Concours écrit de l’Amour - Discussions & Sondage

  • Auteur de la discussion DeletedUser426
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Qu'elles sont vos écrits préférés ?

  • Écrit N°1

    Votes: 14 28,0%
  • Écrit N°2

    Votes: 4 8,0%
  • Écrit N°3

    Votes: 4 8,0%
  • Écrit N°4

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°5

    Votes: 4 8,0%
  • Écrit N°6

    Votes: 9 18,0%
  • Écrit N°7

    Votes: 3 6,0%
  • Écrit N°8

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°9

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°10

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°11

    Votes: 3 6,0%
  • Écrit N°12

    Votes: 12 24,0%
  • Écrit N°13

    Votes: 4 8,0%
  • Écrit N°14

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°15

    Votes: 4 8,0%
  • Écrit N°16

    Votes: 11 22,0%
  • Écrit N°17

    Votes: 7 14,0%
  • Écrit N°18

    Votes: 3 6,0%
  • Écrit N°19

    Votes: 9 18,0%
  • Écrit N°20

    Votes: 2 4,0%
  • Écrit N°21

    Votes: 14 28,0%

  • Total de votants
    50
  • Sondage fermé .
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.

Chipiechat

Bravo, bravo ! Il y a vraiment beaucoup de gens bons... Ca c'est de l'art, mes cochons ! Les vainqueurs, au sein doux de la gloire, se frottent la couenne ! ils ont sortis leurs tripes ! aïe ! seuls boudent, hein, les sots'y sonnent !
Jarret te là mes louanges charcutières Bravo aux vainqueurs, honneur à tous

Et merci pour les Diams !
 
Dernière édition par un modérateur:

PriissL

Félicitations à tous les participants c'était un concours très sympa ! Et qui a été aussi très inspirant pour moi :)
Pour ma part, j'ai participé avec l'écrit n°6 : Sur le parvis de Notre Dame

Et pour ceux qui aimeraient connaître la suite..

Le messager s’engouffra dans la forêt profonde, surveillant sans cesse ses arrières. Il tomba au pied du Major Oak, ce chêne marqué par le temps et la vie animale dont le tronc craquelé témoignait des années écoulées. Il siffla une fois. Les branches grésillèrent en guise de réponse. Il réitéra son appel et une corde apparut, suspendue dans le vide, puis se balança pour déposer le destinataire à quelques mètres d’ici.

“Quelles sont les nouvelles ?
  • Au sud du comté, un convoi est en route pour Nottingham, il essaiera de contourner la forêt, il faudra compter quatre jours.

  • Juste assez de temps pour le retour des éclaireurs. Autre chose ?

  • De nouveaux avis de recherche te concernant, et trois lettres, dit-il, en lui tendant une besace. L’une vient de loin. Ton nom a fini par percer plus loin que les comtés voisins.”
Le bandit en cavale s’empara de la sacoche de cuir avec poigne dans un silence, la vida et la lança à plusieurs mètres derrière le messager.

“Surveille le convoi, et reviens dans deux jours.” Dit-il. Il s’évapora dans un souffle, couvert par les vibrations du Major Oak


***​


Niché dans les branches de l’arbre, le hors-la-loi sonda ce qu’on lui avait livré. Il rangea les deux premières lettres, puis regarda attentivement la dernière. Le papier terne et meurtri de la lettre venue d’ailleurs faisait foi de son parcours à travers les frontières. Il s’agissait d’un message personnel, adressé à celui qu’on appelait déjà Robin des Bois. Elle venait de Paris. Son coeur s’emballait, sortant presque de sa poitrine. Se pourrait-il que ce soit elle… ? Impossible. Avec appréhension, il l’ouvrit, et entama sa lecture...


A Robin des Bois


Ton nom résonne maintenant jusqu’ici telle une rumeur. Il y a maintenant deux ans que j'ai trouvé ta lettre, la seule trace de ton passage que tu aies laissé avant de partir. Je ne sais pas si la mienne te parviendra un jour, je compte sur ta célébrité pour mener mes mots jusqu'à toi.

Nous avions quatorze ans à l’époque, et nos vies commençaient à peine. Un beau jour, tu t’es approché de moi, en posant une piécette dans mon bol en bois. Ton sourire en coin m’avait fait sourire en retour. Puis, le soir venu, lorsque je t’ai vu m’attendre sur le parvis, j’ai alors sû. Tu m’as souris, et je te regardais à peine. Tu t’es penché vers moi, avec ta peau claire, tes yeux gris, tes cheveux châtains, tu n’étais pas du coin.

Mes souvenirs encore se troublent, lorsque je repense aujourd’hui à notre histoire. La veille, nous regardions les étoiles et nous lisions les lignes de ta main, perchés sur un toit, à l’abris de la vue des sergents de ville. Nous y avions lu les grands voyages qui t’attendraient. A l’aube, tu étais parti, laissant échapper cette lettre, sur le parvis de Notre-Dame.

C’est dans cette lettre que tu as su poser des mots sur ce que moi aussi je ressentais pour toi en retour. J’imaginais que l’on partirait, mais au fond de moi, j’ai toujours su que nos routes seraient différentes.

Pourtant, nous avions la vie devant nous. C’était ce que je m’étais dit, le jour où tu es parti. Après tout, nous n’étions que des enfants que la vie obligeait à grandir trop vite. Le jour de ton départ, j’ai eu l’impression que c’en était déjà la fin, de cette vie. Tout ce temps près de toi, à quoi bon ? A peine t’ai-je aimé, Robin, que déjà il me fallait t’oublier.

Tu t’en es allé, avec une partie de moi. J’étais à nouveau seule, face à la Seine qui recueillait mes larmes, mais surtout face à Notre-Dame, notre plus grande complice.

