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Bribes d'histoires

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DeletedUser87

Parfois je troque le pinceau et le fouet contre une plume ...


Quelques histoires qui prennent la poussière:

La brise légère d’Eubée s’était engouffrée dans la chambre du palais, et faisait danser les larges tentures de lins qui entouraient son lit, le transformant en une alcôve douce et protectrice. Noa écarta une longue mèche de cheveux qui lui caressait le visage et ouvrit les yeux. Prenant le temps d’émerger d’entre les bras de Morphée, elle pensa à cette aventure qui commençait.

Quelques mois plus tôt, son vaisseau avait accosté sur un bout de terre, avec à son bord des centaines de personnes, d’horizons différents, mais unis par la même envie de retrouver le prestige kappaìen qu’ils avaient connus. Pendant des mois, ils avaient œuvré ensemble pour offrir à la jeune princesse guerrière un nouveau départ. Pillant les villages voisins sans relâche, creusant des carrières à flanc de falaises, magnifiant le paysage, ils avaient réussi à faire sortir de terre un bout de paradis, aux murs blancs et aux toits bleus. De leur savoir-faire était née Antalya, cité du renouveau, cité de la renaissance d’une guerrière déchue.
Inspirant un grand coup, elle glissa hors de son alcôve, et se dirigea dans la pièce attenante, ses thermes privatifs. Nténis, sa servante, avait pris soin de remplir le bain, taillé dans le marbre, d’eau glacée et de pétales de roses blanches. La princesse y entra sans hésitation aucune et fit sa toilette en frottant de gros cristaux de sel bleu sur son corps d’ivoire. Après avoir laissé Nténis oindre son corps d’huile, et tresser ses longs cheveux bruns, elle enfila un chiton de lin blanc qu’elle maintint sur son épaule par une fibule argentée en forme de cygne.
Vestige de ses heures de gloires passées à Kappa, la broche étincela lorsqu’elle plongea dans la lumière du jour régnant sur la terrasse. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres boudeuses quand, se penchant, elle constata qu’en contrebas sa cité était prête à retrouver sa splendeur d’antan. Elle imaginait déjà ses futures batailles : de véritables épopées qu’elle vivrait certainement aux côtés de valeureux guerriers dont elle saurait s’entourer.
Elle avait toujours su se faire apprécier des grands conquérants, la nature l’ayant dotée d’une beauté sans pareille. Ses yeux d’acier et son teint de porcelaine reflétaient cette beauté froide et cruelle. Pourtant, peu de guerriers résistaient à son charme si particulier. Elle avait l’air dangereuse, ils aimaient cela, et cette idée la faisait frissonner.

C’était une belle vengeance à la vie qui lui été promise. Fille de Sparte, elle fut élevée au sein d’une famille aimante avec son frère jumeau à l’abri de la peur et de l’inconfort. Adorant son père, elle assistait à toutes les leçons qu’il donnait à son frère dans la cour, répétant chaque geste, retenant chaque mot. Le soir venu, en cachette, elle s’entrainait au combat avec ce dernier dans leur chambre.
A l’âge de sept ans, comme le veut la coutume spartiate, son frère fut enlevé à la famille pour entamer son agogée, sorte d’initiation à la vie de guerrier. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que certaines fillettes, les plus belles de la ville, et dont Noa faisait partie, étaient également enlevées à leur famille ce même jour. Elles rejoignaient alors l’antre des Ephores pour y devenir Oracle.
Terrée dans sa cellule exigüe, la jeune Noa avait suppliait avec ferveur Athéna Parthénos de l’épargner chaque nuit depuis son enlèvement. Cela devait être écrit : Elle allait être bénie des Dieux et prise sous l’aile de la déesse.
A l’aube de ses 15ans, âge auquel elle aurait du devenir Oracle et subir les sévices des Ephores, Athéna la délivra. Cette nuit là, elle avait reçue sa première prophétie.

"Une brèche s’ouvrira à l’heure où le troupeau s’agite, la cause de ton malheur deviendra ta force éternelle, mais personne n’en héritera jamais''.

C’était un jour de procession dans la ville, la fête arrivait à son apogée quand le bétail commença à s’agiter provoquant la panique au milieu du cortège. Au milieu des cris et des piétinements, Noa fut bousculée et tomba à terre, elle tenta tant bien que mal de se protéger le visage de ses frêles bras d’adolescente. Clouée au sol par une foule paniquée, elle vit la distance se creuser entre le cortège des Ephores, entrainé vers l’avant, et elle. Prenant son courage à deux mains, elle se souvint avoir réussi à sortir de la cohue et courir pieds nus jusqu’à en perdre haleine. Les rues pavées avaient défilé sous ses yeux larmoyants, son souffle s’était raccourci et ses pieds avait semblé courir sur du verre, pourtant elle n’avait pas ralenti avant de se trouver devant la porte de la maison familiale. Bien que défraichie, la bâtisse lui avait paru aussi chaleureuse que dans sa petite enfance. Se précipitant à l’intérieur, à bout de souffle, elle se souvint avoir perdu connaissance sur la pierre froide.

