalète pour la première fois. Darmon l'avait félicité en profitant de l'occasion pour lui apprendre à dépecer l'animale et à le préparer, ce qui l'avait refroidi et laissé un goût amer dans la bouche. "On tue pas les animaux par plaisir, on les tue pour manger. Si tu n'es pas capable de préparer l'animal que tu élimines, ne le tue pas et contentes toi de plantes et de racines." sermonna-t-il. Après cet interlude, il lui avait confié les rênes du prêtre, toujours inconscient.
L'après-midi avançait doucement avec une chaleur douce qui leur remontait le moral à sa soeur et lui. Ils s'habituaient à cette nouvelle façon de vivre. Ils participaient activement à l'installation du campement le soir venu et avalaient toutes les connaissances que Darmon avait à leur partager pendant qu'ils chevauchaient la journée. Il refusait toutefois, malgré tout leurs efforts ruses et astuces, de leur dire ce qu'ils fuyaient, sous prétexte que ce n'était pas à lui de le leur dire. Sa peau cicatrisait très lentement et le jeune garçon craignait qu'une infection ou autre maladie atteigne son maître.
C'est sur cette pensée que Bradivalis se réveilla. Il sursauta au contact de la main du prêtre sur son épaule. "À manger" lui dit-il d'une voix faible. Le prêtre n'avait pas mangé depuis une semaine et Darmon n'avait pu que lui verser de l'eau dans le gosier pour le maintenir en vie. Le garçon s'empressa de prévenir sa soeur et Darmon de son réveil, occupé un peu plus en avant à bavarder. Ils mirent pied-à-terre, le garçon aida le prêtre à descendre avant de l'asseoir et de lui tendre un quignon de pain, du fromage et une gourde d'eau. Le prêtre dévora tout en quelques instants et en redemanda. Il avala ainsi quatre portions normales et réclama du vin. Il fronça les sourcils en apprenant qu'ils n'en avaient pas avec eux et ferma les yeux de longues minutes. Le garçon cru que le prêtre s'était de nouveau endormi, mais ce dernier se leva et paraissait aussi sûr de lui qu'a l'accoutumé, comme s'il n'avait pas dormi une semaine entière sans raison apparente.
-Bien, nous sommes encore en vie. Je suppose donc que nous avons réussi à nous échapper.
-Quel sens de l'observation... Le jeune homme ne put se retenir de rire ouvertement à la remarque de sa soeur, et même Darmon grimaça un sourire.
-Tu es fort peu reconnaissante envers ton sauveur jeune fille. Je suppose que Darmon ne vous a rien dit comme je lui avais demandé. Je vais donc tenter de vous expliquer en partie dans quoi vous vous êtes fourré ton frère et toi.
 
Pas mal, pas mal du tout, Billoutin, pour quelqu'un qui prétend avoir des lacunes en vocabulaire!
Je ne suis pas non plus une experte un littérature, mais j' apprécie de te lire.
Je m' interroge cependant sur le narrateur du prologue, mais cette Peur que tu évoques est ensuite plusieurs fois citée dans ton récit, elle y est même omniprésente. Ton histoire est pleine de mystères, les éléments nouveaux apparaissent progressivement et nous tiennent en haleine. Au diable les descriptions sur l' auberge, la ville, je trouve que l' histoire en elle même suffit.

Moi aussi j' attends la suite, néanmoins prends le temps, j' attendrai le temps qu' il faudra...
 
Merci à vous deux :) Les descriptions ne sont effectivement pas mon fort malgré tous mes efforts ;(