Mon quotidien était bien là. Devant moi, il me restait encore toutes ces petites habitudes que j’avais prises et qui me définissait avant ton arrivée. Et je m’avançais chaque jour sur cette place, en dansant fièrement pour gagner ma vie, car cela en vaudrait toujours la peine.

Pendant que tu voguais sur les océans, je me demandais de quoi était fait ton quotidien. Devais-je moi aussi courir après mes rêves ? Ces questions sans réponses en devinrent un tourment. Face à ma réalité, en quelques mois, tu devins un fantôme, une illusion, un mirage ou un rêve qui ne semblait jamais avoir existé. Libérée de mes chaînes, je pouvais redécouvrir ces lieux que tu ne hantais à présent plus...



Soudain, des brindilles cédèrent sous des pas lourds et pesants, et des pierres s’entrechoquèrent puis se mirent à rouler le long d'un sentier. Le son des glands brisés révélaient un mouvement provenant du nord, à une centaine de pieds de là.

Le maître du Major Oak retarda avec regrets son voyage à travers le temps et les frontières, alerté par la présente intrusion sur son territoire. Les échos émanants du bois lointain s'intensifièrent. Fortement contrarié, il grimpa aux branches massives qui l’abritaient, trois pieds au dessus de lui. D'ici, il était le guet de nombreux chemins de la forêt de Sherwood menant à Nottingham et aux villages mitoyens. Finalement, il sourit, voyant quelle sorte d’intrus s’avançait vers son territoire ; un tiers inoffensif.

Yaah !!”, cria le cocher en fouettant l'animal. La calèche parcourait à grande vitesse le chemin de terre bordé de chênes. Elle portait la signature du comté de Yorkshire, un territoire voisin. Sa direction en disait long sur la visée de son voyage. En général, les visiteurs du domaine du Shérif de Nottingham ne s’y rendaient que pour affaires. Voilà donc une proie idéale, qui se donnait gentiment à lui, pour faire fructifier son affaire. Il glissa son bras dans une crevasse profonde du tronc de l’arbre sur lequel il se tenait, pour en sortir un arc de fortune et une flèche.

De la cime de l’arbre, le nommé Robin des bois apercevait des signes de la présence de quelques uns de ses compagnons qui, comme lui, avaient perçu les vibrations de la calèche qui approchait. Quiconque faisait commerce avec le corrompu Shérif avait le droit à son comité d’accueil. Se regardant les uns les autres, ils attendaient tous un signal. Le sien. Un sourire furtif pu se lire sur son visage lorsque, le temps d’un instant, il regardait l’horizon, perché sur sa branche, aussi libre qu’un oiseau sans cage.

Il n’avait peur de rien, ni de personne, et se donnait les moyens à chaque assaut pour pouvoir obtenir ce qui revenait de droit au peuple. Personne ne pouvait se mettre sur son chemin, ni le détourner de ses fins. C’était ainsi qu’il était devenu quelqu’un, en faisant la guerre, en compagnie de ses frères, les appelait-il, contre ces gens malsains qui gouvernaient ce pays putride. C’était Elle qui lui en avait donné la force.

Reprenant ses esprits, il attendit. La cible encore mouvante allait bientôt atteindre le secteur nord. Il fit un signe de la main à ses acolytes. Certains se déplaçaient furtivement, de la même façon que lors de leurs incessants entraînements. D’autres imitaient le sifflements des oiseaux, afin de prévenir les camarades qui n’avaient remarqué ce qui se tramait plus bas. La stratégie d’attaque était connue de tous. Ainsi, l’action était enfin lancée, les hors-la-loi étaient bien préparés et le tour de passe-passe pouvait enfin commencer. Serait-ce sanglant ? Il en jugerait lui-même le moment venu.

Chacun attendait, muet, bandants leurs muscles, prêt à s’élancer lorsque le départ serait donné. Robin des bois serra la lettre entre ses mains.

“Pour toi, mon Emeraude…” Chuchota t’il. Il la glissa dans son veston de cuir, contre son coeur. Son arc dans le dos et sa flèche entre les dents, il s’évada de son trône surplombant la forêt d'un saut pour rejoindre l’arbre voisin. Il poursuivit jusqu'à se rapprocher du sentier emprunté par la carriole.

La cible était proche de Petit Jean, à présent. Celui-ci était au sol, dissimulé dans la broussaille encadrant le passage. Petit Jean… Son fidèle allié depuis qu'il avait commencé sa carrière de hors-la-loi. Sa carrure imposante se confondait parfaitement dans le maquis dans lequel il semblait noyé. Son rôle était stratégique, et il ne bénéficiait que d’une caillasse pour le mener à bien. Ledit capitaine s'accroupit sur une branche haute, guettant le moment propice pour l’embuscade. Son arc en main, il avait sa cible dans le viseur. Dans une inspiration qui se voulait longue, il tira sur la corde de l'arme. Il était prêt. Dans son expiration, il siffla…

Dans l’immédiat, Petit Jean largua son projectile sur le passage. La caillasse roula jusqu'à échouer sur le sentier. La horde de bandits se tenait en haleine, chacun plongé dans un mutisme absolu.

“Allez, yaah !!” s'exprima de nouveau le cocher, imposant un rythme soutenu à la bête. Malgré la vitesse, la trajectoire de la carriole était maîtrisée. L’indésirable pressé était à mi-chemin de la frontière de la profonde forêt de Sherwood. Il ordonna au cheval d’augmenter davantage la cadence lorsque la calèche manqua de basculer. Une des roues heurta une pierre égarée sur le sentier. La pierre de Petit Jean. Pris de court, l’animal affolé et confus freina nerveusement son allure, nourrissant le déséquilibre du véhicule.