C’est la lumière du jour qui l’avait poussé à ouvrir ses yeux. Reprenant petit à petit conscience de son corps, elle avait remarqué qu’elle était en mouvement. Un mouvement lent et saccadé. Il lui avait fallu de longues minutes pour s’extirper totalement de son état semi-comateux. Elle avait fini par se réveiller à bord d’une charrette, tirée par des bœufs, un homme en armure lui tournant le dos. Terrifiée, elle n’avait pas osé bouger durant des heures, préférant se faire passer pour morte. L’homme en question était en fait un voisin de la famille. Il lui apprit que son père l’envoyait loin de Sparte, comme servante dans une grande maison. Malheureusement pour elle, sa beauté lui valu d’être mariée à un riche armateur contre une dote astronomique. Lorsque celui avait voulu consommer sa nuit de noce, elle s’était sentie prise au piège, comme au moment de sa captivité chez les Ephores, et elle avait mis fin à la vie de son nouvel époux avec une violence inouïe. Saisissant une statuette de bronze trônant près du lit, elle avait martelé la tête du riche homme jusqu’à ce qu’il soit méconnaissable. Echappant à de tristes desseins, elle se volatilisa avec une partie de la fortune de ce défunt mari.
Ayant acheté navire et matelots, elle s’en alla bâtir une citée en terre Kappa. Prise sous l’aile d’une alliance de femmes guerrières, elle découvrit l’art de la guerre, apportant tout ce qu’elle avait retenu de son père. Ce fut une belle aventure, mais l’alliance se dissipa au jour d’une nouvelle bataille, et la guerrière ne s’en remis pas.

Derrière elle, presque inaudible, un bâillement la fit revenir à sa réalité. Ses pieds léchèrent le marbre jusqu’à son lit. S’insinuant entre deux pans de lin, elle s’étendît à côté de l’athlétique adonis à qui elle avait offert une nuit ardente. D’un rapide mais puissant coup de rein, elle se retrouva assise sur lui, plongeant ses yeux argentés dans ceux du bel éphèbe, elle laissa glisser nonchalamment son chiton, laissant son amant contempler son corps. Puis quand elle eu décidé qu’elle avait suffisamment enjolivé ses dernières heures, son poing, serré sur le manche de sa lame, fondit droit dans le torse du guerrier.
Prenant soin de ne pas retirer le poignard du corps du jeune homme afin de ne pas tâcher son chiton, elle réajusta son étoffe et sorti de sa chambre.

Le soleil était encore haut dans le ciel quand elle arriva à la lisère de l’épaisse forêt qu’elle arpentait depuis de longues heures. Noa fut soulagée de quitter l’obscurité et l’humidité des bois. Elle ôta la lourde peau de bête qu’elle portait sur ses épaules et laissa la bise lui caresser le visage. Elle fit avancer son cheval prudemment sur le sentier, le fait d’être à découvert la rendait vulnérable, et c’est un sentiment qui l’irritait au plus au point. L’été serait bientôt là et le paysage se paraît d’une multitude de couleurs. Le blond des champs de blé était relevé par le violet de la lavande qui bordait le sentier tandis que le ciel bleue faisait office de toile de fond. Elle pensa qu’il était agréable de chevaucher au milieu de pareils paysages.

Elle trottina encore un moment avant d’apercevoir au loin, deux hommes marchant à côté d’une charrette tirée par deux magnifiques percherons. Son cheval avançant plus rapidement, elle finit par arriver à leur hauteur. La tunique en côte de maille noire qu’elle portait était fendue jusqu’à la base des hanches, tout comme le chiton de lin blanc qu’elle portait au dessous, dévoilant des jambes outrageusement nues, mais rendant la chevauchée que plus facile. Ils entendirent les bruits de sabots et se retournèrent. La mâchoire serrée, elle s’efforça de fixer un point invisible devant elle, maudissant en silence les deux hommes qui posaient sur son corps des regards prononcés. Le plus jeune des deux, un grand gaillard au visage bouffi fît un écart devant le cheval de la jeune femme, l’obligeant à s’arrêter et à le regarder.

- Alors, on voyage seule ma p’tite dame? S’esclaffa-t-il en faisant signe au plus âgé de s’approcher. Regardes moi ses cuisses !

Son regard libidineux trahissait les idées malsaines qu’il pouvait avoir en présence de la jeune fille, ce qui lui donna la nausée. Ni une ni deux, elle se saisit d’une flèche, banda son arc et tira. La flèche alla se loger entre les deux yeux du jeune homme qui tomba à genoux. Le deuxième n’eut pas le temps de brandir son épée que déjà une nouvelle flèche l’atteignait au même endroit que son compagnon.
Elle regarda autour d’elle, s’assurant que personne n’avait assisté à la scène, avant de descendre de cheval. Le gros bouffi était toujours à genoux, les yeux écarquillés, le sang suintant doucement de la plaie. Elle retira la flèche pour laisser le flot de sang se déverser de plus belle et le fit tomber à plat ventre. Fouillant les corps, elle récupéra leurs bourses et leurs armes qu’elle sangla à la selle de sa monture. La charrette contenait une grosse quantité d’amphores de toutes taille, remplies d’alcool dont les vapeurs émanèrent aussitôt qu’elle eu retiré le capuchon. Elle prit les deux plus petites qu’elle fourra dans les sacoches de cuirs qui pendaient de part et d’autre de sa selle. Détachant les chevaux de l’attelage elle attrapa les rênes et se remit en selle. Elle continua son chemin, avec deux chevaux supplémentaires. Aucune émotion ne s’échappait de son visage, comme si le meurtre de ses deux hommes n’avait aucune répercussion sur la jeune femme. N’auraient-ils pas fait la même chose d’elle si elle n’avait pas attaqué la première ?

