DeletedUser199
Main dans la main, ils se frayèrent un chemin à travers les badauds. La jeunesse de Lémidla s'était rassemblée autour d'un grand feu de joie en plein centre de la place. Les plus jeunes appréhendaient le faux pas qui ferait rire les spectateurs, tandis que les plus vieux semblaient être suffisamment confiants pour donner l'exemple.
Le jeune homme prit place avec sa sœur, prêt à vibrer au son de la musique et à maintenir le rythme durant une heure. Ils n'avaient jamais dansé, mais avaient observé chaque année le tourbillon d'extase qui s'emparait du cercle de danseurs.
Le prêtre de l’Insouciance, déjà bien rouge, fit son discours en souhaitant longue vie à la lignée du Champion et en demandant à chacun de profiter des instants présents et des plaisirs de la vie. Le garçon eut plus l'impression d'un discours d'ivrogne que celui d'un représentant de la lignée. Il applaudit tout de même une fois l'interminable sermon terminé, emporté par le sentiment festif plus que par la ferveur du peuple.
Le premier coup de tambour se fit entendre, les danseurs se mirent en place. Une main dans le dos, l'autre jointe à la main du partenaire. Le jeune homme et sa sœur se mirent à bouger à l'unisson, au rythme lent des tambours. D'instinct, leurs jambes commencèrent à se délier et à frapper le sol de leurs talons. Le rythme commença à s'accélérer, les danseurs firent tourner leur partenaire, tout en continuant à frapper le sol du talon.
Après quinze minutes de danse sereine, les mains se délièrent. Toujours avec entrain, les partenaires féminines s'éloignèrent d'une dizaine de pas, prêtes à observer le spectacle qui allait suivre, tout en continuant de jouer des talons.
Les hommes se firent face, des regards mauvais s’échangèrent. Ils se rapprochèrent les uns des autres pour créer une mêlée savamment chorégraphiée. Le rythme accéléra encore. Le garçon déjà en sueur senti une montée d'adrénaline le parcourir devant le sentiment général d'animosité autour de lui. Cette mêlée symbolisait la séparation des époux et de leurs femmes lorsqu'ils partaient à la guerre affronter leur voisin et ennemi de toujours. La brutalité de la guerre et la force physique, remplacé ici par la grâce et la capacité à suivre la vitesses des instruments de musiques.
Le rythme ralentit, les femmes rejoignirent leurs hommes sur la piste, prenant leurs visages des deux mains. Les couples s’embrassèrent sur les lèvres, les autres sur le front.
-Je m'attendais à te voir tomber, tu es plutôt bon danseur tu sais? Souffla sa sœur avant de lui donner la récompense des survivants.
Son frère s'aperçut en effet que durant la mêlée, la majeure partie des hommes étaient tombés à cause du rythme effréné et des mouvements de danses compliqués. Ils n'étaient qu'une dizaine sur plus de cinquante à avoir tenu bon. Les hommes ayant chuté, sortaient provisoirement du cercle, déçu de ne pas avoir eu le baiser des vainqueurs.
Les couples survivants se rapprochèrent les uns des autres et entamèrent la danse de la réunion, les partenaires féminines passaient d'une main à l'autre tandis que les hommes déposaient un baiser sur la main de chaque nouvelle partenaire pour lui marquer son respect.
Le jeune homme fut étonné de voir plus d'une femme rougir face à lui. Sa taille, la finesse de ses traits, et sa grâce avaient en effet tous pour charmer ces jeunes femmes euphoriques et heureuses d'échanger des pas de danses avec un si bel homme. Il jeta un œil à sa sœur, et s'aperçut que les hommes réagissaient de la même manière avec elle. Quand elle revint à lui, il constata effectivement qu'elle était d'un bien meilleur niveau que toutes les autres danseuses. Une aura de quiétude semblait planer autour d'elle, son sourire et ses yeux rieurs remontaient le moral à quiconque déposait ses yeux sur elle. Ils ne se quittaient plus du regard maintenant, leurs pas devinrent flous, ils semblaient abandonner leur unité pour fusionner de corps et d'esprit. Le monde s'arrêta pour eux en cet instant, plus rien ne comptait à part la musique, la danse et leur partenaire.
Plus tard, la musique se tut sur une note triomphante, tous les couples revenus entre-temps sur la piste crièrent et applaudirent, de même que les spectateurs devenus hystériques.
Le garçon sentait sur lui et sa sœur tous les regards, il ne comprenait pas ce qui s'était passé. Il tenta de s'éloigner du centre d'attention en se mêlant à la foule, sa sœur en main, mais la foule s'écartait pour les laisser passer. Certains baissaient la tête en signe de respect, d'autres leur firent la révérence, mais la grande majorité se contentait de les acclamer. Il se mit à hurler en direction de sa sœur pour couvrir le tapage:
-Bon sang, tu comprends ce qui se passe toi? Le garçon semblait paniquer devant cette foule en délire.