L’archer satisfait, se mit à sourire en coin. Il attendit un instant puis leva la tête en sifflant. Le signal enfin lancé. Il décocha sa flèche avec fierté, tandis que ses semblables l’imitaient. D’autres encore s’étaient rendu à terre. Sa flèche s’enfonça dans le sol, entre les rayons d’une des roues arrière. La carriole stabilisée à présent ne pouvait plus s’évader et finit par basculer.

Il remit son arc et son carquois dans son dos, et sauta, comme déployant ses ailes. Il atterrit au pied de son perchoir, ses bottes frappant le sol avec force.

D’un pas franc et serein, il s’avança vers l’homme, le visage fermé, envahi par le mépris. Le regard vide de compassion, il fixa le cocher et ramassa sa flèche sans détourner les yeux du malchanceux qui avait croisé son chemin. L’assurance émanant de sa démarche et de chacun de ses gestes avait le don de soumettre à sa volonté les plus téméraires malgré son jeune âge. Le cocher tenta de réprimer un frisson lui parcourant l'échine. Il transpirait la peur et ses jambes flageolantes le trahissaient davantage.

“Ouvrez la carriole.” Dit Robin des bois d’un ton sec et froid. A ces mots, le carrossier tressauta. Dans un élan de courage, il s’opposa tout de même à l’ordre donné, ne réagissant pas par les gestes.

“Crétin, pourquoi oeuvres-tu pour ces truands ?” Couina la victime.

A ces mots, Robin des bois le saisit par la gorge, resserrant son étreinte jusqu'à ce que son visage vire à l’écarlate. “Et toi, imbécile. Pourquoi travailles-tu pour ceux qui pillent nos mères et nos soeurs ? Pourquoi fais-tu affaires avec les plus grands bandits gérant nos terres ? Pourquoi pilles-tu les richesses de notre peuple ? Saches que tu as en face de toi le leader de ces truands, de ces vauriens, qui selon toi, sont sans foi, ni loi. Mais es-tu sûr de ne point te tromper de camp ?”. Dit-il en serrant les dents de rage. Dans cet excès de paroxysme, le bout de la lettre frôla son cœur, soudain, il regagna de sa témérité. L'emprise de sa main alors, se dénoua de la gorge du cocher et il le jeta à terre. Encore abasourdi, l’homme se redressa avec peine, puis massa son cou endolori. Le hors-la-loi se tourna vers Petit Jean.

“Je te laisse faire le nécessaire, j’en ai assez.” Son second et ami acquiesça de la tête, puis Robin des bois s’éloigna de la scène. Sa troupe avait carte blanche sur le devenir de celui qui avait osé provoquer sa colère. Le Shérif ne se remplirait pas les poches aujourd'hui.

Le roi des voleurs regagna son trône, au sein des branches du Major Oak. Du haut de son abris, il guetta furtivement ce que son équipe faisait subir à l’infâme complice des bourreaux qui dirigeaient ce pays. La calèche était pleine de la recette des taxes du comté de Yorkshire. Celle-ci retournerait enfin à son véritable possesseur de droit, le peuple.

Quant au cocher, son devenir lui importait peu à présent. Le bandit n’éprouvait plus aucun remords lorsqu'il s’agissait de justice. Il raccrocha son arc et son carquois, les abandonnant dans la crevasse où il les avait ramassés. Encore contrarié, la tête pleine d’idées négatives et les muscles encore tendus, il s’accroupit sur sa branche fétiche, adossé au tronc robuste du chêne géant. La tête levée vers le ciel, il inspira profondément. Dans un long soupir, il ferma les yeux et posa sa main sur son coeur. Était-il prêt à poursuivre son voyage ? Partagé entre le besoin de réponses et la peur de la vérité, il hésitait. Avait-il fait le bon choix ? C’est alors qu’il ferma les yeux, il la revit, si belle, si gracieuse... Il glissa sa main sous son veston de cuir et en tira le papier fragile qu'il porta à ses lèvres, comme pour lui porter chance avant d’entreprendre sa lecture.


...Robin des bois, ai-je entendu aux quatre coins de ma cité et lu sur les murs affichés. Les nouvelles vont vite à Paris, et ton nom est chanté aujourd’hui dans les rues et sur les chemins de Province.

Le peuple de France aurait aimé posséder un tel héro en son sein. J’ai finalement appris que de tes illusions sont nées de grandes idées, que tes belles promesses sont devenues une réalité. Tu construis maintenant ton monde, un monde nouveau, que tu fais changer, de par ta volonté. Tu es à présent un héros pour les autres. Tu risques ta peau aussi, mais toi, tu l’as choisi.

Je savais enfin pourquoi tu te battais, pourquoi tu m’avais quitté ce jour, pour accomplir ton destin. De ton côté, tu savais déjà que je ne te suivrais jamais.

En notre temps, Paris m'aimait autant que tu as pu m’aimer. Mais aujourd'hui, le diable la possède et elle ne veut plus de moi. Je saigne à l’idée que Notre-Dame puisse appartenir à cet homme infâme et perfide qui dirige à présent le lieu où je vis. Les bohémiens sont chassés de la cité, telle de la vermine indésirable, tandis que cet homme, du haut de sa tour, admire fièrement ce ravage.

Si je t’ai inspiré ton combat, toi, tu m’as inspiré le mien. J’ai choisi de posséder Paris et Notre-Dame comme, elles, m’ont possédée. Je hanterai ces lieux comme toi tu les as hantés. Pour moi, la route est encore longue… Paris m’a accueillie, et j’en ai fait mon pays, pour aujourd'hui mais aussi pour demain.