Le chemin de terre laissa place à un chemin pavé. Si les deux marchands, ou brigands, marchaient tranquillement à côté de leurs bêtes, c’est que leur destination ne devait pas être loin, et seule l’auberge d’une grande citée pouvait se payer autant de marchandise. Son esprit de déduction ne lui fît pas défaut. En effet, alors que les champs de blés se déversaient telle une marée blonde le long de la vallée, elle aperçut les remparts d’une ville. Se pouvait-il qu’elle soit déjà arrivée ? Max, l’intimidant guerrier qu’elle avait croisé non loin de sa citée, lui avait-dit que peu de temps après être sorti des bois, elle tomberait sur la citée de Grépolis où se trouvait celui qu’elle cherchait.

Ce jour là son corps avait bondi hors de sa poitrine, faisant remonter à la surface un flot de sentiments tous plus intenses les uns que les autres. Il avait fallu s’organiser, choisir ceux qui gèreraient son empire d’une main de fer comme elle le faisait. Ils n’avaient jusqu’à présent jamais subis d’attaques, si elle attendait trop, elle ne pourrait jamais quitter Antalya pour le retrouver. Toutes ces formalités réglées, elle avait entrepris le voyage. Elle désirait voyager seule, elle voulait que les retrouvailles n’appartiennent qu’à elle seule. Le retrouver après tant d’années, elle n’y croyait plus. Il était l’une des causes, si ce n’est la cause, de sa chute sous la bannière du cygne blanc des Mangeuses, son ancienne alliance. Mais aussi contradictoire que cela puisse paraître, il avait éveillé en elle le désir, l’esprit guerrier et tant d’autres sentiments qui lui avaient permis d’arriver à ce qu’elle était aujourd’hui, une guerrière accomplie, et une femme. Bien des années avaient passé, ils étaient si jeunes à l’époque, elle, si inexpérimentée, et lui, si puissant. Il devait être à la tête d’un grand empire désormais. Pourtant, au dire de ce sombre Max, il aurait perdu de sa gloire passée, chose qu’elle ne pouvait imaginer !

Elle était toujours à cheval quand elle franchit la porte de la ville. La journée touchait à sa fin, et pourtant les rues grouillaient telle une fourmilière. Elle n’eut aucun mal à se faire indiquer l’auberge la plus proche, la lumière du jour déclinant, elle remettrait ses recherches au lendemain. C’était une citée de taille moyenne, qu’on disait réputée pour servir de refuge aux guerriers de tout horizons. Malgré le dédale de rues sinueuses, qui semblaient épouser la forme de la colline, elle finit par arriver devant une imposante bâtisse blanche sur laquelle courrait une multitude de branches de lierre. Elle mit pied à terre et passa sous une arche pour pénétrer dans la cour au milieu de laquelle trônait une fontaine représentant des satires. Un homme aux boucles blondes qui tombaient sur une longue cape aubergine discutait avec une jeune femme. Elle portait un haut, qui devait être blanc à l’origine, qu’elle avait rentré dans un bas de cuir brun, dessinant une silhouette fine mais musclée. A sa taille était suspendue une longue et fine épée. Ce devait être une guerrière car on pouvait apercevoir, en plus de l’épée, le pommeau d’une autre arme sortant d’une de ses bottes. Ils tournèrent la tête vers Noa. D’abord méfiant, le blondinet changea d’attitude quand ses yeux croisèrent ceux de la princesse, ce qui ne manqua pas de la faire sourire.

- Bienvenue à la Katanière, bredouilla-t-il, laissez donc à mon écuyer le soin de s’occuper de vos… nombreux… chevaux et entrez donc avec nous.

Elle récupéra les bourses et les armes et abandonna ses bêtes audit écuyer. Il maintint la porte ouverte afin de laisser passer les deux jeunes filles.
L’intérieur était chaleureux. Les murs étaient couverts de mosaïques, retraçant les plus célèbres batailles de l’époque. Des tables et des chaises étaient disséminées dans la pièce. Sur chacune d’entre elles étaient disposées des calices dorés et un service de table en bois.
Derrière le comptoir, un homme leur tournait le dos. Il avait les cheveux en bataille et le torse nu, dévoilant ainsi un dos et des épaules musclés. Ses avant-bras étaient couverts de cuirs. Il s’engouffra dans une pièce annexe, pestant dans sa barbe. Le blondinet fît signe aux jeunes femmes de s’asseoir et alla rejoindre le grand brun. Elles échangèrent un regard et finirent par s’installer à la même table. La jeune guerrière se nommait Milia, elle avait commencé à fonder un empire non loin de là, et était de passage en ville pour se fournir en armes diverses et variées. Elle écouta le récit de Milia tout en jetant un coup d’œil autour d’elle. Il y avait peu de monde, mais seulement des guerriers et guerrières. Sur tout un pan de mur étaient exposées des lames de toutes tailles et des casques de toutes sortes. Le reste de la salle était pareil à toutes les tavernes qu’elle avait connues.
Dans la réserve, celui que l’on surnommait Ms regardait ses étagères désespérément vides. Il sentit une présence derrière lui.