-Aucune idée, mais arrête de fuir, profite simplement du moment!
Elle l'entraîna vers le centre de la place où de nombreux danseurs, jeunes et moins jeunes les rejoignirent et se remirent à danser. L'hystérie générale se calma progressivement après une autre demi-heure de danse endiablée.
Épuisé, le couple s'installa à une table et commença à festoyer. Le frère commençait à boire et chanter avec un groupe de joyeux lurons, tandis que sa sœur sympathisait avec des jeunes filles de son âge dont le principal sujet de conversation semblait être son frère. Les festivités se déroulèrent un long moment sans accrocs, chacun semblait profiter de chaque danse, chant, vin et regards en douce. Jusqu'à ce que le jeune homme sente un léger contact sur l'une de ses poches. Le temps qu'il se retourne, il eut juste le temps de voir le coin d'une cape disparaître dans la foule. Il tâta sa poche pour vérifier s'il ne s'était pas fait détrousser, mais n'y trouva qu'un morceau de papier sur lequel des inscriptions étaient marqués. Ne sachant lire, et trop occupé à écouter les blagues salaces de Mr Malpropre et les bons mots de Darmon venus le rejoindre au cours de la soirée, il remit à plus tard le décryptage du message qu'on lui avait glissé en toute discrétion.
Au lever du jour, les habitants commencèrent à rentrer chez eux, certains en titubant, d'autres en chantant, tandis que d'autres s'endormaient au milieu des rues ou sur les tables de la grand place. Chacun allait se reposer à sa manière toute la journée durant avant de s'attaquer le lendemain au grand nettoyage collectif des saletés qu'engendrent inévitablement de tels rassemblements.
La sœur du jeune homme dû le traîner jusqu'à sa chambre tant celui-ci avait bu, ce qui attirait tous les rires des hommes encore debout et les menaces de leurs femmes si jamais elles devaient les traîner un jour de cette façon jusqu'à la maison.
Ils dormirent jusqu'au milieu de l'après-midi, où la voix tonitruante de l'aubergiste le réveilla en sursaut "Bougez vos miches les jeunes y'a quelqu'un qui veut vous voir!"
Un méchant mal de crâne l'assaillit de suite et il regretta instantanément d'avoir agit comme un débauché. Après plusieurs instants qu'il passa à se masser le crâne dans le vain espoir d'enlever la douleur, il fut étonné de trouver sa sœur dans son lit. Ils n'avaient pas dormi ensemble de cette manière depuis qu'ils logeaient dans l'auberge. Etre en contact avec sa sœur lui procurait toujours calme et sérénité, comme s'il était incomplet s'il en était éloigné. Il tenta de la réveiller en secouant doucement son épaule, mais peine perdue.
Même épuisée, sa sœur avait gardé tous ses réflexes. Elle fit un bond sur elle même et un couteau jaillit de nulle part, prêt à lui trancher la gorge.
-Bonjour a toi aussi ma chère sœur, heureux de te voir au mieux de ta forme!
-Et toi ton dos a pris la forme des pavés? Espèce d'imbécile, j'ai cru que t'étais mort quand je t'ai vu tomber de la table pendant ton "duel" avec Darmon et que tu te relevais pas. Je te raconte pas la honte que tu m'as faits subir quand j'ai dû te traîner jusqu'à l'auberge!
-Heu oui, peut-être... Je m'en souviens plus trop. Au fait, quelqu'un veut nous voir apparemment, c'est pour ça que je t'ai réveillé.
-Change de conversation t'as raison. Cependant... Je ne vois pas qui pourrait vouloir nous parler. J'espère que ce n'est pas à cause de la danse d'hier soir.
-On verra bien, dépêche-toi de te préparer. Tu peux retirer ça de ma gorge maintenant?
Hésitant entre jouer encore un peu de sa domination ou libérer son frère, sa sœur rangea finalement son arme et partit vers sa chambre pour enfiler ses habits habituels, plus discrets. Quant à lui, encore fatigué, il n'eut pas le courage de se changer et se contenta d'aller vers la cuisine pour y chercher de la nourriture pour éponger en attendant son retour. Celle-ci revint quelques minutes plus tard.
-C'est bon, je suis prête! Arrête de te goinfrer pendant qu'on nous attend, ça fait déjà un moment que Tom nous a appelé.