Je ne t’écris pas pour t’appeler à l’aide, mais pour nous pardonner. Je n’ai plus de regrets et j’espère que toi non plus.


Aujourd’hui, je ne suis peut être plus ton Emeraude, mais je demeure celle que l’on appelle encore Esméralda.


Le vent souffla dans les cheveux châtains du bandit en cavale. Tout était à présent terminé. Cette lecture, ce voyage, cette histoire… Il sourit nerveusement. Une myriade de sentiments envahirent son coeur, et une kyrielle d’images emplirent ses pensées. Comment une simple lettre pouvait-elle le mettre dans un tel état ?

Robin des bois, le célèbre vengeur des pauvres, connu pour son impartialité et son courage, en était maintenant réduit à retenir ses larmes et étouffer ses cris. Il se sentait oppressé par les majestueuses branches du chêne qui l’abritait aujourd’hui et dont il avait fait son repère, son monde, son quotidien. Loin de Paris, de sa cathédrale et de son Emeraude...

Il avait besoin d’air. Le guerrier se leva, restant appuyé au tronc. La tête levée vers le ciel, il respira profondément un air qui lui semblait plus propre, afin de faire le vide. Peu à peu s’estompaient les idées sombres et moroses qu’il s’était mises en tête. Il n’aurait jamais imaginé que cette lettre la toucherait à ce point. Les dernières phrases avaient été douloureuses. Replonger ainsi dans son passé, dans ce qui avait fait sa force mais qui constituait maintenant une faiblesse, lui avait retourné la tête et le coeur. Mais surtout, il ne se serait jamais imaginé qu’un jour, elle pourrait lui répondre.

Il serra la lettre contre lui, comme pour apaiser son mal et demander pardon. Finalement, il la glissa à nouveau dans son veston, attrapa une corde et sauta de son nid. Il entreprit de rejoindre la rivière à plusieurs centaines de pieds d’ici. Il se mit à courir vite, sans prendre la peine de se retourner, c’était comme s'il voulait fuir son mal être.

Le roi des hors-la-loi s'enfonçait dans le bois, le plus loin possible de son camp, là où personne ne pourrait ni sentir, ni voir sa confusion. Il stoppa sa course lorsqu'il estima être suffisamment seul et loin pour se livrer et confesser sa peine à la nature.

Il regarda autours de lui et admira la forêt, sa forêt. Ici, la nature le dominait et il pouvait enfin être lui même, cet adolescent pleins de rêves qui pouvait parfois encore pleurer. Il n'avait plus besoin de faire semblant maintenant. Il comprit ici même, à cet instant, qu’il pouvait être simplement Robin. Il se donna le droit d'être faible, juste une fois. Il ferma les yeux comme apaisé par le parfum et les paroles de la forêt de Sherwood.

Une douce voix se fit soudainement entendre, puis un rire cristallin. Il lui semblait qu’il s’agissait de sa douce Esmeralda. Etait-ce un rêve, un mirage ? Ivre de joie, il se dirigea avec hâte vers la douce musique qui le mènerait à au trésor qu'il convoitait le plus. Elle lui avait tellement manquée ! Elle, la plus belle des danseuses, sur le parvis de Notre-Dame. Tout à coup, il s’y voyait encore... La forêt laissa place aux ruelles de Paris et à sa cathédrale comme s’il n’en était jamais parti. Le parvis de ces souvenirs, était rempli de monde allant et venant, de bruits, du son des cloches pour les coups de midi. Toutes ces images et sensations qu’il avait en tête avant de rejoindre son Angleterre natale des années plus tôt le submergeaient à nouveau.

Elle était là. Enfin, il pouvait l’apercevoir, Elle. Accroupie près de la rivière, elle lavait son linge blanc, dos à lui, en chantant gaiement. Avec éloquence, Ses bras oeuvraient en harmonie avec sa mélodie.

Doucement, il s’approcha d’elle, tendant le bras, pour enfin pouvoir la toucher. Quelques pas encore, et il verrait enfin son visage. A cet instant, c’était tout ce dont il avait besoin.

Lorsqu’il posa sa main sur son épaule, son visage se tourna doucement.

Ce n’étaient ni ses yeux pétillants ni son sourire bandit qui se montrèrent à lui, mais un regard pudique et timide, celui de Marianne.
Merci à @SoloQ pour ta relecture, tes suggestions, ta prose que j'aime tant :)
Et merci à ma petite fée, qui m'a embarquée dans sa folie... :)
 
Dernière édition par un modérateur:

DeletedUser12178

Bonsoir a vous ^^
Merci pour les 4 personnes qui ont voté pour moi
Première fois que j'osais ce genre d'exercice , merci Cliquetis pour le partage
[6ème] * Écrit N°13 : Lettre d'Amour N°5 (Isil Rilma)
Mes votes , je les ai attribués au N°1 _ N°12 _ N°18
(les deux premiers vote parce que j'ai aimée et le 18 avait 0 a un moment j'ai voulu l'encouragé )
Bonne soirée et encore merci pour vos textes un plaisir
 

DeletedUser12058

*Un regard avisé me signale ceci : Seigneur Loup dans votre lettre, superbe boulette que voilà : "mais je me rencontre qu’en fait" , vous vous rencontrez ? Le Seigneur Loup ferait il la rencontre de l'Homme qu'il est ? :D

Oh là là oui, la formulation plus adéquat serait : je me rends compte qu'en fait.
:p Voilà ce que c'est d'écrire en ayant tête de 2 ou 3 longueurs d'avance sur les doigts. :D
Maux rat alité, quand est alité le rat faut l'achever. :D
 

Hitsuji

Détective d'Halloween 2016
Félicitations à tous les participants c'était un concours très sympa ! Et qui a été aussi très inspirant pour moi :)
Pour ma part, j'ai participé avec l'écrit n°6 : Sur le parvis de Notre Dame

Et pour ceux qui aimeraient connaître la suite..