- Il va falloir que quelqu’un s’occupe de faire comprendre à ces marchands que ne nous pouvons attendre des semaines sans être livré ! La taverne est jeune, il faut fidéliser notre clientèle maintenant et ce n’est pas en traitant avec des incapables que nous allons y arriver !
- Il nous en reste assez pour quelques jours encore tenta de le rassurer le blond. J’ai envoyé deux de mes guerriers à la rencontre des marchands, nous auront bientôt de leurs nouvelles. Va donc plutôt t’occuper des deux jeunes filles qui viennent d’arriver, de la chair fraîche et tendre à première vue, et sans escorte !


Ms soupira de plaisir et ils éclatèrent de rire.
Il ne vit d’abord que son dos, et le tatouage qui l’ornait. Une nuée d’oiseaux prenant leur envol sur son épaule. Elle portait une robe qui semblait être taillée dans de la côte de maille, les bretelles se rejoignaient dans la nuque pour n’en former qu’une qui descendait jusqu’au bas de son dos. Ses cheveux noirs de gai étaient rassemblés en une sorte de tresse sur son épaule et il imaginait qu’ils devaient retomber en avant sur sa poitrine. Face à elle, une jeune guerrière aux cheveux bruns, mimait une scène de combat avec de grands gestes. Un guerrier, plus téméraire que les autres, vint s’asseoir avec elles et entrepris de prendre part à la discussion.
Alors que la lune entamait son tour de garde, il commença à allumer les bougies qui ornaient les lanternes disposées le long des murs. C’est en faisant le tour de la salle qu’il vit son visage. Il en tomba la bougie qu’il venait d’allumer et se retourna vivement avant que Noa n’ai eu le temps de le regarder. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Etait-il possible qu’elle se tienne là devant lui ? Il fallait qu’il se retourne et qu’il la voie, qu’il lui parle. Ses prunelles argentées hantaient ses nuits depuis bien trop longtemps. Il inspira un grand coup et lui fit face. Leurs regards plongèrent l’un dans l’autre durant de longues secondes. Ce n’est que lorsque ses yeux gris commencèrent à briller sous l’effet des larmes qu’il arriva à s’en détacher et à marcher vers elle.

Mes yeux s’ouvrent et se referment. Impuissants. Incapables de rester ouvert trop longtemps. Mais à
quoi bon les ouvrir, tout est flou. Et bien trop lumineux. Je ne discerne rien, seulement des lumières
aveuglantes. Où suis-je ? Les lumières bougent trop vite. Je me déplace ? Mais je ne sens pas mes
jambes. En fait si, je les sens, je sens tout ! Tout mon être me fait mal, mon corps se tort, mes organes
se déforment, s’étirent, se rétractent. J’ai l’impression qu’on m’écartèle. Et ces lumières qui
m’aveuglent. Elles bougent autour de moi, je ne sais où donner de la tête. J’essaie de la garder droite
mais je chancelle.
Et ce brouhaha qu’est-il ? Ne voulez-vous pas me laisser souffrir en paix ? Le bourdonnement me
donne le tournis, la nausée même. A cette idée, voilà que mon estomac recommence à se tordre.
Soudain une bouffée d’air frais. Je veux m’en emplir, j’aimerais oui, qu’est-ce que j’aimerai ! Mais
mes poumons refusent de s’ouvrir. Je suffoque, pitié de l’air !
Ce brouhaha est-ce des rires ? On me bouscule, et j’ai l’impression de m’encastrer dans un mur. Une
douleur encore, dans mon flanc. Je m’écroule. Je le sais. Je sens la terre sous mon visage. J’en respire
la poussière, je la sens tapisser mes poumons. Les douleurs continuent, plus vives. Les coups pleuvent,
vifs et précis. Comme leurs rires. Puis plus rien. Le bruit cesse, les lumières restent.

RP :

Voici un préquel (on peut dire un ou une d'ailleurs) du RP Les Frontières de l'Ombre. Je l'écris au fur et à mesure, pour occuper le temps entre deux posts sur le RP.
 
Dernière édition par un modérateur:

DeletedUser87

Les Péchés de Princess

Voici, en vrac, quelques unes de mes rédactions pour le jeu "à 10 fouette qui tu veux".


Rancoeurs en haut de la colline.​


Debout au centre d’un cercle de pierres, placées à égale distance les unes des autres, j’attendais mon dernier invité. A ma droite, les bras et les ailes en extension forcée, se débattait l’hybride. Vainement bien sûr, j’avais pris la peine de l'enchainer lourdement entre deux menhirs. A ma gauche, seulement maintenue par des fers aux chevilles, se tenait la sabreuse. La mâchoire fermement serrée sur le tissus qui entravait sa bouche. J’avais laissé Redoutable entre ses mains, sachant pertinemment qu’elle ne s’en servirait point.