Après avoir pris tout de même le temps de finir les restes d'un jambon sous le regard excédé de sa sœur, le jeune homme la suivit jusqu'à la salle commune, où le prêtre d'Insouciance, un pichet à la main, les regarder avec un sourire énigmatique.
Le jeune homme prit place avec sa sœur, prêt à vibrer au son de la musique et à maintenir le rythme durant une heure. Ils n'avaient jamais dansé, mais avaient observé chaque année le tourbillon d'extase qui s'emparait du cercle de danseurs.
Le prêtre de l’Insouciance, déjà bien rouge, fit son discours en souhaitant longue vie à la lignée du Champion et en demandant à chacun de profiter des instants présents et des plaisirs de la vie. Le garçon eut plus l'impression d'un discours d'ivrogne que celui d'un représentant de la lignée. Il applaudit tout de même une fois l'interminable sermon terminé, emporté par le sentiment festif plus que par la ferveur du peuple.
Le premier coup de tambour se fit entendre, les danseurs se mirent en place. Une main dans le dos, l'autre jointe à la main du partenaire. Le jeune homme et sa sœur se mirent à bouger à l'unisson, au rythme lent des tambours. D'instinct, leurs jambes commencèrent à se délier et à frapper le sol de leurs talons. Le rythme commença à s'accélérer, les danseurs firent tourner leur partenaire, tout en continuant à frapper le sol du talon.
Après quinze minutes de danse sereine, les mains se délièrent. Toujours avec entrain, les partenaires féminines s'éloignèrent d'une dizaine de pas, prêtes à observer le spectacle qui allait suivre, tout en continuant de jouer des talons.
Les hommes se firent face, des regards mauvais s’échangèrent. Ils se rapprochèrent les uns des autres pour créer une mêlée savamment chorégraphiée. Le rythme accéléra encore. Le garçon déjà en sueur senti une montée d'adrénaline le parcourir devant le sentiment général d'animosité autour de lui. Cette mêlée symbolisait la séparation des époux et de leurs femmes lorsqu'ils partaient à la guerre affronter leur voisin et ennemi de toujours. La brutalité de la guerre et la force physique, remplacé ici par la grâce et la capacité à suivre la vitesses des instruments de musiques.
Le rythme ralentit, les femmes rejoignirent leurs hommes sur la piste, prenant leurs visages des deux mains. Les couples s’embrassèrent sur les lèvres, les autres sur le front.
-Je m'attendais à te voir tomber, tu es plutôt bon danseur tu sais? Souffla sa sœur avant de lui donner la récompense des survivants.
Son frère s'aperçut en effet que durant la mêlée, la majeure partie des hommes étaient tombés à cause du rythme effréné et des mouvements de danses compliqués. Ils n'étaient qu'une dizaine sur plus de cinquante à avoir tenu bon. Les hommes ayant chuté, sortaient provisoirement du cercle, déçu de ne pas avoir eu le baiser des vainqueurs.
Les couples survivants se rapprochèrent les uns des autres et entamèrent la danse de la réunion, les partenaires féminines passaient d'une main à l'autre tandis que les hommes déposaient un baiser sur la main de chaque nouvelle partenaire pour lui marquer son respect.
Le jeune homme fut étonné de voir plus d'une femme rougir face à lui. Sa taille, la finesse de ses traits, et sa grâce avaient en effet tous pour charmer ces jeunes femmes euphoriques et heureuses d'échanger des pas de danses avec un si bel homme. Il jeta un œil à sa sœur, et s'aperçut que les hommes réagissaient de la même manière avec elle. Quand elle revint à lui, il constata effectivement qu'elle était d'un bien meilleur niveau que toutes les autres danseuses. Une aura de quiétude semblait planer autour d'elle, son sourire et ses yeux rieurs remontaient le moral à quiconque déposait ses yeux sur elle. Ils ne se quittaient plus du regard maintenant, leurs pas devinrent flous, ils semblaient abandonner leur unité pour fusionner de corps et d'esprit. Le monde s'arrêta pour eux en cet instant, plus rien ne comptait à part la musique, la danse et leur partenaire.
Plus tard, la musique se tut sur une note triomphante, tous les couples revenus entre-temps sur la piste crièrent et applaudirent, de même que les spectateurs devenus hystériques.
Le garçon sentait sur lui et sa sœur tous les regards, il ne comprenait pas ce qui s'était passé. Il tenta de s'éloigner du centre d'attention en se mêlant à la foule, sa sœur en main, mais la foule s'écartait pour les laisser passer. Certains baissaient la tête en signe de respect, d'autres leur firent la révérence, mais la grande majorité se contentait de les acclamer. Il se mit à hurler en direction de sa sœur pour couvrir le tapage:
-Bon sang, tu comprends ce qui se passe toi? Le garçon semblait paniquer devant cette foule en délire.