Le messager s’engouffra dans la forêt profonde, surveillant sans cesse ses arrières. Il tomba au pied du Major Oak, ce chêne marqué par le temps et la vie animale dont le tronc craquelé témoignait des années écoulées. Il siffla une fois. Les branches grésillèrent en guise de réponse. Il réitéra son appel et une corde apparut, suspendue dans le vide, puis se balança pour déposer le destinataire à quelques mètres d’ici.

“Quelles sont les nouvelles ?
  • Au sud du comté, un convoi est en route pour Nottingham, il essaiera de contourner la forêt, il faudra compter quatre jours.

  • Juste assez de temps pour le retour des éclaireurs. Autre chose ?

  • De nouveaux avis de recherche te concernant, et trois lettres, dit-il, en lui tendant une besace. L’une vient de loin. Ton nom a fini par percer plus loin que les comtés voisins.”
Le bandit en cavale s’empara de la sacoche de cuir avec poigne dans un silence, la vida et la lança à plusieurs mètres derrière le messager.

“Surveille le convoi, et reviens dans deux jours.” Dit-il. Il s’évapora dans un souffle, couvert par les vibrations du Major Oak


***​


Niché dans les branches de l’arbre, le hors-la-loi sonda ce qu’on lui avait livré. Il rangea les deux premières lettres, puis regarda attentivement la dernière. Le papier terne et meurtri de la lettre venue d’ailleurs faisait foi de son parcours à travers les frontières. Il s’agissait d’un message personnel, adressé à celui qu’on appelait déjà Robin des Bois. Elle venait de Paris. Son coeur s’emballait, sortant presque de sa poitrine. Se pourrait-il que ce soit elle… ? Impossible. Avec appréhension, il l’ouvrit, et entama sa lecture...


A Robin des Bois


Ton nom résonne maintenant jusqu’ici telle une rumeur. Il y a maintenant deux ans que j'ai trouvé ta lettre, la seule trace de ton passage que tu aies laissé avant de partir. Je ne sais pas si la mienne te parviendra un jour, je compte sur ta célébrité pour mener mes mots jusqu'à toi.

Nous avions quatorze ans à l’époque, et nos vies commençaient à peine. Un beau jour, tu t’es approché de moi, en posant une piécette dans mon bol en bois. Ton sourire en coin m’avait fait sourire en retour. Puis, le soir venu, lorsque je t’ai vu m’attendre sur le parvis, j’ai alors sû. Tu m’as souris, et je te regardais à peine. Tu t’es penché vers moi, avec ta peau claire, tes yeux gris, tes cheveux châtains, tu n’étais pas du coin.

Mes souvenirs encore se troublent, lorsque je repense aujourd’hui à notre histoire. La veille, nous regardions les étoiles et nous lisions les lignes de ta main, perchés sur un toit, à l’abris de la vue des sergents de ville. Nous y avions lu les grands voyages qui t’attendraient. A l’aube, tu étais parti, laissant échapper cette lettre, sur le parvis de Notre-Dame.

C’est dans cette lettre que tu as su poser des mots sur ce que moi aussi je ressentais pour toi en retour. J’imaginais que l’on partirait, mais au fond de moi, j’ai toujours su que nos routes seraient différentes.

Pourtant, nous avions la vie devant nous. C’était ce que je m’étais dit, le jour où tu es parti. Après tout, nous n’étions que des enfants que la vie obligeait à grandir trop vite. Le jour de ton départ, j’ai eu l’impression que c’en était déjà la fin, de cette vie. Tout ce temps près de toi, à quoi bon ? A peine t’ai-je aimé, Robin, que déjà il me fallait t’oublier.

Tu t’en es allé, avec une partie de moi. J’étais à nouveau seule, face à la Seine qui recueillait mes larmes, mais surtout face à Notre-Dame, notre plus grande complice.

Mon quotidien était bien là. Devant moi, il me restait encore toutes ces petites habitudes que j’avais prises et qui me définissait avant ton arrivée. Et je m’avançais chaque jour sur cette place, en dansant fièrement pour gagner ma vie, car cela en vaudrait toujours la peine.

Pendant que tu voguais sur les océans, je me demandais de quoi était fait ton quotidien. Devais-je moi aussi courir après mes rêves ? Ces questions sans réponses en devinrent un tourment. Face à ma réalité, en quelques mois, tu devins un fantôme, une illusion, un mirage ou un rêve qui ne semblait jamais avoir existé. Libérée de mes chaînes, je pouvais redécouvrir ces lieux que tu ne hantais à présent plus...



Soudain, des brindilles cédèrent sous des pas lourds et pesants, et des pierres s’entrechoquèrent puis se mirent à rouler le long d'un sentier. Le son des glands brisés révélaient un mouvement provenant du nord, à une centaine de pieds de là.

Le maître du Major Oak retarda avec regrets son voyage à travers le temps et les frontières, alerté par la présente intrusion sur son territoire. Les échos émanants du bois lointain s'intensifièrent. Fortement contrarié, il grimpa aux branches massives qui l’abritaient, trois pieds au dessus de lui. D'ici, il était le guet de nombreux chemins de la forêt de Sherwood menant à Nottingham et aux villages mitoyens. Finalement, il sourit, voyant quelle sorte d’intrus s’avançait vers son territoire ; un tiers inoffensif.