Je ne les regardai pas. Je fixai, immobile, l’ombre qui s’avançait dans le cercle, face à moi. Mon dernier invité jeta un bref regard sur les deux délicieuses femmes qui nous accompagnait, puis s’adressa enfin à moi.
- Comme vous le voyez Princess, j’ai tenu ma parole. Je me tiens devant vous, à votre entière disposition.
J’appréciai son élégant phrasé, ainsi que sa façon de me vouvoyer.
- Je n’en attendais pas moins. Êtes-vous sensible à la poésie du lieu ?
Il est vrai que ce cercle de menhirs surplombant la colline était un endroit merveilleux. Et bien que les nuages ne laissaient point l’astre de la nuit l’éclairer de sa pâle lueur, j’avais pensé à faire allumer des torches, plantées à même le sol, comme ailleurs des prêtres ou des druides savaient le faire. Deux servantes, toutes de blanc vêtues, apportèrent une assise au roi des rapaces.

Une danse pour une princess.

Me détournant de mon royal invité, je me dirigeai vers le Lys, observant du coin de l’oeil le rapace. En me déplaçant, j’avais dévoilé un quatrième invité derrière moi. Et quelle ne fût pas la surprise de Thorondor quand il l’aperçut. Je me délectais de cet effet de surprise réussi, mais détournai le visage avant de croiser son regard interrogateur.

- Je te l’accorde jolie fleur, le drow mérite que tu le corriges pour ce qu’il a fait de ton superbe plumage, mais pas avant que j’ai disposé de mon présent.
J’attrapai un chat à longues lanières, au bout desquelles j’avais fait poser des crocs acérés, et me postai face à la sublime créature. Je tournai la tête un instant vers mon invité surprise, lui offrant un clin d’oeil malicieux.
Au rythme lent et régulier des coups de tonnerre qui grondaient au loin, j’envoyai valser les courroies de cuir sur le corps d’albâtre de l’hybride, évitant avec soin les ailes de la belle. Après tout, le drow avait bien travaillé sur cette partie de son anatomie.
- C’est toujours un plaisir de meurtrir ainsi le corps d’une aussi belle créature. Mais il serait sans doute plus plaisant de le voir onduler avec grâce.
Sur ces mots, je dirigeai mon fouet vers un baril de bois qu’on m’ouvrit. J’y laissai traîner les liens, puis m’avançai à nouveau vers PriissL. J’envoyai sans violence les lanières caresser le corps de l’hybride. Cette dernière fronça les sourcils, attendant la douleur promise, mais rien ne se passa. Il fallut attendre quelques minutes pour que la belle commence à se trémousser au bout de ses chaînes en gémissant. Les petites puces avaient atteint l’ossature de ses ailes décharnées, et s’attaquaient à présent aux lambeaux qui pendaient derrière elle.
Un frisson me parcourut l’échine tandis que j’appréciai les ondulations lancinantes de ce corps si parfait. Puis le désir laissa place à un sentiment que je ne connaissais que trop bien, la jalousie. Non pas que ma condition d’humaine ne me plaisait pas, loin de là, mais parce que par le passé, mon drow avait joué avec ces courbes. Je baissai les yeux serrant les dents. Je jetai un regard en biais à Thoron qui semblait lui même apprécier le spectacle du corbeau blanc, tout en me dirigeant vers mon invitée encore humaine.

Le désir est un vilain défaut.

Khyd était sans doute la personne que j’appréciais le plus en dehors de Weldan, et la punir, à distances de ses actes inconsidérés, était rarement plaisant. Mais les ondulations du Lys ayant réveillé ma jalousie, il me serais plus aisé d’accomplir mon sinistre dessein.
Le regard apeuré de ma convive réussi tout de même à m’arracher un sourire.
- Je n’ai pas eu à te ramener Redoutable, c’est fort décevant. Par chance, j’ai récupéré tous mes biens.
J’attrapai une bourse de cuir et en sortit mes griffes métalliques.

- Le drow ne te donnera pas ce que tu désires ardemment, il te faudra te contenter de ton samouraï, aussi loin puisse-t-il être.
Du bout de mon index griffu, je m’appliquai à entailler ses moindres courbes et sillons. Commençant par le creux sous ses pommettes, puis au-dessus et au-dessous de ses clavicules saillantes. Contournant scrupuleusement chaque os, chaque muscle. Je finis par le pourtour de ses lèvres pulpeuses avant de les embrasser.

- Garde tes distances avec le drow, joli coeur.

La punition me paraissait bien légère, mais je devais préserver mes forces pour la suite de la soirée.

Coutures en alexandrins

Je finirai par mon mystérieux convive, j’en avais décidé ainsi depuis le départ, mais s’attaquer à Thoron n’allait pas être chose aisée. A vrai dire, je n’avais aucune idée de ce que je pouvais bien lui faire. Il était là, assis, offert à ma cruauté, et pourtant je n’avais aucune envie de le faire souffrir. Comment diable pourrais-je en profiter alors ?
Pour occuper le temps sans qu’il n’y ai de temps mort, je décidais de donner à mon invité un fouet dont les lanières courtes étaient garnies d’osselets.
- Pendant que je décide comment user de votre personne, me ferez-vous le plaisir de vous astreindre à quelques exercices ?
Je me munis d’un autre fouet, et marquait la cadence en lacérant le torse de Thoron tandis qu’il envoyait son fouet entre la naissance de ses ailes. Je faisai des va-et-vient incessants derrière lui, jetant furtivement des oeillades à ma dernière victime.

Puis me vint une idée.