-Aucune idée, mais arrête de fuir, profite simplement du moment!
Elle l'entraîna vers le centre de la place où de nombreux danseurs, jeunes et moins jeunes les rejoignirent et se remirent à danser. L'hystérie générale se calma progressivement après une autre demi-heure de danse endiablée.
Épuisé, le couple s'installa à une table et commença à festoyer. Le frère commençait à boire et chanter avec un groupe de joyeux lurons, tandis que sa sœur sympathisait avec des jeunes filles de son âge dont le principal sujet de conversation semblait être son frère. Les festivités se déroulèrent un long moment sans accrocs, chacun semblait profiter de chaque danse, chant, vin et regards en douce. Jusqu'à ce que le jeune homme sente un léger contact sur l'une de ses poches. Le temps qu'il se retourne, il eut juste le temps de voir le coin d'une cape disparaître dans la foule. Il tâta sa poche pour vérifier s'il ne s'était pas fait détrousser, mais n'y trouva qu'un morceau de papier sur lequel des inscriptions étaient marqués. Ne sachant lire, et trop occupé à écouter les blagues salaces de Mr Malpropre et les bons mots de Darmon venus le rejoindre au cours de la soirée, il remit à plus tard le décryptage du message qu'on lui avait glissé en toute discrétion.
Au lever du jour, les habitants commencèrent à rentrer chez eux, certains en titubant, d'autres en chantant, tandis que d'autres s'endormaient au milieu des rues ou sur les tables de la grand place. Chacun allait se reposer à sa manière toute la journée durant avant de s'attaquer le lendemain au grand nettoyage collectif des saletés qu'engendrent inévitablement de tels rassemblements.
La sœur du jeune homme dû le traîner jusqu'à sa chambre tant celui-ci avait bu, ce qui attirait tous les rires des hommes encore debout et les menaces de leurs femmes si jamais elles devaient les traîner un jour de cette façon jusqu'à la maison.
Ils dormirent jusqu'au milieu de l'après-midi, où la voix tonitruante de l'aubergiste le réveilla en sursaut "Bougez vos miches les jeunes y'a quelqu'un qui veut vous voir!"
Un méchant mal de crâne l'assaillit de suite et il regretta instantanément d'avoir agit comme un débauché. Après plusieurs instants qu'il passa à se masser le crâne dans le vain espoir d'enlever la douleur, il fut étonné de trouver sa sœur dans son lit. Ils n'avaient pas dormi ensemble de cette manière depuis qu'ils logeaient dans l'auberge. Etre en contact avec sa sœur lui procurait toujours calme et sérénité, comme s'il était incomplet s'il en était éloigné. Il tenta de la réveiller en secouant doucement son épaule, mais peine perdue.
Même épuisée, sa sœur avait gardé tous ses réflexes. Elle fit un bond sur elle même et un couteau jaillit de nulle part, prêt à lui trancher la gorge.
-Bonjour a toi aussi ma chère sœur, heureux de te voir au mieux de ta forme!
-Et toi ton dos a pris la forme des pavés? Espèce d'imbécile, j'ai cru que t'étais mort quand je t'ai vu tomber de la table pendant ton "duel" avec Darmon et que tu te relevais pas. Je te raconte pas la honte que tu m'as faits subir quand j'ai dû te traîner jusqu'à l'auberge!
-Heu oui, peut-être... Je m'en souviens plus trop. Au fait, quelqu'un veut nous voir apparemment, c'est pour ça que je t'ai réveillé.
-Change de conversation t'as raison. Cependant... Je ne vois pas qui pourrait vouloir nous parler. J'espère que ce n'est pas à cause de la danse d'hier soir.
-On verra bien, dépêche-toi de te préparer. Tu peux retirer ça de ma gorge maintenant?
Hésitant entre jouer encore un peu de sa domination ou libérer son frère, sa sœur rangea finalement son arme et partit vers sa chambre pour enfiler ses habits habituels, plus discrets. Quant à lui, encore fatigué, il n'eut pas le courage de se changer et se contenta d'aller vers la cuisine pour y chercher de la nourriture pour éponger en attendant son retour. Celle-ci revint quelques minutes plus tard.
-C'est bon, je suis prête! Arrête de te goinfrer pendant qu'on nous attend, ça fait déjà un moment que Tom nous a appelé.
Après avoir pris tout de même le temps de finir les restes d'un jambon sous le regard excédé de sa sœur, le jeune homme la suivit jusqu'à la salle commune, où le prêtre d'Insouciance, un pichet à la main, les regarder avec un sourire énigmatique.
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