Yaah !!”, cria le cocher en fouettant l'animal. La calèche parcourait à grande vitesse le chemin de terre bordé de chênes. Elle portait la signature du comté de Yorkshire, un territoire voisin. Sa direction en disait long sur la visée de son voyage. En général, les visiteurs du domaine du Shérif de Nottingham ne s’y rendaient que pour affaires. Voilà donc une proie idéale, qui se donnait gentiment à lui, pour faire fructifier son affaire. Il glissa son bras dans une crevasse profonde du tronc de l’arbre sur lequel il se tenait, pour en sortir un arc de fortune et une flèche.

De la cime de l’arbre, le nommé Robin des bois apercevait des signes de la présence de quelques uns de ses compagnons qui, comme lui, avaient perçu les vibrations de la calèche qui approchait. Quiconque faisait commerce avec le corrompu Shérif avait le droit à son comité d’accueil. Se regardant les uns les autres, ils attendaient tous un signal. Le sien. Un sourire furtif pu se lire sur son visage lorsque, le temps d’un instant, il regardait l’horizon, perché sur sa branche, aussi libre qu’un oiseau sans cage.

Il n’avait peur de rien, ni de personne, et se donnait les moyens à chaque assaut pour pouvoir obtenir ce qui revenait de droit au peuple. Personne ne pouvait se mettre sur son chemin, ni le détourner de ses fins. C’était ainsi qu’il était devenu quelqu’un, en faisant la guerre, en compagnie de ses frères, les appelait-il, contre ces gens malsains qui gouvernaient ce pays putride. C’était Elle qui lui en avait donné la force.

Reprenant ses esprits, il attendit. La cible encore mouvante allait bientôt atteindre le secteur nord. Il fit un signe de la main à ses acolytes. Certains se déplaçaient furtivement, de la même façon que lors de leurs incessants entraînements. D’autres imitaient le sifflements des oiseaux, afin de prévenir les camarades qui n’avaient remarqué ce qui se tramait plus bas. La stratégie d’attaque était connue de tous. Ainsi, l’action était enfin lancée, les hors-la-loi étaient bien préparés et le tour de passe-passe pouvait enfin commencer. Serait-ce sanglant ? Il en jugerait lui-même le moment venu.

Chacun attendait, muet, bandants leurs muscles, prêt à s’élancer lorsque le départ serait donné. Robin des bois serra la lettre entre ses mains.

“Pour toi, mon Emeraude…” Chuchota t’il. Il la glissa dans son veston de cuir, contre son coeur. Son arc dans le dos et sa flèche entre les dents, il s’évada de son trône surplombant la forêt d'un saut pour rejoindre l’arbre voisin. Il poursuivit jusqu'à se rapprocher du sentier emprunté par la carriole.

La cible était proche de Petit Jean, à présent. Celui-ci était au sol, dissimulé dans la broussaille encadrant le passage. Petit Jean… Son fidèle allié depuis qu'il avait commencé sa carrière de hors-la-loi. Sa carrure imposante se confondait parfaitement dans le maquis dans lequel il semblait noyé. Son rôle était stratégique, et il ne bénéficiait que d’une caillasse pour le mener à bien. Ledit capitaine s'accroupit sur une branche haute, guettant le moment propice pour l’embuscade. Son arc en main, il avait sa cible dans le viseur. Dans une inspiration qui se voulait longue, il tira sur la corde de l'arme. Il était prêt. Dans son expiration, il siffla…

Dans l’immédiat, Petit Jean largua son projectile sur le passage. La caillasse roula jusqu'à échouer sur le sentier. La horde de bandits se tenait en haleine, chacun plongé dans un mutisme absolu.

“Allez, yaah !!” s'exprima de nouveau le cocher, imposant un rythme soutenu à la bête. Malgré la vitesse, la trajectoire de la carriole était maîtrisée. L’indésirable pressé était à mi-chemin de la frontière de la profonde forêt de Sherwood. Il ordonna au cheval d’augmenter davantage la cadence lorsque la calèche manqua de basculer. Une des roues heurta une pierre égarée sur le sentier. La pierre de Petit Jean. Pris de court, l’animal affolé et confus freina nerveusement son allure, nourrissant le déséquilibre du véhicule.

L’archer satisfait, se mit à sourire en coin. Il attendit un instant puis leva la tête en sifflant. Le signal enfin lancé. Il décocha sa flèche avec fierté, tandis que ses semblables l’imitaient. D’autres encore s’étaient rendu à terre. Sa flèche s’enfonça dans le sol, entre les rayons d’une des roues arrière. La carriole stabilisée à présent ne pouvait plus s’évader et finit par basculer.

Il remit son arc et son carquois dans son dos, et sauta, comme déployant ses ailes. Il atterrit au pied de son perchoir, ses bottes frappant le sol avec force.

D’un pas franc et serein, il s’avança vers l’homme, le visage fermé, envahi par le mépris. Le regard vide de compassion, il fixa le cocher et ramassa sa flèche sans détourner les yeux du malchanceux qui avait croisé son chemin. L’assurance émanant de sa démarche et de chacun de ses gestes avait le don de soumettre à sa volonté les plus téméraires malgré son jeune âge. Le cocher tenta de réprimer un frisson lui parcourant l'échine. Il transpirait la peur et ses jambes flageolantes le trahissaient davantage.

“Ouvrez la carriole.” Dit Robin des bois d’un ton sec et froid. A ces mots, le carrossier tressauta. Dans un élan de courage, il s’opposa tout de même à l’ordre donné, ne réagissant pas par les gestes.

“Crétin, pourquoi oeuvres-tu pour ces truands ?” Couina la victime.