- Vous qui brodez avec les mots comme s’ils étaient de la dentelle, peut-être arriverez vous à me confectionner cette robe aérienne que je désire tant ?
Par chance, j’avais fait monter le sac en toile de jute qui contenait les plumes des deux oiseaux. Je lui laissais donc le sac, son contenu, ainsi que du fil et des aiguilles. Il y passerait plusieurs nuits, mais cela serait autant de nuits durant lesquelles mon drow se remettrait de ses blessures. Quelles blessures me direz-vous ? Mais celles que j’allais lui infliger bien sûr!

Une belle impatience

Toujours à genoux, les bras en croix solidement attachés par des chaînes et un arceau autour de son puissant cou, le drow attendait son heure. Bien sûr, il n’avait pas imaginé que le rendez-vous prendrait cette tournure. Mais à quoi s’attendait-il ?
Me faire perdre patience de la sorte, malgré ses récalcitrants présents, n’était pas là sa plus brillante idée. Mais avant toute autre chose, je fis glisser mes doigts dans sa chevelure blanche, l’obligeant à m’offrir son visage et son agaçant sourire en coin. Je m’agenouillai devant lui et embrassai amoureusement cette bouche ainsi offerte.
- Je t’ai vu regarder du coin de l’oeil mes deux invitées, je n’aime point cela, tu devrais le savoir depuis tout ce temps que nous nous connaissons.
Je laissai tomber la cape qui me protégeai des regards depuis le début de la soirée, laissant découvrir une fine robe de lin noir, garnie d’écailles dorées en guise d’épaulettes qui luisaient à la lueur des torches. Je dû m’activer, l’orage se rapprochant, les grondements se faisaient plus forts et plus réguliers. Je me saisi de mon instrument préféré. Je ne l’avais point nommé comme le faisait certain, mais j’aurai pu. Son histoire était liée à la mienne et à celle de mon coeur meurtri. Ses lanières étaient longues et fines, garnies d’épines de roses. la Rosée du Matin, voilà comment je l’aurais baptisé si j’en avais eu l’intention, comme les larmes d’une amante qui se réveille seule dans sa couche, avec pour seule compagnie les premiers rayons du soleil filtrant au travers des tentures.

Je lâchai sur le dos nu de mon amant les virulentes courroies de cuir et de ronces, déchiquetant partiellement sa peau. Pour la première fois de la soirée, je me laissai gagner par l’excitation. Une puissante chaleur m'envahit et m’enveloppa tandis que je faisai passer mon impatience sur ma victime. Le sang commençait à s’écouler des multiples blessures que je lui infligeait, mais la frénésie était telle que je refusai de m’arrêter. La mare de sang brunâtre dans laquelle baignait ses genoux me fit sortir de mon état de transe. Il ne disait rien. Je fit le tour de lui pour tomber à genoux, me couvrant de son sang. Mes mains aux griffes d’acier attrapèrent l’ovale de son visage. Il souriait.
- N’as-tu point honte de souffrir en souriant ? Ou bien cherches-tu le bâton pour te faire battre.
J’allai vers le brasero derrière lui et me délestai de mes griffes, pour un temps. D’une main gantée, je récupérai la chaîne d’acier qui chauffait depuis tout ce temps. Elle était lourde, mais ma colère était telle que je n’eu aucune difficulté à l’envoyer se briser contre les côtes du bellâtre qui ne souriait plus. Son tronc ainsi couvert de plaies, d’hématomes et autres brûlures, je m’autorisai une courte pause. J’étais en sueur, je n’avais pas fait autant d’effort depuis bien longtemps.
Je jetai un oeil à Thorondor qui continuait, en faisant mine de rester concentrer sur sa tâche, à coudre ses plumes et celle de PriissL. A son sourire en coin, je devinai sans mal qu’il avait apprécié les souffrances du drow. Devais-je le punir pour cela ?
Je m’avançai vers lui, mon regard d’acier dans ses iris noir de jeai et lui piquai en souriant une longue plume duveteuse, d’un blanc éclatant.
En repassant devant PriissL, je mimai de ma bouche un “merci”. Je me réarmai de mes griffes et d’un signe de la tête, j’exigeai de mes servantes qu’elles relèvent mon audacieux convive.
Derrière une des hautes pierres, en dehors du cercle, se trouvait un autel de marbre blanc sur lequel on déposa Weldan. Une fine pluie commença à perler, prémisse de l’orage qui arrivait. Je pris place sur le bassin du drow, étendu sur le socle, il reprenait ses esprits.
Dangereusement armée de mes griffes et de ma, enfin de la plume de PriissL, je m’attaquai sournoisement aux renflements que ses muscles saillants formaient à la surface de son corps, jouant ici avec la plume, et là avec une griffe.
- Tu es mon plus précieux présent, et je compte disposer de toi jusqu’à mon prochain anniversaire. J’espère que ton endurance ne te feras pas défaut d’ici là.
L’orage éclata, et sans me soucier du regard de mes convives, j’offrai à la nuit nos corps entrelacés au cieux déchaînés.

Ôde à la douleur

Princess. Elle adorait qu’il la surnomme ainsi, cela lui rappelait un glorieux passé qui, en y repensant, n’étais pas si loin que cela. Un passé pas si innocent, où la belle jouait du coeur de ses amants comme eux jouaient avec leurs mots. Des mots tendres et poétiques, qui sonnaient comme une ôde à la belle au coeur de pierre qu’elle était.