-La Peur s'est mise en mouvement. Vous n'êtes pas sans savoir que sa grande victoire d'il y a dix-huit ans a eut pour effet de rompre l'équilibre entre les royaumes. La lignée de la Peur traque les membres des autres lignées isolés dans le but d'affaiblir leurs royaumes et de passer à l'attaque. Son opposé ayant disparu, il nous est désormais impossible de contrebalancer son pouvoir. Ils ont de nombreux espions et manipulent des royaumes de l'intérieur. Jusqu'à maintenant, Insouciance n'avait jamais eut affaire avec eux...
-Un instant! C'était le jeune homme qui l'interrompait. Vous voulez dire que nous faisons partie de la lignée d'Insouciance ma sœur et moi? Vous en êtes sûr?
Le prêtre semblait hésiter à leur répondre. Il abdiqua tout de même devant les regards pleins d'attente des deux jeunes adultes.
-Non, vous n'en faites définitivement pas partis.
De colère, sa sœur lui intima de s'expliquer, lui qui une semaine plus tôt leur avait dit qu'ils maîtrisaient les pouvoirs de la lignée.
-Vous avez effectivement en vous les pouvoirs de la lignée d'Insouciance, mais vous n'avez pas de liens de sang avec les membres de la famille royale. Je n'ai moi-même aucune explication à cela, mais j'en ai la certitude. Vous n'en faîtes pas partie.
Les jumeaux échangèrent un regard désabusé. Toutes leurs hypothèses se réduisaient à néant en une simple phrase. Sa sœur continua;
-Dans ce cas pourquoi nous avoir aidés? N'aurait-il pas été plus prudent pour vous de nous laisser mourir? Et puis d'abord quelles sont vos intentions vis-à vis-de nous? Pourquoi avez-vous dormi une semaine? Qui sommes nous? Pour... Darmon assomma d'un coup de poing, une fois encore, sa sœur qui commençait à s'énerver plus qu'un peu face au visage inexpressif du prêtre.
-Ce n'était pas nécessaire Darmon, j'aurais pu lui répondre, en partie. Nous continuerons cette discussion plus tard. Je dois me reposer encore un peu.
Le garçon protesta qu'il avait déjà dormi une semaine entière mais trop tard, Bradivalis s'était déjà endormi.
-En dire autant et ne rien dire... Quel être cruel.
-Il faut que tu l'excuses, il a fait un grand effort pour vous répondre, je m'attendais à ce qu'il se rendorme aussitôt après avoir mangé.
Les deux journées suivantes s'écoulèrent sans incidents marquants pour le jeune homme, hormis quelques hurlements de loups lointains une fois la nuit venue. Sa sœur boudait Darmon pour l'avoir assommé. Celui-ci s'en fichait éperdument. Darmon faisait ce qu'il avait à faire. On aurait dit qu'il n'avait pas d'envies propres, pas d'âme.
Les bois s'éclaircirent et laissèrent place à une magnifique vue sur une cuvette dans laquelle se trouvait un petit village où fumaient les cheminées. Darmon hésitait à y aller pour faire le plein de provisions et passer la nuit dans l'auberge, mais ils n'avaient plus grand-chose à manger et les deux jumeaux étaient éreintés par ces journées à voyager et à dormir à même le sol. Le temps d'arriver à l'entrée du village, la nuit était presque sur eux. Ils eurent droit aux regards suspicieux et méfiants des habitants du patelin.
Ils devaient rarement voir des voyageurs, cachés comme ils étaient dans cette forêt. Darmon les laissa se charger de trouver l'auberge et partit trouver des vivres. Le jeune homme demanda son chemin plusieurs fois mais les villageois pressaient le pas et les ignoraient. Ils finirent par trouver l'auberge grâce à une enseigne défraîchie représentant vaguement un homme avec une chope à la main. Sa sœur était en alerte.
-Cet endroit est malsain... Tu entends?
-Quoi? Le jeune homme tendit l'oreille et n'entendit rien.
-Le silence. Il y a pas d'enfants en train de jouer, de femmes en train de bavarder sur le seuil des maisons, d'hommes en train de fainéanter et de se ruer à l'auberge. De plus, ils ont tous une capuche. Quelque chose ne va pas dans ce village.
Ils entrèrent dans l'auberge et virent enfin un visage à peu près joyeux, celui de l'aubergiste.
-Bienvenue dans notre modeste auberge, voyageurs, vos lits sont prêt, mon garçon va s'occuper de vos chevaux. Vous pouvez vous asseoir dans la salle, on va vous apporter à manger et à boire en attendant votre ami. Ils s'exécutèrent sans mot dire après avoir traîné Bradivalis jusqu'à son lit.
Les deux jeunes parlaient à voix basse à présent et s'inquiétaient de voir cet homme si bien informé. Ils mirent ça sur le fait d'être les premiers étrangers depuis longtemps et que la rumeur de leur arrivée les avait précédé. Après avoir échangé quelques mots anodins, ils se restaurèrent en silence. Darmon ne revenait toujours pas. Quant à l'aubergiste, il regardait avec nostalgie le ciel étoilé où les deux lunes inondaient de leur éclat rouge et bleu un ciel dégagé.
-C'est assez, je vais voir ce que fait Darmon, il met trop de temps et tous les commerces sont fermés à cette heure-ci. Sa sœur sauta sur ses pieds et courut vers la sortie. Le jeune homme la suivit mais trop tard, il l'avait perdu de vue. Sur le palier de la porte, il jeta un œil vers l'aubergiste qui le regardait avec... tristesse? Il ne savait pas où chercher sa sœur, pas un son résonnait dans les rues.
Il voyait une intense lumière provenir de l'extérieur du village, il s'en approcha et constata avec stupeur que tous les habitants s'y trouvaient. Tous encapuchonnés et tournés vers les lunes, dos à lui. Une douce complainte dans une langue inconnue commença à être entonné. Le jeune homme se fit à ce moment-là claquer contre un mur, une main lui bloquant ses bras, une autre main sur sa bouche. C'était Darmon, il lui faisait signe de la tête qu'ils devaient partir immédiatement sans un bruit. De retour à l'auberge, le tenancier avait disparu et sa sœur n'était toujours pas là. Darmon l'intima de la retrouver pendant qu'il s'occuperait de leurs chevaux et du prêtre.
De retour à l'extérieur, la lumière des torches et des braseros avaient disparu. Il entendit sa sœur crier de douleur ou de frayeur d'un côté du village, il s'y précipita et la vit, encerclé par trois créatures colossales se tenant sur leurs pattes arrière, rugissant entre eux dans un langage mystérieux. Sa sœur était évanouie, et les monstres allaient la dévorer, c'est la seule pensée qui le traversa.
À cette vision, son sang se mit à bouillir. Sa raison disparaissait pour laisser place à un sentiment de haine. Non, ce n'était pas une simple haine, c'était de la colère à l'état sauvage. Il écumait de rage envers ces créatures sur le point de massacrer celle qui était tout pour lui. Il bavait sur le sol, les veines de ses yeux se gonflaient faisant devenir rouge écarlate son iris, des flammes jaillirent de ses yeux et toute trace d'humanité l'avait abandonné. Sa musculature gonflait de manière anormale et il grossit jusqu'à faire la taille des êtres lui faisant face. Une fois au paroxysme de sa folie meurtrière, il passa à l'attaque, un rire démoniaque martelant le silence de la nuit.
 
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.
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