A ces mots, Robin des bois le saisit par la gorge, resserrant son étreinte jusqu'à ce que son visage vire à l’écarlate. “Et toi, imbécile. Pourquoi travailles-tu pour ceux qui pillent nos mères et nos soeurs ? Pourquoi fais-tu affaires avec les plus grands bandits gérant nos terres ? Pourquoi pilles-tu les richesses de notre peuple ? Saches que tu as en face de toi le leader de ces truands, de ces vauriens, qui selon toi, sont sans foi, ni loi. Mais es-tu sûr de ne point te tromper de camp ?”. Dit-il en serrant les dents de rage. Dans cet excès de paroxysme, le bout de la lettre frôla son cœur, soudain, il regagna de sa témérité. L'emprise de sa main alors, se dénoua de la gorge du cocher et il le jeta à terre. Encore abasourdi, l’homme se redressa avec peine, puis massa son cou endolori. Le hors-la-loi se tourna vers Petit Jean.

“Je te laisse faire le nécessaire, j’en ai assez.” Son second et ami acquiesça de la tête, puis Robin des bois s’éloigna de la scène. Sa troupe avait carte blanche sur le devenir de celui qui avait osé provoquer sa colère. Le Shérif ne se remplirait pas les poches aujourd'hui.

Le roi des voleurs regagna son trône, au sein des branches du Major Oak. Du haut de son abris, il guetta furtivement ce que son équipe faisait subir à l’infâme complice des bourreaux qui dirigeaient ce pays. La calèche était pleine de la recette des taxes du comté de Yorkshire. Celle-ci retournerait enfin à son véritable possesseur de droit, le peuple.

Quant au cocher, son devenir lui importait peu à présent. Le bandit n’éprouvait plus aucun remords lorsqu'il s’agissait de justice. Il raccrocha son arc et son carquois, les abandonnant dans la crevasse où il les avait ramassés. Encore contrarié, la tête pleine d’idées négatives et les muscles encore tendus, il s’accroupit sur sa branche fétiche, adossé au tronc robuste du chêne géant. La tête levée vers le ciel, il inspira profondément. Dans un long soupir, il ferma les yeux et posa sa main sur son coeur. Était-il prêt à poursuivre son voyage ? Partagé entre le besoin de réponses et la peur de la vérité, il hésitait. Avait-il fait le bon choix ? C’est alors qu’il ferma les yeux, il la revit, si belle, si gracieuse... Il glissa sa main sous son veston de cuir et en tira le papier fragile qu'il porta à ses lèvres, comme pour lui porter chance avant d’entreprendre sa lecture.


...Robin des bois, ai-je entendu aux quatre coins de ma cité et lu sur les murs affichés. Les nouvelles vont vite à Paris, et ton nom est chanté aujourd’hui dans les rues et sur les chemins de Province.

Le peuple de France aurait aimé posséder un tel héro en son sein. J’ai finalement appris que de tes illusions sont nées de grandes idées, que tes belles promesses sont devenues une réalité. Tu construis maintenant ton monde, un monde nouveau, que tu fais changer, de par ta volonté. Tu es à présent un héros pour les autres. Tu risques ta peau aussi, mais toi, tu l’as choisi.

Je savais enfin pourquoi tu te battais, pourquoi tu m’avais quitté ce jour, pour accomplir ton destin. De ton côté, tu savais déjà que je ne te suivrais jamais.

En notre temps, Paris m'aimait autant que tu as pu m’aimer. Mais aujourd'hui, le diable la possède et elle ne veut plus de moi. Je saigne à l’idée que Notre-Dame puisse appartenir à cet homme infâme et perfide qui dirige à présent le lieu où je vis. Les bohémiens sont chassés de la cité, telle de la vermine indésirable, tandis que cet homme, du haut de sa tour, admire fièrement ce ravage.

Si je t’ai inspiré ton combat, toi, tu m’as inspiré le mien. J’ai choisi de posséder Paris et Notre-Dame comme, elles, m’ont possédée. Je hanterai ces lieux comme toi tu les as hantés. Pour moi, la route est encore longue… Paris m’a accueillie, et j’en ai fait mon pays, pour aujourd'hui mais aussi pour demain.

Je ne t’écris pas pour t’appeler à l’aide, mais pour nous pardonner. Je n’ai plus de regrets et j’espère que toi non plus.


Aujourd’hui, je ne suis peut être plus ton Emeraude, mais je demeure celle que l’on appelle encore Esméralda.


Le vent souffla dans les cheveux châtains du bandit en cavale. Tout était à présent terminé. Cette lecture, ce voyage, cette histoire… Il sourit nerveusement. Une myriade de sentiments envahirent son coeur, et une kyrielle d’images emplirent ses pensées. Comment une simple lettre pouvait-elle le mettre dans un tel état ?

Robin des bois, le célèbre vengeur des pauvres, connu pour son impartialité et son courage, en était maintenant réduit à retenir ses larmes et étouffer ses cris. Il se sentait oppressé par les majestueuses branches du chêne qui l’abritait aujourd’hui et dont il avait fait son repère, son monde, son quotidien. Loin de Paris, de sa cathédrale et de son Emeraude...

Il avait besoin d’air. Le guerrier se leva, restant appuyé au tronc. La tête levée vers le ciel, il respira profondément un air qui lui semblait plus propre, afin de faire le vide. Peu à peu s’estompaient les idées sombres et moroses qu’il s’était mises en tête. Il n’aurait jamais imaginé que cette lettre la toucherait à ce point. Les dernières phrases avaient été douloureuses. Replonger ainsi dans son passé, dans ce qui avait fait sa force mais qui constituait maintenant une faiblesse, lui avait retourné la tête et le coeur. Mais surtout, il ne se serait jamais imaginé qu’un jour, elle pourrait lui répondre.