Un passé intense, ou amitiés, amours et souffrances formaient un ménage à trois, dans les taverne, dans sa tête, dans son cœur.
Ses yeux la brûlaient, et une larme, une seule, s’en échappa pour glisser lentement sur sa joue. Une larme acide et douloureuse qui en appelaient tant d’autres, coincées derrière ses yeux d’acier. Il ne l’avait jamais vraiment trahi. L’aimant dans l’ombre, la protégeant. Elle se doutait qu’il avait, comme tout homme, succombé aux pervers atouts de divines créatures, ça et là, mais surtout ici. Dans cette contrée où elle l’avait retrouvé. Différent. Il l’était.
Il avait abandonné son heaume et ses pieuses manières pour devenir un loup solitaire, courtisé par des sangsues effarouchées.
Il n’avait pas hésité à détourner les yeux de ces divines créatures, pour les reposer là où ils avaient toujours voulu reposer, dans les siens. Et malgré ce don, elle lui en voulait encore, parfois, de la délaisser.


Elle se sentit honteuse, pour la première fois de sa longue vie. Elle s’approcha de ce qui semblait être une lourde étagère, mais qui coulissa facilement sur le sol. La pièce, aux murs épais, était vide. Exceptés une table de marbre blanc, que la lumière de la lune éclairait par une toute petite ouverture ronde dans le mur. Elle se hissa sur la table et laissa glisser son chiton de lin blanc. Nul épaulette en crocodile, ni fioritures en plumes. Son corps dénudé était offert aux rayons lunaires. A genou, face à la petite ouverture, elle tendit la main sur le premier fouet. Un petit chat. Un manche en ivoire et neuf courtes lanières de cuir blanc. Les yeux larmoyants fixant la lune, elle fit s’abattre les lanières sur son dos d’albâtre, une fois. Puis une seconde. Quand, enfin, celui-ci se mit à la brûler, elle posa lentement le premier fouet et se saisit du deuxième. Lourde était la chaîne qui pendait de son manche, et lourds furent les coups qu’elle s’infligea. Nul miroir pour lui refléter l’image de son dos couvert d’ecchymoses, nul drow pour l’en empêcher. Le poid de la chaîne eu raison d’elle et elle la reposa rapidement. Elle décolla ses cuisses de ses mollets et les offrit ainsi à son jouet favoris. Trois lanières de cuir, l’une avec des épines de roses, l’autre avec des épines d’acier et la troisième ornée de diamants. Ce fouet, c’était elle. Elle n’avait pas relâché d’autres larmes, et les violents assauts qu’elle infligeait à l’arrière de ses cuisses ne lui en arrachèrent point d’autre.

Cela serait l’oeuvre du dernier fouet. Elle l’avait subtilisé à la sublime créature qui lui donnait tant de remords. Le fouet de Weldan était simple. Simple et efficace, tout comme lui. Elle reposa ses cuisses sur ses talons, tentant de se tenir la plus droite possible, les yeux perdus dans la lumière bleutée de la lune. Elle n’usa que du tranchant de la lanière, lacérant son dos sans aucune minutie. Au fur et à mesure que le liquide chaud se répandait le long de son corps, des larmes coulaient sur ses joues. C’était douloureux. Douloureux et libérateurs. Ce soir, sous le regard bienveillant de la lune, elle se purgeait de ses péchés. Elle fit couler tant et tant de sang, qu’elle finit par perdre connaissance, dans cette pièce cachée de tous, à l’abri des regards.

La Princess appréciait le blanc. Pas le blanc cassé, ni le blanc coquille d’oeuf, elle aimait le blanc pur, l’immaculé.

Adossée à une haute pierre, elle contemplait, rêveuse, la forêt qui s’étendait sous ses pieds jusqu’aux premières bâtisses de la belle Enar. La pleine lune, complice de ses méfaits, brillait dans le ciel noir, éclairant majestueusement le sol duveteux. Une silhouette passa devant la lune, attirant le regard de l’humaine. Un grand rapace décrivait des cercles parfaits au-dessus d’une partie de la forêt. Elle ne bougeait pas, mais savait, en son fort intérieur, qu’il ne tarderait pas à s’intéresser au sommet de la colline.

Un bruit de pas crissant sur la neige retint son attention. L’Elfe s’avançait péniblement vers elle. Il faut dire que la colline des sept pierres portait mal son nom de colline tant ses pentes étaient abruptes. Emmitouflé dans ses guenilles médiévales, il s’arrêta quelques mètres devant elle pour reprendre son souffle, les mains en appuie sur ses hanches, laissant échapper un nuage brumeux de sa bouche.

Elle avait également revêtit sa tenue tribalienne, corsage et pantalons de cuirs bruns, rehaussés par un gilet en fourrure, qu’elle gardait cachée son un épais manteau, similaire à celui de son invité, marqué du sceau tribalien. Elle avait moins l’apparence d’une princess que celle d’une guerrière, et s’il avait deviné quel attirail ornait la couche intérieure de sa cape, il aurait souhaité être n’importe où, dans les bras de la facétieuse Heroyne même!

  • Tu es arrivé plus vite que prévu, mais trop lentement pour un Elfe. Le manque d’exercice peut être ?
Un sourire malicieux vint orner le visage blanc et cruel de Beauty et des lumières s'allumèrent dans ses iris métalliques.

  • Je te souhaite la bienvenue au Cercle de Pierre. Pour vous, les Elfes, et autres espèces en tout genre, ces pierres ne veulent probablement rien dire, mais pour moi elles sont sacrées, et ne méritent d’être dérangées que lors des Rituels de la Pleine Lune.
Il l’écoutait, attentif, mais pourtant sur ses gardes. Sans doute avait-il ouïe dire que la Princess était cinglée. Pourtant elle ne se trouvait pas folle, pas au sens dingue du mot.

La Princess appréciait le blanc. Pas le blanc cassé, ni le blanc coquille d’oeuf, elle aimait le blanc pur, l’immaculé.

La lune, ni blanche, ni grise, les regardait de haut. Deux silhouettes blotties dans les épaisses fourrure de leurs manteaux bruns, entrant dans le Cercle de Pierre.

Ôtant sa capuche, la Princess laissa apparaître un bijou de tête composé de sept pierres de lune. Quand celle qui se faisait désormais appeler Beauty se plaça face à la plus haute pierre du Cercle, l’Elfe ne put s’empêcher de remarquer que chacune des pierres de lune qui ornait la tête de la Princess étaient face à une pierre de grè. Des lueurs remontèrent du sol, comme de blanches lucioles s’évaporant au-dessus d’eux. Abasourdi par ses lumières sortant de la neige, il ne vit pas le changement qui s’opéra dans le regard de l’humaine.

Elle laissa glisser son manteau au sol. Enveloppé de cuir brun, on pouvait deviner de son corps qu’il était ferme et taillé pour la séance qu’elle s'apprêtait à lui offrir.

D’abord échaudé, il aperçu rapidement ce qu’elle tenait dans sa main droite. Elle ouvrit les doigts délicatement, la longue lanière de cuir tomba en silence sur le duvet enneigé, tandis que déjà elle raffermissait sa prise autour du manche. Il tendit les bras vers elle, sans doute pour agrémenter de gestes des mots qui n’eurent pas le temps de sortir de sa bouche, car déjà la lanière s’enroulait autour de ses poignets désormais collés l’un à l’autre.

Elle s’avança vers lui, plantant ses iris d’acier dans ceux de l’Elfe, qui ne savait s’il devait sourire ou avoir peur tandis que de sa main gauche, elle s'affairait à déboutonner la cape du malheureux. Avait-il entrevu une ouverture avec la froide Princess? C’est ce qu’elle pensa quand elle découvrit le peu de tissu qu’il portait sur le dos. Elle éclata de rire.

  • Pourquoi faut-il toujours que vous me facilitiez la tâche, vous autres Elfes arrogants ? Cela deviendrait presque lassant, presque.
Tout en maintenant sa prise autour des poignets de Drennyl, Princess fit quelques pas en direction de son manteau. En se penchant sur lui, elle attrapa un chat à sept lanières.

La Princess appréciait le blanc. Pas le blanc cassé, ni le blanc coquille d’oeuf, elle aimait le blanc pur, l’immaculé.

Elle tenait le manche du premier fouet de sa main gauche, alors qu’elle appréciait le poids de son nouveau jouet de sa main droite. Elle avait fait faire ce chat après une séance très sanguine en compagnie de feu Sobek. Trouvant les sacs et les chaussures en écailles bien trop banals, elle avait fait mouler chacun des écailles recueillies puis en avait conçue des copies en acier drow. Chaque écaille était différente, mais toutes avaient un point commun, un tranchant légendaire. Les lanières, courtes, l'obligeait à se rapprocher de sa proie. Elle entama sa danse au son des cliquetis métalliques des écailles. A chaque coup, les habits du brave se rapprochaient de l’état de guenilles et bientôt se fut son corps presque nu qui s’offrit à elle. Le rythme s’accéléra. Les écailles vint déchirer les chairs, toujours plus profondément, et bientôt de longues larmes pourpres suintaient des plaies qui ornait le corps de l’Elfe. Et ne disait plus rien.

La Princess appréciait le blanc. Pas le blanc cassé, ni le blanc coquille d’oeuf, elle aimait le blanc pur, l’immaculé, sur lequel goutte le sang.

 
Dernière édition par un modérateur:

Thorondhor

Élève assidu
Plus je te lis, plus j'apprécie. Fluidité, équilibre, entre douceur, violence et amertume, selon les passages. tu joue avec les émotions de tes lecteurs comme avec les codes d'une harpe. Merci d'avoir sorti ces archives.
 

DeletedUser87

Petit up de circonstance:
J'ai rajouté un spoiler contenant le lien vers un texte préquel du RP lancé par @Thorondhor . Cela me permettra de développer le passé de mon personnage sans alourdir le RP en question ^^
C'est un google doc donc il sera mis à jour au gré de mon inspiration :p

Les remarques sont les bienvenue, pour une fois j'aimerai que tout soit fluide et logique, concordant.
 

DeletedUser1843

J'adore tes écrits ma belle, j'ai hâte d'avoir la suite moi aussi ! :)
 

DeletedUser426

Après l'inactivité de ce sujet, je ferme et j'archive celui-ci.
N'hésitez pas à me contacter pour une possible réouverture. ;)
 
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.
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