Il serra la lettre contre lui, comme pour apaiser son mal et demander pardon. Finalement, il la glissa à nouveau dans son veston, attrapa une corde et sauta de son nid. Il entreprit de rejoindre la rivière à plusieurs centaines de pieds d’ici. Il se mit à courir vite, sans prendre la peine de se retourner, c’était comme s'il voulait fuir son mal être.

Le roi des hors-la-loi s'enfonçait dans le bois, le plus loin possible de son camp, là où personne ne pourrait ni sentir, ni voir sa confusion. Il stoppa sa course lorsqu'il estima être suffisamment seul et loin pour se livrer et confesser sa peine à la nature.

Il regarda autours de lui et admira la forêt, sa forêt. Ici, la nature le dominait et il pouvait enfin être lui même, cet adolescent pleins de rêves qui pouvait parfois encore pleurer. Il n'avait plus besoin de faire semblant maintenant. Il comprit ici même, à cet instant, qu’il pouvait être simplement Robin. Il se donna le droit d'être faible, juste une fois. Il ferma les yeux comme apaisé par le parfum et les paroles de la forêt de Sherwood.

Une douce voix se fit soudainement entendre, puis un rire cristallin. Il lui semblait qu’il s’agissait de sa douce Esmeralda. Etait-ce un rêve, un mirage ? Ivre de joie, il se dirigea avec hâte vers la douce musique qui le mènerait à au trésor qu'il convoitait le plus. Elle lui avait tellement manquée ! Elle, la plus belle des danseuses, sur le parvis de Notre-Dame. Tout à coup, il s’y voyait encore... La forêt laissa place aux ruelles de Paris et à sa cathédrale comme s’il n’en était jamais parti. Le parvis de ces souvenirs, était rempli de monde allant et venant, de bruits, du son des cloches pour les coups de midi. Toutes ces images et sensations qu’il avait en tête avant de rejoindre son Angleterre natale des années plus tôt le submergeaient à nouveau.

Elle était là. Enfin, il pouvait l’apercevoir, Elle. Accroupie près de la rivière, elle lavait son linge blanc, dos à lui, en chantant gaiement. Avec éloquence, Ses bras oeuvraient en harmonie avec sa mélodie.

Doucement, il s’approcha d’elle, tendant le bras, pour enfin pouvoir la toucher. Quelques pas encore, et il verrait enfin son visage. A cet instant, c’était tout ce dont il avait besoin.

Lorsqu’il posa sa main sur son épaule, son visage se tourna doucement.

Ce n’étaient ni ses yeux pétillants ni son sourire bandit qui se montrèrent à lui, mais un regard pudique et timide, celui de Marianne.
Merci à @SoloQ pour ta relecture, tes suggestions, ta prose que j'aime tant :)
Et merci à ma petite fée, qui m'a embarquée dans sa folie... :)

Rah à lire demain matin si j'ai le temps, sinon demain soir (avant/après puzzle que j'ai pas eu le temps de faire), mais je veux lire cette suite !! Merci de l'avoir écrite ma douce, je suis sûr que je vais l'aimer autant que j'ai aimé l'extrait !!

@topaze1310 quoi qu'on fasse, on est encore l'une à côté de l'autre, c'est dingue ça :eek: on est pas binômette pour rien ;)

Merci @Nyreen tu distribues les diamants plus vite que ton ombre ;)

Merci Vyrenzo pour ce concours :) et merci aux participants pour vos textes :)
 

DeletedUser4113

Merci pour ce concours. C'est la 1ere fois que je participe à un concourt écrit sur un forum:)

J'avais hésité à poster le texte sur EDF. Pour l'histoire, j'ai passé pas mal de temps dans un camps pour de l'humanitaire au fin fond de l'afrique. Nous avions des coupures tous les jours, plusieurs heures. Donc pas d'ordi , pas d'internet (de toute façon y avait pas), pas de TV, pas de lumière, pas de clim alors qu'on était sous 48°, bouffe froide, pas de lecture possible car portable déchargé...alors pour une petite française habituée à l'ultra confort, c'était compliqué. Pour ne pas péter un plomb, un soir j'ai pris un stylo et j'ai rédigé une ôde d'amour à notre organisme électrique qui m'a tant manqué :rolleyes:. Ca m'aidée à dédramatiser, à prendre la situation à la légère

Un grand merci pour vos votes, je ne pensais vraiment pas que ça aurait pu avoir une seule voix, a vu de la qualité de ce qui a été posté

Et aujourd'hui je dis encore merci à l'eau et à l’électricité quasi tous les jours (suis folle?^^)
 

Thorondhor

Élève assidu
Bon voilà. Je voudrais écrire un petit mot pour remercier. Il y a eu de très beaux textes, vraiment merci, ça a été un plaisir de les découvrir et un très bon moment a les lire. J’ai particulièrement appréciés ceux avec une pointe d’humour, merci tout particulièrement au douze, au deux et au seize :p même si je n’ai pas donné mon vote exactement à ceux-là^^ profondément touché par celui de Solo, ainsi que celui de PriissL (je ne t’avais pas reconnue, le Lys ;) on devrait pouvoir te lire plus souvent). Ensuite je ne m’en vois pas commenter tous ceux qui restent, alors je n’en dirai rien hormis qu’ils étaient très beaux aussi. Merci aux organisateurs de nous avoir donné l’occasion de partager ces textes. Merci aux lecteurs qui ont apprécié ma lettre, qu’ils aient voté ou non pour elle, ça fait toujours quelque chose d’être lu et compris ;)
Merci par-dessus tout à mon étoile de chaque jour :)
 
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